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Vendredi 11 septembre 2009
                                                                                                    
A une époque, être journaliste c’était exercer le plus beau métier du monde.

Surtout si l’on était journaliste d’investigation ou grand-reporter.

On était alors au cœur de l’action et au mépris du danger, partout là où des « événements » se produisaient (des guerres le plus souvent), là où avec les moyens de transports de l’époque, il n’était pas toujours facile de se rendre.

On avait en tête des noms prestigeux, à commencer par celui d'Albert Londres.

Si la profession a toujours eu ses critiques (on a accusé les journalistes de partialité, de diffamation, etc), et c’est bien normal, elle est aujourd’hui décriée.

Bien sûr il y a les aspects un peu « sordides » du métier. Le paparazzi par exemple est vu comme une espèce de prédateur/voyeur.

Et pourtant quel beau métier ! Les journalistes écrivent des articles mais aussi des livres (qui d’ailleurs se vendent bien) qui nous aident à mieux comprendre le monde tel qu’il est.

Bien sûr certains de ces livres surfent sur des sujets à la mode (l'écologie ?) ou bien « raclent » les fonds de poubelles pour alimenter la soif de révélations du lecteur (sur Ségolène ou Sarko...).

En ce jour de commémoration des attentats du 11 septembre, qui ont fait presque 3000 victimes à N. Y. en 2001, je me souviens par exemple du livre particulièrement éclairant d’Eric Laurent sur les coulisses de l’attentat (La Face cachée du 11 Septembre, Plon, 2004).

Le journaliste, contrairement à l’historien ou au « spécialiste », peut plus facilement proposer un traitement transversal du sujet traité.
En plus de la recherche documentaire, il va enquêter, parfois au quatre coins du globe, et rencontrer les divers protagonistes susceptibles d’éclairer son sujet .

Péan et Cohen dans La Face Cachée du Monde brocardait déjà la disparition des correspondants permanents au profit des envoyés spéciaux qui ne restent qu’un ou deux jours sur place et ne peuvent pas « sentir » une situation aussi bien qu'un collègue "résident".

Un article récent du Monde montrait que les photojournalistes ne disposaient plus aujourd’hui des moyens, financiers entre autres, qui étaient, hier encore, mis à leur disposition.

Le journalisme n’est plus ce qu’il était.

Déjà la quasi disparition des journaux d’opinion, à l’exception de l’Humanité, du Monde Diplomatique, de Libération et de Marianne, avait privé les journalistes d’une partie de leur « mordant ».

On y a gagné en objectivité mais perdu en « personnalité ».

Il y a aussi les limites imposés par le politiquement correct et les risques de procès.

Nous sommes dans une époque de consensus, certains disent de consensus mou.
Un mot de travers et vous vous retrouvez devant les tribunaux. C’est ce qui arrive à Péan actuellement avec son livre sur le génocide rwandais
Noires fureurs, blancs menteurs : Rwanda, 1990-1994 (2005,Editions Mille et Une Nuit).

Journaliste à « sang chaud » il s’est peut-être un peu laisser aller avec sa phrase sur les Tutsis et leur culture du mensonge…

Autre écueil, dénoncé par certains, tous les journalistes seraient de gauche, par conviction ou auto-censure, ce qui nuirait à la pluralité de l’information et à l’émergence de la vérité vraie…

On peut quand même être admiratif à la lecture de ces articles (je pense surtout à ceux du Monde) dont la moindre phrase regorge d’informations, au risque parfois d’alourdir le style, et où l’auteur s’efforce chaque fois de replacer le sujet traité dans son contexte, historique et politique.

L’AFP a été accusée récemment de "ménager les pouvoirs en tardant à reprendre des inofmations sensibles".

Il faut dire que presque comme aux beaux jours de l’ORTF, le Président de France Télévisions est à nouveau nommé par l'éxécutif.

Un journaliste, comme un médecin avec le serment d’Hippocrate, doit respecter une charte. Sa première obligation est de vérifier ses informations. On sait que ces vérifications ne sont pas toujours effectuées avec la rigueur voulue. On se souvient par exemple de la fausse information qu’avaient relayé les journalistes du monde entier concernant de prétendus rescapés d’un tremblement de terre (en ex-Yougoslavie ?)…

Internet avec ses multiples sites et autres blogs personnels, devrait selon certains hâter la disparition des journaux et donc des journalistes.

