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Au moment où Thomas Pesquet tournait autour de la Terre dans la station spatiale internationale, j'entamais le récit de Christine Montalbetti consacré au dernier vol de la navette Atlantis en 2011 et au séjour d'une poignée d'astronautes dans cette même station spatiale...

On peut déjà saluer le fait qu'une auteure française (et non américaine) de littérature "blanche" s'empare d'un tel sujet.

Certains, hostiles à la littérature du réel, regretterons qu'elle ait eu besoin d'un "sujet" !

Ensuite on peut noter que le livre a été publié aux éditions POL plutôt spécialisé dans la littérature expérimentale.

Expérimental le récit de CM l'est par bien des aspects.

 

Si l'on s'attend à une narration classique et si on pense pouvoir s'identifier facilement aux "personnages", on risque d'être déçu ou en tout cas surpris. Je l'ai été moi-même !

 

En feuilletant le livre j'avais d'abord cru que l'auteure avait renoué avec le nouveau roman à cause de la précision maniaque de son style (exemple ?) mais en fait il s'agit d'autre chose.

 

CM s'inscrit dans une forme de postmodernité, une postmodernité qui n'appartient qu'à elle, on aurait du mal à trouver un équivalent littéraire chez d'autres auteurs contemporains, sauf peut-être chez Céline Minard qui dans Le dernier monde décrit l'odyssée du dernier homme sur Terre, un astronaute en provenance de...la station spatiale ! D'après les réactions des lecteurs sur Babelio le livre de Céline Ménard (les deux auteures ont les mêmes initiales !) semble être aussi déconcertant sinon davantage que celui de Montalbetti...

 

Christine Montalbetti s'est emparée des "outils" (lesquels ?) inventés par le nouveau roman et les arrange à sa sauce. Des spécialistes trouveraient probablement d'autres influences encore mais le résultat est à coup sûr singulier.

 

Elle apostrophe le lecteur, ce que ne faisait pas Robbe-Grillet me semble-t-il, le place au coeur de l'action avec des phrases commençant  par "Vous...".

 

Elle raconte aussi ces rencontres avec différents protagonistes - elle s'est beaucoup documentée - parle d'elle, évoque des souvenirs, en un mot elle écrit en toute liberté, du trivial à la philosophie, ne se sent pas contrainte par les limites de son "sujet" mais réussi néanmoins à en faire le tour en passant de considérations techniques à des confidences toujours en lien avec l'histoire de l'exploration spatiale...

 

Racontée de l'intérieur - dans tous les sens du terme - et même si à l'instar des écrivains du nouveau roman on pourrait lui reprocher de trop s'intéresser à des détails (mais elle sait les rendre intéressant) - l'histoire est de toute façon palpitante quel qu'en soit la manière. En premier lieu pour les amateurs de "conquête" spatiale qui sont souvent aussi des amateurs de science-fiction. Il vaut mieux tout de même s'être déjà frotté à la littérature d'avant-garde, d'hier ou d'aujourd'hui. 

(...) 

Au final bien qu'un peu froid - c'est sans nul doute du au froid qui règne dans l'espace ! - ce livre documentaire s'avère être un objet littéraire aussi fascinant que peut l'être une navette spatiale ou un voyage dans l'espace.

 

Tag(s) : #Journal de lecture

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