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http://iloapp.paschenko.be/blog/antre?ShowFile&image=1242140311.jpgJe m'étais pourtant promis juré de résister à la tentation mais j'ai quand même craqué.

Mon excuse c'est que le livre que j'ai chiné figurait en bonne place sur ma LAL et que je ne l'ai donc pas choisi au feeling.

Il s'agit du premier roman de Norman Mailer, figure illustre de la contre-cuture aux Etats-Unis, né en 1923 et mort le 10 novembre 2007, Les Nus et les Morts.

Je crois qu'il n'a pas été réédité.

Il y raconte "sa" deuxième guerre mondiale (et oui encore elle !) dans le Pacifique sud.

C'est André Maurois, académicien, qui a préfacé l'ouvrage, paru en 1948 aux États-Unis puis en 1950 chez Albin Michel.

Mais je l'ai déniché dans une édition du Livre de Poche publié en 1986, d'après le libraire (à une époque la date d'impression a disparu des livres au profit d'une espèce de code incompréhensible aux profanes).

Moi il me semble un peu plus ancien mais en tout cas c'est un volume triple qui compte pas moins de 750 pages, et en plus c'est écrit  "petit".

Les critiques américains, rapporte Maurois, ont considéré qu'il s'agissait du meilleur livre sur "la seconde grande guerre mondiale". Quant à moi je réserve mon jugement, ayant gardé un souvenir ébloui de La Ligne Rouge (titre français : Mourir ou Crever, un titre plus proche de celui du livre de NM) de James Jones qui a lui aussi combattu dans le Pacifique.

Norman Mailer a reçu deux fois le prestigieux prix Pulitzer, pour Les Armées de la Nuit (1969) et pour Le Chant du Bourreau  en 1980 dans lequel il faisait, sur 900 pages, le
" portrait d’un tueur et (le) récit de la première exécution capitale, en 1977, après plusieurs années d’abolition de la peine de mort aux Etats-Unis.
Ce pavé, loin d’être indigeste, était le fruit d’un minutieux travail d’enquête, de nombreuses interviews et d’un rapport privilégié que l'auteur avait réussi à établir avec le condamné. La nouveauté c’était que Norman Mailer ne cachait rien de ses propres sentiments, de son cheminement, de sa démarche. Il était un protagoniste du récit au même titre que tous les autres. Il se situait dans la lignée du De sang froid de Truman Capote (adapté au cinéma par Richard Brooks en 1967) mais presque 20 ans séparent les 2 livres. Au début le style de Mailer semble plat mais au fil de la lecture on se rend compte qu’il épouse parfaitement son sujet et se révèle en fait d’une redoutable efficacité " (extrait de mon journal de lecture du 22 mai 2006 mais je l'avais lu en janvier 2004). 

James Jones (impossible de remettre la main sur La Ligne Rouge, encore un livre prêté et jamais rendu !), disait quelque part dans son livre que ce n'est ni naturel, ni normal d'aller presque "nu" au devant des balles ennemies. Voilà un lien intéressant avec le livre de Mailer à propos duquel  Maurois signale " que les propos des personnages fussent brutaux, obscènes était inévitable. "

Le livre a d'ailleurs failli avoir des problèmes avec la censure en Angleterre.

Cette brutalité, cette "obscénité" (de la guerre), on les retrouve aussi dans le livre de Jones, qui lui n'a pas été écrit à chaud, puisque publié en 1962 (et adapté 2 fois au cinéma en 1964 puis en 1998 par Terrence Malick).

Au fait le bouquin m'a couté 4 euros, j'ai essayé de l'avoir pour 3 mais rien à faire ! Je  n'ai pas insisté, déjà bien content de cette trouvaille. Je l'ai trouvé dans cette librairie située près de Denfert Rochereau, du coté de la rue piétonne, dans laquelle les livres forment des piles presque jusqu'au plafond ! Je connais une autre librairie de ce genre vers Nation.

Pendant que j'y suis un mot sur Putain de Mort, "le" livre-témoignage sur la guerre du Vietnam (pour changer un peu) écrit par Michael Herr et publié en 1968,  qui lui n'était pas un soldat mais s'est frotté de très près aux combats en sa qualité de correspondant de guerre...Je me demande si je ne l'avais pas d'ailleurs trouvé chez le même libraire... Encore un titre évocateur..

En fait je n'avais jamais entendu parler de ce livre, un peu oublié aujourd'hui. C'est peut-être le signe qu'il a vieilli ? Pour avoir feuilleté le bouquin de NM je me demande si lui aussi n'a pas pris un coup de vieux. Mais il ne faut sans doute pas se fier à la première impression. En tout cas sa réputation est intacte. Alors que JJ (La Ligne Rouge) n'évoque jamais, si je me souviens bien, le passé de ces personnages, NM au contraire s'efforce d'en dresser la "généalogie", ce qui explique sans doute la dimension imposante de l'ouvrage. Si l'un et l'autre s'intéresse d'abord à ceux qui combattent en première ligne, ils s'intéressent aussi aux gradés, aux rivalités entre officiers  et à la dimension tactique et stratégique des combats.     

 

J'apprends à l'instant qu'un jeune romancier a reçu le Goncourt du premier roman pour un livre qui relate l'assassinat d'Heydrich (voir  La troisième guerre mondiale n'aura pas lieu ). Et c'est sur le site de la radio TSF Jazz que j'ai appris ça ! Il s'appelle Laurent Binet et son livre s'intitule HHhH, et il parait qu'il est étonnant... 

 


Tag(s) : #Chinage

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