On trouve tout sur Internet, le meilleur et le pire. Les articles d’opinion (ou militants) ont refait surface sur le Web.

De vrais journalistes travaillent sur le net mais l’immense majorité des blogueurs ne prennent sans doute pas toujours la peine de vérifier leurs informations.

En ce qui me concerne j’essaie dans la mesure du possible de vérifier les infos qui émaillent mes « papiers » sur tel ou tel livre, film ou expo. Pour les films par exemple je consulte allociné.

Certaines « erreurs » ou opinions "tendancieuses" sont parfois laissés dans le seul but de susciter des commentaires. En général en vain.

Mais les contraintes qui pèsent sur le blogueur sont beaucoup moins lourdes que celles qui encadrent le métier de journaliste.

Celui-ci rend des comptes à son rédacteur en chef et en retour peut aussi compter sur son soutien (ou pas).

Le journaliste a aussi des documentalistes et un réseau à sa disposition.

Le blogueur est seul. Certes il est en général bénévole et blogue en plus de son labeur quotidien.

Un journaliste, et dans une moindre mesure un blogueur, est un passeur : le journaliste (géo)politique décrypte pour ses lecteurs les arcanes des enjeux de pouvoir, le critique de cinéma replace les films dans le contexte de la production cinématographique actuelle, etc, etc…

On ne saurait s’en passer…
Par coltrane
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Mercredi 4 mars 2009

La vie trop chère est à l'origine des troubles à la Guadeloupe et à la Martinique.

Les habitants de Saint Martin,  petite île proche de la Guadeloupe, eux, ont la solution à ce problème : ils vont faire leurs courses dans la partie hollandaise de l'île.

Les guyanais vont faire leur plein de carburant au Suriname : 1 € 50 de moins à la pompe. Le Suriname est aussi une ancienne colonie hollandaise. 

Tout est importé de métropole, d'où des coups de transports élevés, et de plus certains intermédiaires se "sucreraient" au passage.

La prime de vie chère accordée aux fonctionaires (40%) atteste de cette inflation des prix des produits vendus outre-mer.

La solution, mais personne n'en parle, semblerait être de s'approvisionner aux Etats-Unis, au Brésil, au Mexique, etc. Oui mais voilà : les règlements intra-communautaires ne permettraient pas cela.

Mais les Pays-bas ne font-ils pas partie de l'Europe ? Bien sûr mais le Suriname est indépendant depuis 1975 et Sint-Maarten est un territoire autonome du Royaume des Pays-Bas depuis 2007.

La solution dès lors semble claire : donner à La Guadeloupe et à la Martinique leur indépendance ou un statut qui leur permettent de commercer librement avec leurs voisins !

Par coltrane
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Samedi 28 février 2009

C'est-la-faute-à-la-société.

"Le premier souci des pouvoirs publics est d'éviter toute vague, toute mise en cause d'acteurs économiques de poids ou d'administrations défaillantes" peut-on lire dans Le Monde daté 22-23 février 2009. Rubrique nécrologique (rebaptisée Disparitions, il est vrai que "nécrologique" a un petit coté mortifère assez facheux). Il s'agit d'une citation du chercheur Henri Pézerat qui le premier a révélé la toxicité de l'amiante.

 "Outre que les dividendes politiques de réforme de long terme sont nécessairement différés, on peut s'interroger, en effet, sur la volonté et la capacité du pouvoir politique de transformer les structures sociales qui sont au principe des pratiques délinquantes des jeunes des classes populaires". Là c'est une citation tiré d'un article consacré à l'ouvrage de Gérard Mauger La Sociologie de la délinquance juvénile. Si tout va mal c'est la faute à la société, a t-on envie de dire avec ces deux auteurs.

Ces coups de scalpels dans le flanc de la société et dans le ventre (mou ?) du Pouvoir sont salutaires.  L'autre jour je songeais à tous ces livres qui révèlent les dessous de la CIA. A ce que je sache leurs auteurs n'ont pas été assassinés. Cela prouve qu'au moins on peut s'exprimer. Critiquons notre société tant et plus mais n'oublions pas de nous demander si nous pourrions le faire sous un régime fasciste ou communiste. On peut me rétorquer : ça on le sait ! Mais ça n'empêche que la société est pourrie, etc. En effet ce n'est pas parce qu'on peut dire à peu près librement que la société est pourrie, qu'elle ne peut pas l'être (pourrie).

