Polars

Vendredi 12 août 2011 5 12 /08 /Août /2011 19:48

http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRV4Jl1p2XiEOUnsufSl7US0ybraa26iou5GggkSX7z0QRhXMlNPAJe ne suis décidément pas un fan de Grangé. Les rivières pourpres était pas mal (au moins j'étais allé jusqu'au bout) , Le concile de pierre, malgré un début très prometteur, m’est vite tombé des mains.
Ce qui m’a attiré dans celui-là c’est le thème des dictatures Latino américaines et de l’aide que des militaires français leur ont apporté.

 

En tout cas l’auteur met le paquet, au début tout au moins, pour « accrocher » son lecteur. Citation latine (Sunt lacrimae rerum, toutes les choses ont leurs larmes), germanique (Liebestraum, le "rêve d'amour" de la petite juge en mal d'amour), même le lecteur « intello » peut y trouver son compte.

 

On peut juger le portrait que dresse Grangé de la juge Jeanne Korowa un peu caricatural mais il se montre plutôt convainquant.

 

Pourtant son style agace vite. Malgré son usage des phrases courtes, rapides, le style est ronflant et bourré de tics.

 

Finalement j'ai laissé tomber dès l'instant où l'héroïne débarque en Amérique latine...alors que c'est à partir de là que ça aurait du m'intéresser...

 

Au centre du récit on trouve...je vous le donne en millle...un tueur en série (peut-être un enfant sauvage...). Le tueur en série est devenue une tarte à la crème du roman policier...ou plutôt du  thriller ?

 

JM Laherrère, d'actu-du-noir,  a peut-être raison finalement de ne pas aimer les thrillers...

 

Bien entendu le tueur en question, non content de découper ses victiimes en morceaux (uniquement des femmes bien en chair) et d'en déguster des morceaux choisis (sur place !), barbouille les murs de signes cabalistiques...

 

Jeanne en fait s'incruste dans l'enquête d'un collègue, qui ne va d'ailleurs pas tarder à périr dans l'incendie de son appart, alors qu'elle aurait du instuire un dossier de vente d'armes à destination du Timor oriental. Si l'auteur en parle c'est sûrement que les deux affaires ont partie liée...je ne le saurais jamais. J'ai quand même tenu le coup jusqu'à la  page 270.

 

Pour (en) finir voici quand même le résumé de l'intrigue :


" A Paris, Jeanne Korowa, brillante juge d'instruction à la vie affective désastreuse enquête avec François Taine sur une série de meurtres particulièrement sauvages : démembrements, cannibalisme, et mises en scène macabres. Trois plantureuses Vénus atrocement dévorées, trois tableaux sanglants entre rituel et folie. Abusant de son autorité, Jeanne fait installer des micros dans le cabinet d'Antoine Féraud, le psychanalyste qui reçoit chaque semaine son ex petit ami, et tombe par hasard sur une séance étrange où un père révèle les pulsions sanguinaires de son fils autiste et son passage à l'acte. Autisme, fécondité, préhistoire : trois pistes qui mèneront Jeanne, au Nicaragua, au Guatemala, puis dans les marais argentins. Au terme de sa quête, dans la forêt des Mânes, elle découvrira une vérité qu'on aurait préféré ne jamais connaître. " (Amazon).

Par coltrane - Publié dans : Polars
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Lundi 13 décembre 2010 1 13 /12 /Déc /2010 20:11

http://yspaddaden.files.wordpress.com/2010/03/6.jpgExit le thriller, genre souvent décevant, et retour au polar avec Le loup dans la bergerie de Gunar staalesen, un auteur norvégien adoubé par Moisson Noir (voir Liens). 

 

Le polar nordique est à la mode depuis l’énorme succès de Millenium mais le phénomène n'est pas véritablement nouveau : de 1965 à 1975 Per Whaloo et Maj Sojval (et leur personnage Martin  Beck; ils sont suédois et leurs livres ont été publiés dans la collection 10/18 de 85 à 87) cartonnaient aussi, quoique de manière peut-être moins massive.

