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Jean Lopez, historien "amateur" remarquablement doué mais illustre inconnu, a en commun avec l'historien "star"  Anthony Beevor d'avoir lui aussi écrit sur la bataille de Stalingrad et sur la chute de Berlin.

En revanche AB n'a rien publié sur la bataille qui plus encore que celle de Stalingrad, et avec trois ou quatre autres, va "sceller le sort de l'Allemagne nazie" : la bataille de Koursk.

 

Tout d'abord je dois confesser que je n'ai entendu parler de Koursk que tout récemment. Cela en dit long à la fois sur la profondeur de mon ignorance, alors même que je m'intéresse à la seconde guerre mondiale (un intérêt il est vrai relativement récent, insuffisamment cultivé, et non exclusif) mais aussi sur le fait que cette bataille décisive n'a peut-être pas reçue toute la publicité qu'elle mérite.

 

Le livre de Jean Lopez se présente comme un travail de synthèse et non comme un ouvrage "appuyé par des recherches en archives". Son propos est d'actualiser l'image d'une bataille qui s'est "figée au début des années 1970", tout au moins pour le lecteur français qui n'a pas accès à l'édition étrangère.

 

S'il ne s'est pas plongé lui-même dans les archives, dont certaines accessibles depuis peu, il n'en a pas moins "recensé, traduit et comparé l'essentiel des recherches menées aux Etats-unis, en Grande-bretagne et en Allemagne depuis trente ans". Recherches basées sur l'analyse des journaux de guerre des unités allemandes, et sur les nombreuses publications intervenues en Russie depuis l'effondrement du communisme. Mais aussi sur l'exploitation de mémoires, cartons et armoires de microfilms connus depuis longtemps mais dont personne ne s'était vraiment soucié. 

 

De tout cela va surgir une vision radicalement neuve de la bataille de Koursk.

 

A l'entrée du printemps 1943, le front germano-soviétique se fige avec, en son centre, une excroissance qui ne va plus cesser d'aimanter l'esprit des chefs allemands jusqu'à l'été : le saillant de Koursk.

 

En fait, depuis le début de l'offensive à l'est, les allemands ne sont pas seuls en lice : ainsi la 3ème armée roumaine a t-elle été encerclée à Stalingrad, avec d'autres dont la 6ème armée commandée par le futur Maréchal Paulus, la plus puissante de celles que Hitler a poussées au printemps 1942 vers le Volga et le Caucase.

 

De même la 8ème armée italienne est détruite par le Front Sud-ouest commandé par le général Vatounine le 16 décembre de la même année. En janvier 1943 ce sera au tour de la 2ème armée hongroise de succomber.

 

Après la cuisante défaite de Stalingrad et malgré la contre-offensive, avortée, du "magicien de Hitler" (le maréchal Erich von manstein), le thème de la "défense de la patrie" apparait pour la première fois dans les discours destinés aux soldats de la Wehrmacht, pourtant à 2000 kilomètres de la mère-patrie.   

 

Il faut dire que partout les soviétiques s'élancent. Staline, trop confiant, annoncera dans un ordre du jour "l'expulsion massive de l'ennemi hors du territoire soviétique a commencé". Mais Manstein veille.  Certes les armées allemandes reculent mais les troupes soviétiques, épuisées, se contentent de suivre la ligne de moindre résistance de l'ennemi et ne détruisent pas ses forces vives. Parmi les dizaines de milliers de prisonniers saisis, on compte très peu d'allemands. 

 

La marche aveugle des troupes russes s'apparente dès lors à "la dérive d'un banc de poissons vers le fond d'une nasse".

 

La règle d'or, qui a fait les quatre ans de succès de la Panzerwaffe est enfreinte : les trois armes (infanterie, blindés, aviation) ne se protègent plus mutuellement. Le 17 février 1943 pourtant des éléments de cavalerie (blindée) du Front Sud-ouest caracolent à 50 km de Zaparoïe, carrefour ferroviaire vital et quartier général de Manstein, au moment même où Hitler s'y trouve...