Et quand je dis "on peut dire à peu près librement" se pose la question de l'accès aux moyens d'information. Evidemment aujourd'hui n'importe quel péquin, moi par exemple, peut créer un blog ou un site sur Internet. Mais quel va en être la portée ?    Françoise Giroud citait dans  La comédie du Pouvoir  Georges Vedel, juriste fameux à l'époque, à propos du socialisme, censé sortir la France de l'ornière : Le socialisme ne s'est jamais accompagné de la démocratie...dans les sociétés libérales, certes les dirigeants sont naturellement hostiles aux droits sociaux mais ils sont obligés en raison de l'existence de forces de contestation puissantes de progresser dans la réalisation de ces droits...". Quand il parlait du socialisme il désignait le socialisme à la soviétique, pas à la française. Au contraire il insiste sur la nécessité des alternances politiques pour faire bouger les choses. Mais dans un cadre préservé. Il ne s'agit pas de tout faire péter mais de réformer.

Et s'il n'évoque que le problème de la démocratie, inutile de dire qu'en matière économique l'URSS, pour ne parler que d'elle, avait 50 ans de retard...J'aimerais bien voir nos jeunes gauchistes (dont je fus), leurs téléphones portables et leurs mp3, soudain transportés dans une riante république socialiste soviétique...mais ils ont sûrement vu Borat, ça donne une idée  ! De même que le couplet sur la liberté d'expression, à quoi bon répéter, comme le faisait déjà remarquer Françoise Arnoud, que le capitalisme (et lui seul) a permis un enrichissement considérable de nos sociétés pendant 50 ans, avec un doublement du niveau de vie à chaque génération ? Bien sûr on en est plus là. Et par exemple, aujourd'hui, nous gagnons souvent moins que nos pères.

Quant au capitalisme mais mon bon monsieur, la crise financière actuelle montre, comme l'avait prédit Marx (je n'aime pas tellement le bonhomme, je parle d'Attali, mais j'ai quand même envie de lire sa bio de Marx, si ça peut m'éviter d'avoir à lire le Capital...), que le capitalisme à justement atteint ses limites ! Eh bien non : c'est le capitalisme financier qui a atteint ses limites et doit être remis en cause (mais souvenons nous que tant que ça fonctionnait tout le monde en profitait, personne ne disait rien, si Rocard en 95, voir  La Suisse Lave Plus Blanc  et quelques autres). Comment ça tout le monde en profitait ? Il est gonflé celui là ! Seule une minorité d'affreux gros actionnaires se "goinfrait" ! Là encore non : tout le monde boursicotait, les petits comme les gros. Bien entendu les gros s'en mettait d'avantage dans les poches, logique, question d'investissement. Ils pouvaient aussi perdre d'avantage. Oui mais perdre une grosse somme quand on est riche c'est pas pareil que etc, etc.

Il faut donc revenir au capitalisme marchand, à l'économie réelle.

Et le Pouvoir ? D'abord  en France l'Etat Providence, même s'il a du plomb dans l'aile, a quand même permis, jusqu'en 2007 tout au moins, de faire encore reculer la pauvreté. Les multiples aides et prestations sociales, dont ne bénéficient pas la classe moyenne (sur le sort de laquelle on pleure d'aillleurs beaucoup en ce moment,  alors qu'elle reste quand même moins à plaindre que la classe...juste en dessous), aident nombre de ménages à garder la tête hors de l'eau. Mais l'Etat Providence ne va plus pouvoir faire comme John Hammond dans Jurassic Park continuer à "dépenser sans compter". Car il est économiquement beaucoup plus efficace d'aider les entreprises : une économie forte créera de la richesse et des emplois, ce qui fera automatiquement reculer la pauvreté. J'ai lu ou entendu quelque part qu'en réalité le premier budget de l'Etat ce n'est pas l'Education Nationale ou la Défense mais les aides aux entreprises. C'est à dire en réalité, plus que des aides directes, le manque à gagner représenté par les "cadeaux" fiscaux et sociaux.  Mais sans ces aides la situation économique serait pire encore. 