 

Ces auteurs, et d'autres avec eux, égratignaient à travers leurs polars le fameux "modèle scandinave" qui avait su concilier, idéalement, capitalisme et politiques sociales.

 

Gunar Staalesen appartient à la même génération : Le loup dans la bergerie a été publié en 1977, il y a donc 33 ans.

 

La lecture de la première page, presque biblique, m’avait donné une furieuse envie d’en lire davantage : " Au commencement était le bureau et au bureau il y avait moi. Les pieds sur la table (...) A gauche il y avait une pile de factures. A droite il y avait ce que je possédais en argent liquide : dix couronnes et trente ore... "

 

Aucun doute on était dans la filiation directe de Raymond Chandler (pour moi un must absolu) avec cette « ouverture » classique où l’on découvre le détective désœuvré dans son bureau minable, attendant un hypothétique client. GS n’était pas le premier à suivre cette voie prometteuse et ça n’a pas été le dernier.


Une fois entamée pour de bon la lecture l’enthousiasme est un peu douché : cela a le goût et la couleur de l’original mais n’est-ce pas qu’un ersatz ?

 

Une fois de plus il aura fallu que j'arrive à la moitié du livre pour enfin trouver un véritable intérêt à ce que je lisais.

 

Pourtant tout était déjà en place, dès le début, à commencer par un style impeccablement chandlerien, acclimaté à la Norvège de l'époque.

Mais l'histoire ne me paraissait pas palpitante et je n'accrochais pas. En fait il a fallu que j'attende de pouvoir en lire plus que quelques pages d'affilée, dans le bus, le métro ou juste avant de m'endormir, et que je me munisse de mon outil favori, un critérium, alors j'ai enfin pu rentré dans le livre.

 

Une écriture aussi parfaite ne pouvait pas être simplement l'instrument d'un simple exercice de style. Et effectivement il y a quelque chose derrière les mots : de la matière humaine, trop humaine.

 

L'auteur situe son récit non à Oslo mais à Bergen au bord de la mer du nord. Il est d'ailleurs beaucoup plus question dans le livre de Copenhague, au Danemark, que de la capitale norvégienne. 

 

Ce matin là Veum (c'est le nom du détective privé imaginé par l'auteur) a de la chance : il reçoit un appel du célèbre avocat William Moberg qui, surprise, veut l'engager.

 

La couleur des cheveux de sa secrétaire "faisait penser aux neiges du Kilimandjaro". Elle sera la femme fatale de l'histoire mais c'est plus tard que l'on s'en rendra compte.

 

La table de travail de son patron est "si grande que l'on aurait pu y jouer au tennis". Mais il refuse le job, trop répugnant à son goût, question de principes : "Ce qu'un homme ou une femme mariée font de leur temps libre, à mon sens c'est leur affaire (...) dans la plupart des histoires d'infidélité, la faute est plutôt du côté de celui qui est trompé...".

 

Quelques jours plus tard un nouveau client se présente à son bureau. Il déclare être le frère de Margrete qui est justement (il l'a reconnait d'après une photo)...la femme de Moberg.

 

Veum empoche les cinq billets correspondant aux honoraires minimum et annonce à son nouveau client que l'affaire est résolue : sa soeur, qui a quitté depuis longtemps le giron familial sans plus donner de nouvelles, n'est autre que...voir plus haut. Mais celui qui se présente comme son frère souhaite tout de même que Veum la suive quelques jours avant de renouer le contact et de l'informer que leur père se meure.

 

Veum accepte sans savoir, même s'il aurait du s'en douter, que les ennuis ne vont pas tarder à lui tomber dessus.

 

Sous la forme entre autres du puissant, au physique comme au moral, commissaire Dankart Muss qui bien sûr n'aime pas tellement les fouineurs dans son genre.