 

Celui-ci d'ailleurs comprend mal, à l'instar des soviétiques, ce que mijote Manstein : pourquoi reculer sans cesse ? Pourquoi ne pas engager les renforts expédiés en hâte des autres parties du front ? On a perdu du terrain, se plaint Hitler, notre prestige souffre, nos alliés s'effraient, le front a perdu toute cohésion...

 

En fait Manstein a en tête une contre-attaque ambitieuse et songe même, c'est la première fois que l'idée se fait jour, à un sectionnement du saillant de Koursk. 

 

Très vite la situation se renverse : le 13 mars Staline mande le maréchal Joukov, le "pompier de l'armée rouge", au Kremlin. Il n'y a plus rien devant Manstein : la route de Koursk (après Karkhov

) est ouverte. Joukov jette deux armées en travers des blindés allemands à la sortie de Bielgorod.

 

Manstein, qui ne peut pas compter sur Von Kluge positionné plus au nord dont les trois armées sont désorganisées, voit sa contre-attaque...contrecarrée. De plus la raspoutitza (la boue russe) est là, condamnant tout mouvement d'envergure.

 

Au printemps 1943, le front de l'est entre donc en sommeil. Chaque camp compte ses pertes. 

 

Les armées de l'axe ont perdu 107 divisions, plus de 40% des forces engagées à l'est. Les pétroles du Caucase sont désormais hors de portée du Reich.

 

Les soviétiques quand à eux ont perdu plus d'un million d'hommes et cinq à six fois plus de chars que les Allemands !

 

Quelle direction donner à la guerre ?

 

En 1934, à la mort du vieil Hinderburg, le chancelier Hitler s'était fait attribuer le titre de chef de l'Etat et de chef suprême des forces armées : chaque soldat doit lui prêter un serment d'obeissance personnel.  Cette élévation militaire n'a pas été subie mais voulue par les chefs de la Reichwehr.

 

Au printemps 1943, Hitler décide d'attaquer à l'est pour plusieurs raisons : "effacer" l'effet psychologique désastreux de Stalingrad, rassurer les alliés de l'Allemagne (Finlande, Roumanie, Hongrie, Bulgarie, Italie et Croatie), constituer une réserve stratégique (en prévision de la grande confrontation avec les Anglos-saxons prévue pour 1944).

 

Seule une victoire de taille sur l'Union soviétique en 1943 permettra au Reich d'aborder 1944 en bonne position : en "distendant" les liens de Staline avec les Anglos-saxons, en gardant les richesses de l'Ukraine, en protégeant les Balkans, en requinquant Mussolini et les autres alliés et en retrouvant les réserves qui repousseront l'inévitable débarquement allié à l'ouest.

 

Jusqu'ici la Wehrmacht a remporté victoire sur victoire avec des moyens somme toute limités, c'est-à-dire sans mise sur pied d'une véritable économie de guerre : malgré la guerre, le peuple des "seigneurs" doit pouvoir mener une vie agréable en tirant pofit sans scrupules des peuples dominés.

N'étaient les bombardements, à la différence de la Grande-bretagne ou de l'Union soviétique, l'Allemagne vit quasiment comme en temps de paix.

 

L'Allemagne des années 40 est la deuxième puissance industrielle du monde. Ses industries chimiques, métallurgiques, mécaniques et électriques sont à l'extrême pointe de la modernité.

 

Fin 43, malgré les bombardements alliés, les Allemands parviennent à tripler leur production de chars et de canons d'assaut.

 

Mais pour la Wehrmacht, la rencontre avec le char soviétique T-34/76 avait été la (très) mauvaise surprise de l'été 1941.   

Les Allemands réagissent en produisant les chars lourds Tigre, Panther et Ferdinand 


Le 1er mars démarre l'opération Buffle qui consiste pour le général Walter Model a extraire non sans difficulté la 9ème armée de la région de Rjev afin d'aller renforcer le groupe d'armées Centre.

Model laisse derrière lui un des pires exemples de terre brûlée, allant jusqu'à chasser tous les hommes et les femmes entre 15 et 50 ans pour empêcher l'Armée rouge de recruter. D'immenses 

colonnes de civils prennent la route vers l'ouest, laissant des milliers de victimes dans les fossés.

 

A Koursk Hitler craint de se mettre " dans la peau du hareng qui va avaler la sardine réfugiée dans la bouche du requin ".

