J'ai revu sur petit
écran Le choix des armes d'Alain Corneau (1981) avec Montand, Depardieu, Deneuve, Anconina, Galabru, Lanvin. Même à la télé c'est un film éminemment cinématographique. Par son format tout d'abord
: si ce n'est pas du cinémascope c'est en tout cas très proche. Il faut dire aussi que pour l'édition DVD (avec sa superbe jaquette "série noire") le film a été remastérisé en haute définition.
Même sur ma vieille télé le résultat est irréprochable. La photographie signée Pierre Wiliam Glenn nous offre des images nettes et contrastées (débarrassées des ombres dans les angles supérieurs
propres aux films des années 60) et les quelques vues de l'Irlande sont d'une beauté à couper le souffle. Sur le plan dramaturgique, mais aussi et surtout cinématographique, Corneau se posait en
digne héritier de Melville (Le Cercle Rouge) mais avec l'apport du cinéma policier américain contemporain (Melville lui avait revisité à sa façon, comme Leone avec le western, le polar made in US
des années 40 et 50). Comme chez Melville on ne parle pas beaucoup dans ce polar béhavioriste où les actes en disent beaucoup plus long que les
mots.
Le scénario digne de la grèce antique ou de Shakespeare confrontent 2 générations de flics et de gangsters
jusqu'au drame final. Je tenais Le Choix des Armes pour inférieur à Police Python 357 (1976) et à La Menace (1977) mais je suis obligé de réviser mon jugement. Corneau s'est bonifié tout au long de ces 3 films qui composent une trilogie noire probablement inégalée dans l'histoire du cinéma policier hexagonal. Pas une image, pas un son, pas un plan de trop dans ce joyau d'une pureté cinématographique rare.
Ennemi Public n° 1, deuxième volet de la saga Mesrine, m'a une fois de plus (voir l'article consacré à l'Instinct de Mort) donné un sentiment de malaise alors même que j'appréciais beaucoup la prestation de Vincent cassel, un peu moins celle de Mathieu Amalric et beaucoup celle de Ludivine Sagnier. Le scénario est certes en béton mais le traitement cinématographique laisse un peu le spectateur sur sa faim. Pourtant je pense que c'est un choix délibéré de la part de Richet. S'il avait choisi un format proche du cinémascope, le film aurait perdu en réalisme.
Mesrine aurait gagné une aura dont Vincent Cassel ne voulait pas. D'où, pour moi, le coté téléfilm, téléfilm réussi bien sûr, qui je pense est voulu. Il est aussi
possible que j'ai la vue qui baisse (sans rire) et que je supporte moins bien le grand écran. Surtout quand ça bouge dans tous les sens lorqu'il y a de l'action. Mais cela tient aussi à une mode
vieille d'une bonne décennie si ce n'est plus, chez certains cinéastes, qui consiste à bouger la caméra dans tous les sens pour restituer la violence. Je sais je me répète. Pour conclure :
vivement que Mesrine passe à la télé !
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