 

Il faut dire que Margrete a été retrouvée morte, étranglée, peu de temps après que Veum soit rentré chez lui après avoir filer la dame toute la journée. C'est le premier cadavre et si on ne peut pas véritablement dire que les cadavres vont pleuvoir, il y en aura quand même, plus tard, un second, masculin celui-là, il faut bien respecter la parité ! 

 

Ces filatures l'ont conduit sur la piste d'une certaine Rigmor. Elle travaille dans un atelier de photographie et son patron est propriétaire de l'immeuble où Margrete s'est rendu à un mystérieux rendez-vous : "Si Rigmor travaillait normalement, elle finissait probablement à 15 ou 16 heures." Pourquoi cette citation à priori sans intérêt ?

Depuis quelques temps, on l'a peut-être remarqué, je m'intéresse à la durée de la journée de travail, à partir de l'idée que, contrairement à l'opinion généralement admise, la journée de travail est en France exceptionnellement longue.

En voilà encore une preuve même si bien sûr on ne sait pas à quelle heure Rigmor a commencé sa journée...disons que c'est un indice...

 

Rigmor rentre chez elle mais ressort pour se rendre dans un immeuble à la porte verte dans lequel Veum découvrira que beaucoup d'hommes pressés et discrets, séjournent pour une heure ou deux. Au rez-de-chaussée, une agence de baby-sitters qui pratique des prix prohibitifs.

 

On découvre plus tard que dans cette maison de rendez-vous se pratique aussi le traffic de drogue.

 

Parfois il arrrive que même les détectives s'arrêtent dans une cafétaria pour manger un morceau :" On m'y servit une portion de pain de poisson qui avait un goût de carton en sauce".

 

Dans un snack, poste d'observation idéal devant la porte verte, le détective pose un regard d'ancien éducateur sur la jeunesse norvégienne des années 70 : " Quatre filles, voûtées, d'une quinzaine d'années, y étaient installées. Toutes portaient des jeans, des anoraks, et des pulls à cols roulés. Toutes mâchaient du chewing-gum, la bouche en biais. Rien ne les différenciaient sinon la couleur de leurs cheveux et la taille de leurs poitrines. Elles levèrent les yeux à mon entrée mais leur intérêt s'évanouit avant que j'aie fermé la porte : j'avais plus de trente ans."  

 

L'une d'elle franchira bientôt elle aussi la porte verte. Quant à la serveuse, " Sa coupe de cheveux évoquait une foumilière abandonnée". " Une giclée de ketchup de la taille d'une mare de sang moyenne vint tenir compagnie aux frites, tandis que la femme les saupoudrait de sel comme si c'était de l'eau bénite. "

 

Inévitablement au cours de son enquête le détective finit toujours par tomber sur un gros bras, celui-là, ancien boxeur, semble être le gardien des lieux, juste derrière la porte verte : "[il] n'était pas tout à fait aussi large qu'un rouleau compresseur...La musculature de ses cuisses aurait pu supporter un éléphant...Ses cheveux coupés court avaient la couleur des vieilles crottes de souris...Je vis distinctement l'émergence d'une pensée sur son visage. Ce n'était pas une belle pensée". 

 

Gunar a vraiment le don de la description pleine de gaité : "La moquette était couleur rouille, comme si quelqu'un avait saigné, longtemps et abondamment".

Il campe un personnnage en quelques mots comme personne :"Elle mâchouillait quelque chose de rose et posa sur moi un regard de poisson crevé".

 

Encore une notation sociologique : "C'était l'une de ces zones résidentielles taillées sur mesure pour universitaires, dentistes et professions libérales au petit pied."

 

Il se fait poète à l'occasion : "Son visage était pâle et maigre, ses yeux écartés et transparents, comme si elle avait grandi dans des marais. "

 

Le moment vient où classiquement le détective se fait estourbir : " J'ouvris la porte du couloir et quittai la chambre. Je perçus trop tard le mouvement à droite de la porte. Avant que je n'aie eu le temps de me retourner, le plafond me dégringola sur la tête. Le sol s'ouvrit sur moi et je tombai à travers des ténèbres sans fin. "

 

Après cela il est temps de rendre les coups, mais face à Nounours Lund, l'ancien boxeur déjà rencontré plus haut la partie n'est pas gagnée d'avance : " Ma main me donnait l'impression d'avoir fait un voyage touristique dans une bétonneuse. " 

 

Malgré ce début difficile Veum parvient à assommer son adversaire, en s'aidant d'une porte il est vrai.