 

C'est pourquoi on va rechercher l'avantage technologique et pour cela retarder l'attaque. 300 Panthers supplémentaires devraient être prêts pour le 30 juin.

 

Le 21 juin, après une période de doute, Hitler prend la décision définitive : Citadelle (c'est le nom

choisi pour l'opération) commencera le 3 juillet, date ensuite décalée au 5 juillet.  

 

Mais l'armée soviétique telle qu'elle se présente à la mi-mai 1943 n'est plus l'adversaire dont rêve la Wehrmacht.

 

Plus encore que Hitler, Staline a la haute main sur la direction de la guerre : le parti bolchévique a détruit jusqu'en ses fondements l'ancienne société russe. Staline tient dans sa main tous les pouvoirs.

 

La grande purge des forces armées soviétiques a duré de 1937 à 1941. Elle a entraîné la disparition de la majeure partie de l'encadrement supérieur : sont morts au Goulag ou sous les balles du NKVD les chefs les plus expérimentés.

 

Le prêt-bail de matériels américains et britanniques accordé à l'Union soviétique depuis le 6 septembre 1941 sera un facteur important de l'amélioration des performances soviétiques dans les offensives qui exploiteront la victoire de Koursk.

 

Mais à la Noël 1941, après la tourmente de Barbarossa (l'invasion déclenchée le 22 juin 41), l'Armée rouge a cessé d'exister, laminée par une machine rodée et novatrice : la Wehrmacht. 

 

L'infanterie est le point faible de l'Armée soviétique. Le manque d'homogénéité dans les performances rappelle l'Armée française en 1940 : le bon cotoie le plus médiocre.

 

Globalement l'industrie allemande pèse deux à trois fois plus que celle des soviets mais ceux-ci privilégient, dès l'avant-guerre, la fabrication en masse de matériels simples, solides, faciles à réparer et d'un emploi aisé.

 

En 1941, la Luftwaffe avait détruit près de 10 000 avions soviétiques, dont beaucoup au sol.

En 1942, l'Union soviétique produit déjà 25 000 appareils contre 15 000 au Reich.

 

Alors que Staline et Vorochilov avaient entrepris de démanteler les corps mécanisés (blindés) Joukov montre en août 1939, en détruisant avec 57 000 hommes et 500 tanks des unités japonaises occupant une portion de la Mongolie, l'efficacité de l'arme blindée. 

 

Mais ce n'est qu'en janvier 1943 qu'est décidé la création d'une armée de tanks nouveau style qui mènera, in fine, l'Armée rouge à Berlin...

 

La force de la Luftwaffe, quant à elle, tient à la qualité et à l'expérience de ses pilotes et à l'excellente coordination air-sol.

 

Néanmoins on ne verra pas à Koursk de concentrations massives d'appareils évoluer impunément 

au-dessus du champ de bataille.  

 

Le renseignement allemand sera lui aussi surclassé : ainsi 88 grandes unités soviétiques ont échappé aux services de renseignements de la Wehrmacht. L'Etat-major allemand ne saisit pas la dimension formidable de l'offensive de l'été 43 qui engage huit fronts et s'appuie sur d'énormes réserves.

 

L'Armée rouge ne reconnait pas à ses propres membres le statut de prisonnier de guerre et aucune préparation aux interrogatoires en cas de capture n'est menée.

 

Pour autant dans le domaine du renseignement stratégique les soviétiques auront dominé leur adversaire de la tête et des épaules.

 

Manstein, commandant le Front sud et ex-premier artisan de la destruction de l'armée française, méprise les Russes, les sous-estime et surestime du même coup ses propres capacités opérationnelles.

 

Alors que se profile la bataille de Koursk, l'armée rouge a mûri, à travers les désastres et les succès des 2 années précédentes, mais souffre toujours d'un complexe d'infériorité.


C'est d'abord sur une défense dense et profonde que vont miser les soviétiques. Les aménagements s'organisent en huit lignes de défense (tranchées, mines, points fortifiés...) d'une profondeur encore jamais vue, jusqu'à 300 kms !

 

La ville de Koursk est elle-même transformée en forteresse, préparée pour un mini Salingrad.

 

Le seul Front de Voronej, qui assure la défense de la base sud du saillant, a creusé 4200 km de tranchées et érigé 500 km d'obstacles anti-chars (fossés et "dents" en ferraile ou béton).

Un million de mines quadrillent le saillant !

 

Les Russes disposent également d'une arme secrète : la maskirovka, l'art du camouflage sur le champ de bataille et des mesures de "déception" propres à égarer l'ennemi sur le type d'opération

projetée, les forces employées, les directions visées.

 

A Koursk, l'effort de dissimulation et de tromperie a été massif, à travers par exemple des zones de concentration de blindés...en bois. 

 

Le tandem gagnant de l'Armée rouge est constitué de deux hommes aux tempéraments opposés : Joukov et Vassilevski. Joukov est notamment l'auteur d'un télégramme chiffré du 28 septembre 1941 (dont la teneur a été révélée en 1991) qui prescrivait de faire fusiller les familles des soldats soviétiques faits prisonniers !

 

Vatoutine et Rokossovski sont aussi deux chefs de grande classe.

 

A koursk les meilleurs généraux de Hitler affronteront les meilleurs généraux de Staline.

 

Ce sera d'abord, au nord, Rokossovski contre Model.

 

Autour de la petite ville de Ponyri " on se bat pour des ruines de villages, des collines sans nom, un coin de bois, une ferme. Le bruit du canon roule sans cesse, les hurlements des katiouchas, les sirènes des stukas font saigner les tympans...".

 

L'échec de Model fait dire à l'auteur que la moitié de la bataille de Koursk est alors gagnée par les soviétiques.

 

Model aurait mal disposé de ses canons de campagne mais surtout la 13ème armée russe était une très grosse noix à casser. Jamais l'artillerie rouge n'avait pu ainsi concentrer ses feux, aidée en cela par l'étroitesse du champ de bataille. De plus chars et infanterie ont su lutter coude à coude.

 

Au sud ce sera Manstein contre Vatoutine.

 

Le long de la route Boutovo-Tcherkasskoïé les Tigres détruisent un à un, de loin, les canons antichars de la 67ème division de fusilliers de la Garde...

 

Mais, au total, l'avance n'atteindra péniblement que 5 km en profondeur. Visiblement nous ne sommes plus en 1941...

 

Ce faux départ va peser lourdement sur le développement de l'attaque de Manstein.

 

Le 6 juillet à l'aube les sapeurs du 48è corps Panzer reprennent leur tâche de Sisyphe : éclaircir les champs de mines posés pendant la nuit par leurs homologues soviétiques.

 

Le lieutenant général Nikita Khrouchtchev, l'officier politique attaché aux basques de Vatoutine, note que " les deux ou trois jours qui viennent seront terribles. Ou bien nous tiendrons ou les Allemands prendront Koursk. Ils jouent le tout pour le tout. C'est pour eux une question de vie ou de mort. A nous de faire en sorte qu'ils se rompent le cou ".

 

Face aux divisions Panzer les russes alignent le " zveroboï " ou " l'animal tueur ", un canon d'assaut lourd (SU-152), le seul engin capable de casser un Tigre, mais ils n'en ont que douze !

 

Les allemands quant à eux découvrent les capacités anti-chars de leurs chasseurs bombardiers Henschel : c'est la première fois dans l'histoire militaire que des avions écrasent une attaque de chars à eux seuls.

 

Vatoutine a lâché presque partout sa deuxième ligne mais, au prix de lourdes pertes, il a gagné du temps. Le temps que les réserves qui viennent de l'Est arrivent à son secours.

 

Le 9 juillet la STAVKA  (l'état major russe) sait que Model, au nord, a échoué : la moitié de la tenaille allemande est paralysée. 

 

Mais les allemands ont de la ressource : dans la nuit du 11 au 12 un raid audacieux est mené. Deux bataillons du 11ème régiment de Panzer (6ème Panzer) prennent la route du Donetz vers le nord-ouest en direction de Prokhorovka.

Plaçant un T-34 capturé en tête, une colonne traverse en silence les positions soviétiques endormies....un peu plus tard la supercherie est découverte mais les Panzer parviennent à franchir la rivière et à installer une tête de pont.