 

Auparavant il aura reçu ses premiers coups de la part d'une baby-sitter maniant le sac à mains de telle manière qu'elle pourrait s'engager illico dans les forces spéciales.


Plus tard il se rend chez Rigmor et fait la connaissance de sa petite fille : " [Elle] était pensivement perdue dans son monde de lait et de pain, toute concentrée sur son repas, comme les enfants peuvent l'être. "

 

Veum, ancien éducateur, croit savoir que les problèmes les plus graves " on les rencontrait surtout chez les enfants des familles où les parents ont tellement d'argent et d'ambitions à gérer qu'ils n'ont pas le temps de s'occuper de leurs enfants. " Cela me semble un peu exagéré : dans les familles pauvres aussi on trouve des parents trop pris (parce qu'ils travaillent loin de leur domicile ou ont des horaires décalés) pour avoir le temps de bien s'occuper de leurs enfants. 

       

Veum fait parfois de curieuses comparaisons : " Les morts me dépriment toujours, comme lorsqu'on ouvre une boite d'allumettes et qu'on constate qu'elle est vide. "

 

Il est cultivé : " A travers ses lunettes, ses yeux paraissaient grands et irrités, sa bouche était de travers et amère comme s'il se disposait à régurgiter le déclin de l'Empire romain. " Il s'agit du nouveau mari de son ex femme Beate, prof d'histoire, qui lui fait la leçon parce qu'il a encore fait pleurer son ex en lui demandant de revenir avec lui.

 

Il a aussi, naturellement, beaucoup de mal à communiquer avec son fils Thomas qu'il emmène au zoo.

 

Lors de l'explication finale, la femme fatale, un derringer incrusté d'argent dans la main, " était de glace, si froide qu'on aurait pu la débiter en petits morceaux et les mettre dans un drink... "

 

Un peu comme dans un roman de détection à la Agatha Christie on a donc droit, à la fin du livre, à l'exposition des conclusions auxquelles est parvenu le détective au terme de son enquête : s'il reconstitue à peu près bien le déroulé des évênements, il se trompe néanmoins lourdement sur l'identité de celle qui tire les ficelles.

Heureusement tout est bien qui finit bien : les méchants sont arrêtés, la coupable connait une fin...fatale.

 

Vient le moment de l'épilogue : " Un froid délicat avait investi la ville, comme si l'hiver avait dressé sa première table de l'année avec de la porcelaine neuve. "

 

Son enquête terminée Veum rentre chez lui : il a rendez-vous avec...une bouteille d'aquavit.

 

Je voulais terminer en citant plusieurs incipits (début d'un texte littéraire) montrant comme ici le détective désoeuvré dans son bureau.

Ayant déjà été comme à mon habitude beaucoup trop long, je me contenterais de celui-ci, tiré de Fais pas ta rosière (1950; titre original The little sister) de Raymond Chandler : "...Il y avait cinq minutes que j'épiais la mouche bleue attendant qu'elle veuille bien se poser. Mais cela ne lui disait rien. Le tue-mouches brandi, j'étais fin prêt...C'est alors que le téléphone se mit à sonner. "

 

Oh et puis aller, encore un petit pour la route, tiré cette fois de Que d'os (1976) de Manchette, notre Chandler à nous : " Le téléphone a sonné. J'ai fais un sourire d'excuse et j'ai décroché. - Cabinet Tarpon, ai-je dit cauteleusement. - C'est vous, Tarpon, oui ? Coccioli à l'appareil. Officier de police Coccioli. Vous me remettez, oui ? ".