 

Prokhorovka n'est plus qu'à 15 kms.

 

La bataille de Prokhorovka a été souvent désignée comme " la plus grande bataille de chars de tous les temps ".

 

Incontestablement, Prokhorovka est une nette victoire défensive des SS. Néanmoins, l'objectif du jour, la conquête de la ville, n'a pas été atteint.

 

Surtout, cette bataille intervient deux jours après le débarquement anglo-saxon en Sicile, quatre jours avant la grande diversion lancée à partir de la tête de pont d'Izium par le Front (russe) du Sud-Ouest et dans un contexte de contre-offensive russe sur le saillant d'Orel, dans le dos de Model.

 

Hitler décide alors que l'opération Citadelle est terminée, en fonction d'impératifs de stratégie générale incluant aussi l'effondrement probable de l'Italie.

 

Pendant que Model se replie, Manstein poursuit ses efforts pendant quatre jours mais en pure perte.

 

Bien évidemment les russes ne vont pas se contenter d'une victoire défensive et lancent dans la foulée une grande contre-offensive, prévue de longue date. 

 

Déjà le 11 juillet les Fronts de l'Ouest et de Briansk procèdent à des reconnaissances en force des positions allemandes, pratique imitée de la Wehrmacht. 

 

Les renseignements allemands sous-estiment gravement les concentrations russes.

 

Dans le secteur de la 11è armée de la Garde, on compte jusqu'à deux canons, lance-roquettes ou mortiers lourds par mètre linéaire de front !

 

A l'opération Koutousov succède l'opération Rumiantsev... 

 

Les noms de code des offensives de 1943 sont ceux des grands soldats de la Russie impériale, illustration de l'exaltation patriotique, thème principal de la propagande du moment.

 

Rapports de force, en faveur des Russes : 4 à 1 pour l'infanterie, 10 à 1 pour les chars...

 

Le 3 août à 5 h du matin, au nord-ouest de Bielgorod, une colossale préparation d'artillerie s'abat sur la première ligne allemande. Trois heures plus tard, les tirs s'allongent donnant aux divisions de premier échelon le signal de l'assaut.

 

Koniev fait son entrée dans Kharkov le 23 août après que les Allemands se soient retirés in extremis. A ce moment là seulement, pour les soviétiques, la bataille de Koursk est terminée.

 

Après la guerre c'est la vision soviétique de la bataille qui s'impose durablement jusqu'à ce que trois ouvrages allemands édités en 1955 exaltent la Werhmacht, présente l'armée soviétique comme une foule anonyme et fanatisé et attribuent la défaite aux seules erreurs, militaires et politiques, de Hitler.

 

Cette vision des choses permet d'exclure la Werhmacht des crimes nazis au moment même où la réintrégration de l'allemagne dans la communauté occidentale est en marche.

 

Un certain nombre des chefs allemands de la bataille de Koursk se pencheront alors sur le berceau de la Bundeswehr, la nouvelle armée allemande intégrée à l'OTAN.

   

On le voit l'auteur s'est livré à une véritable démonstration, quasi mathématique, qui vise à remettre à plat ce que l'on sait aujourd'hui de la bataille et à en proposer une analyse nouvelle et indédite, comme Beevor avec son récent D-Day.

Il propose en outre un portrait « militaire » mais aussi psychologique des deux dictateurs, Hitler et Staline.

Ses qualités d’écriture n’ont rien à envier à celles de Beevor. Qu’est-ce qui les différencie ?

Beevor écrit des "pavés", il semble donc qu’il approfondisse davantage son sujet.

Lopez pourtant ne reste pas le nez collé à la bataille de Koursk, il aborde, en amont et en aval, bien des thèmes et dessine un tableau assez complet des acteurs et des enjeux.

Certes c’est un travail de synthèse alors que Beevor fait ses propres recherches.


Si on peut parfois ressentir une pointe de lassitude à la lecture des « inventaires » des armes en présence...la monographie de Jean Lopez se lit en fait comme un thriller : action, suspens, fluidité...tous les ingrédients sont réunis pour le plus grand plaisir du lecteur.  

Tag(s) : #Journal de lecture

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