Par coltrane - Publié dans : Polars
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Vendredi 5 novembre 2010 5 05 /11 /Nov /2010 19:00

http://www.decitre.fr/gi/88/9782266063388FS.gifIl est beaucoup question de Septembre noir dans le premier thriller publié par l'auteur du Silence des agneaux en 1975.

 

Cette organisation terroriste palestinienne avait conçu et perpétré l'enlèvement et le massacre d'athlètes israeliens lors des jeux olympiques de Munich en septembre 1972.

 

Des membres de cette organisation, décapitée par un commando israélien lors d'un raid éclair dans la banlieue de Beyrouth, décident néanmoins de frapper un grand coup sur le sol des Etats-Unis.

 

Michael lander, un ancien pilote d'hélicoptère vétéran du Vietnam, leur en offre l'opportunité sur un plateau.

 

Désormais pilote de dirigeable, il conçoit l'attentat le plus sanglant de l'histoire.

Sa bombe doit exploser à La nouvelle orléans lors de l'évênement sportif de l'année : le super Bowl. Cerise sur le gateau, le président doit y assister.

 

Dahlia, "vamp fanatique" l'assistera ainsi que Muhammad Fazil, tout aussi fanatique et désireux de prendre les rênes de l'organisation après la mort d'Hafez Najeer, chef du service de renseignements du Fatah et commandant de Septembre noir.

 

Tous les ingrédients semblent réunis pour faire de Black sunday un thriller palpitant : dangereux terroristes, agents spéciaux du FBI, super agent du Mossad (le commandant David Kabekov, baptisé par ses pairs "la solution finale"), folie (Lander, évincé de l'armée après avoir été fait prisonnier par les "viets", bascule définitivement après avoir surpris sa femme avec un autre homme), sexe et même une histoire d'amour.

 

Pour autant, même si l'enquête puis la chasse à l'homme sont bien rendus (avec en prime l'opposition entre le "réalisme" israélien et le scepticisme américain), de même que les difficultés et les progrès de l'entreprise "terroriste" (convoyage mouvementé puis mise au point de la bombe), le personnage de la terroriste-séductrice (Dahlia "tient" Lander en s'offrant à lui soir après soir) parait aussi peu vraisemblable que la curieuse alliance entre un vétéran du vietnam ivre de vengeance et Septembre noir. 

 

Thomas Harris se montre pourtant parfois visionnaire : "Cette fois-ci, ce qui les intéresse, ce n'est ni des otages, ni des négociations, ni un effet theâtral révolutionnaire. Ils veulent le maximum de morts et de blessés...", là où, en 1973, Bonnecarrere et Hemingway (Joan, la petite fille d'Ernest) prophétisaient plutôt une multiplication des prises d'otages (Rosebud, LdP).

 

Il nous apprend aussi qu'en 1969 des instructeurs chinois ont débarqués au Liban et participés à l'entrainement des "militants" palestiniens. 

 

Dahlia voit en Fazil "cosmopolite dans ses manières, politiquement à gauche, un homme qui n'a pas quitté l'époque de sa grand-mère, le temps de la circoncision féminine, de la clitoridectomie et de l'infibulation, ces rites sanglants qui assuraient que les filles n'apporteraient pas le déshonneur à leur famille."

 

Fasil qui, évaluant ses chances de s'en tirer après l'attentat, se souvient des paroles de l'amiral japonais tout de suite après l'attaque de Pearl Harbor : "Je crains que nous n'ayons réveillé un géant endormi (l'Amérique) et que nous l'ayons rempli d'une terrible résolution".

 

Malgré la menace avérée, le Président, en baisse dans les sondages, assistera au Super-bowl "sûr d'obtenir une ovation debout, dans le sud profond, aux yeux du monde entier".

 

Kabakov doit convaincre les hautes instances du FBI et de la Sûreté que la menace d'attentat est réelle.  "...les hommes réunis là n'étaient pas stupides. Chacun d'eux auraient accueilli plus favorablement une idée bizarre si elle lui avait été présentée en petit comité. Face à leurs pairs, la plupart des hommes ont deux types de réactions - les unes réelles, et les autres modulées en vue du jugement que leurs compagnons porteraient éventuellement sur eux." C'est pourquoi, au grand dam de l'agent israélien, le scepticisme l'emporte. 

 

Le Super-bowl fera quand même l'objet d'une surveillance renforcée. Mais cela sera t-il suffisant ?

 

Lapierre et Collins (Le cinquième cavalier, paru en 1980) ont sûrement lus Black sunday, l'argument est le même et ils ont piqué à Harris le personnage de Dahlia (devenue Leila), qui chez eux fréquente même la "jet-set" (!) et devient l'amante d'un certain Michael...Ici la bombe devient atomique et menace la ville de New-york. Pas de doute il s'agit d'une superproduction. Mais dans les deux romans c'est un certain Khadafi qui tire les ficelles...

Par coltrane - Publié dans : Polars
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Lundi 13 septembre 2010 1 13 /09 /Sep /2010 18:25

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/5/9/0/9782253123095.jpgAprès l'éprouvant récit d'Ann Rule consacré au "premier" tueur en série, Ted Bundy, quoi de mieux pour se changer les idées et se remettre de ses émotions qu'une enquête bien ficelée sur...un tueur en série ?

 

J’avais bien aimé la trilogie américaine (?) de Linda la Plante consacrée à l'ex flic devenue détective privée Lorraine Page, même si je ne suis pas certain d’avoir lu les trois.

 

C’est pourquoi tombé par hasard sur le premier tome d'une nouvelle série consacrée cette fois à une femme sergent nouvellement affectée à la brigade criminelle du commissariat londonien de Queen's Park, je me suis dis pourquoi pas ?

 

Il y a chez LLP une simplicité de ton et une attention aux personnages qui évoque un peu, je trouve, Ed Mcbain ou Patricia Highsmith.

 

A la lecture de ce polar, on sent que Ted Bundy (Un tueur si proche - Ann Rule) est passé par là. Les tueurs de femmes, ici plutôt des prostituées dans la quarantaine, à l’exception de la jeune Mélissa (c’est également le prénom d’une des victimes de Ted) sont devenus, après Bundy et quelques autres, une tarte à la crème du roman policier.

Il est vrai que le thème du tueur en série à de quoi fasciner, à juste titre. 

 

Finalement après avoir passé les 200 premières pages (sur 536), on finit par se prendre au jeu et par s'attacher au sergent Travis qui se donnerait des baffes pour n'avoir pas vu le potentiel de son ex (également flic) qu'une autre (flic aussi) a su envoyer chez le coiffeur et mettre au régime et à la muscu...

 

A ce moment là l'enquête se focalise sur un acteur de la télévision et du cinéma au regard perçant, très bel homme au charme irrésistible. Il est lié à l'une des victimes qui n'était autre que sa mère...

 

Le modus operandi du tueur est toujours le même : il attache les mains de ses victimes dans le dos et les étrangle de trois tours de collant après des sévices sexuels d'une rare violence.

 

Un profileur aide les policiers à établir le profil psychologique du tueur. Il leur explique la différence entre sociopathes et psychopathes. Le tueur ferait partie de la 2ème catégorie, la plus dangereuse.  

 

Le problème c'est que le suspect paraît impossible à coincer. 

 

Le sergent Travis ne tarde pas à trouver son chef, l'inspecteur Langton, très séduisant.  

 

On découvre que lors des séjours de Daniels aux Etats-Unis, où il commence à se faire un nom, des prostituées ont été assassinées selon le même MO.

 

Langton et Travis s'envolent pour le nouveau monde afin de recueillir des informations.

 

L'étau se resserre autour du principal suspect...

 

Si le sergent Travis, elle-même fille de flic, n'est pas aussi haute en couleurs que l'était Lorraine Page, ex flic tombée dans l'alcoolisme et la prostitution et de surcroit divorcée et séparer de ses enfants avant de rebondir et de devenir détective privée pour coincer un tueur de...prostituées, Travis n'en est pas moins attachante.

 

Au final le livre se lit sans déplaisir, malgré un démarrage assez lent, grâce à la capacité de l'auteure à donner une véritable épaisseur psychologique à tous ses personnages, même les plus secondaires, qualité que l'on peut peut-être attribuer à la sensiblité féminine voire "féministe" de l'auteure , à quoi s'ajoute un tonalité qui n'appartient qu'à elle. 

 

 

 

 
Par coltrane - Publié dans : Polars
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Jeudi 10 juin 2010 4 10 /06 /Juin /2010 20:21

http://www.images-chapitre.com/ima3/original/959/79959_2655442.jpgL'été approchant (on ne le dirait pas mais nous sommes quand même le 10 juin) j'ai souhaité étoffé un peu ma pile de polars à lire.

 

J'aurais du suivre les judicieux conseils prodigués par actu-du-noir ou Moisson noire mais comme d'habitude je n'en ai fais qu'à ma tête.

 

Mon choix s'est d'abord porté sur Jack Higgins, né en 1930, auteur d'un Luciano (Lucky), indisponible chez Gibert et de L'Aigle a disparu (année de publication ?), adapté au cinéma sous le titre L'Aigle s'est envolé par John Sturges avec Michael Caine et Donald Sutherland.

 

Encore une histoire qui se déroule pendant la seconde guerre mondiale...en rapport avec un certain Winston Churchill. En fait j'ai tout faux : L'Aigle a disparu est une suite paru en 1991 de L'Aigle s'est envolé publié en 1975.

 

J'aurais pu, un peu dans la même veine, m'offrir Enigma de Robert Harris, l'auteur de Fatherland, mais comme je n'avais encore jamais lu Thomas Harris, j'ai plutôt jeté mon dévolu sur Black Sunday (1975), son premier roman, écrit avant la série de romans consacrée au célèbre Hannibal Lecter. Cette fois il s'agit d'une histoire d'attentat terroriste.  


Mon goût pour les histoires sous-marines m'a poussé à choisir ensuite un roman de Michael Dimercurio, lui-même ancien officier sous-marinier, Opération Seawolf (1993).


Pour finir je me suis offert La mémoire dans la peau de Robert Ludlum (1980), qui en 700 pages raconte le début des aventures de Jason Bourne, incarné à l'écran par Matt Damon. 

 

On le voit un choix d'auteurs plutôt classique. Tous spécialistes du best-seller. C'est tellement vrai pour Ludlum qu'après sa mort, en 2001, son nom a été donné à une collection. Il était né en 1927 à New York. On le lit encore aujourd'hui. Avant de devenir écrivain dans la quarantaine, il  s'était fait un nom comme metteur en scène et comédien.

 

Jack Higgins, lui, fait partie de ces écrivains qui ont  enchaîné divers métiers après avoir quitté l'école, pour ce qui le concerne, à 15 ans. C'est grâce à l'armée qu'il découvre son intelligence supérieure (il a un QI de 147) , reprend ses études  puis entame une carrière d'écrivain.  Cet écrivain britannique, né en 1929, est toujours en activité aujourd'hui.

 

Thomas Harris est né en 1940 dans le Tennessee. Il est de la génération suivante. Il a débuté comme journaliste, ce qui est le cas de nombreux auteurs actuels. 

 

Américain comme Harris, Michael Dimercurio appartient à la même génération. Du moins je le suppose n'ayant pas réussi à trouver sa date de naissance.

 

Leurs livres relèvent du Thriller plus que du polar ou du roman noir.

 

J'ai toujours trouvé intéressant de relire aujourd'hui des livres qui à l'époque de leur parution ont été des best-sellers. En fait je préfère en général les best-sellers d'hier à ceux d'aujourd' hui.


Par coltrane - Publié dans : Polars
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