Ce que disent les deux auteurs cités plus haut est vrai. Mais la Raison d'Etat n'a pas toujours seulement pour but de protéger l'Etat mais, comme il est dit, des intérêts économiques, ce qui signifie aussi des emplois.

Il y a eu un scandale de l'amiante et il y aura encore des victimes. Il faut dénoncer ces scandales. C'est toute l'importance de ce que Georges Vedel appelle les forces de contestation. Pezerat, bien que travaillant au CNRS,  était bien seul. Mauger s'interroge légitimement sur la capacité des pouvoirs publics à transformer les structures sociales. Il est dans son rôle.

Transformer les structures sociales ! Le fantasme, l'utopie qu'ont voulu mettre en oeuvre, et avec quel succès, les Staline, Hitler et autres Pol Pot. Chaque fois que l'on a voulu "améliorer l'homme", "changer la vie", créer une "société nouvelle" ou "un homme futuriste", cela a abouti à des carnages (2 millions de morts au Cambodge).

Le Monde signale la reparution de l'ouvrage d'Engels La Situation des classes laborieuses en Angleterre dans les grandes villes. Il a écrit ça en 1842. Il serait sûrement frappé par les progrès réalisés, grâce bien sûr aux luttes sociales mais aussi à la démocratie, capable d'évoluer. Les inégalités sociales n'ont sans doute jamais été aussi faibles. Même si les écarts entre les plus bas et  les plus hauts salaires n'ont apparemment jamais été ausi importants que ces dernières années.

Par contre les choses n'ont-elles pas terriblement changées d'elles-même, si on peut dire, avec les années ? Il est vrai qu'en France il a souvent fallu des bains de sang (révolution française) ou des "chahuts" (mai 68) pour que de grands changements aient lieu. D'autres pays, sans couper aucune tête et en conservant leur monarchie, ont évolués tout autant que nous.

Oui il faut faire "bouger" la société. Dans le même journal une sociologue américaine, Saskia Sassen, appelle de ces voeux un nouveau "new deal" dans presque tous les pays, sauf la France qui d'après elle semble de l'extérieur déjà dotée de toutes les infrastructures possibles et imaginables. Il faut prendre ça comme un compliment. C'est loin d'être le cas des USA où 30% des ponts par exemple sont en mauvais état. Jacques Marseille (l'Argent des français) dit aussi que donner des milliards aux banques et aux grandes entreprises ne va pas suffire. Il faut aider les petites et moyennes entreprises en priorité. 

Le rôle des contestataires est donc pimordial mais en aucun cas ils ne doivent parvenir au pouvoir. Encore que Milza  Les fascismes (suite et fin)  signalait que beaucoup de tenants de la nouvelles droite, une fois parvenus dans les cercles du pouvoir avaient mis beaucoup d'eau dans leur vin. Tout de même méfions nous. Continuons à trouver Besancenot sympathique mais évitons de bourrer les urnes en sa faveur. On ne sait jamais.    


Par coltrane
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Vendredi 13 février 2009

On s'attendait presque, il n'y a pas si longtemps, à voir le parti socialiste "exploser".

Il n'en a rien été et dans l'affrontement Royale / Aubry c'est finalement Martine qui l'a emporté, ce qui lui a permis, d'une part de rajeunir de 10 ans (voir billet Cure de Jouvence du 2 décembre) et d'autre part de donner un coup de barre à gauche.

Après la défaite, assez mal digérée, de Ségolène dans la course au poste de première secrétaire, on pouvait presque s'attendre à ce qu'elle quitte le PS avec ses partisans et près de 50 % des militants, pour aller créer un nouveau parti : le PS (le parti de Ségolène). Ça ne s'est pas fait. Mais c'était a un cheveu.

Depuis quand même il y a eu la défection du sénateur socialiste Jean-luc Mélenchon, parti créer le Parti de Gauche avec un millier de sympathisants...

Du coté de la LCR les choses se sont aussi accélérées et en un temps record la Ligue Communiste Révolutionnaire a cessé d'être pour donner naissance au Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) qui revendique 10000 adhérents...

Et les anciens qu'est-ce qu'ils deviennent ? Le parti communiste de Marie-georges Buffet est toujours là bien que réduit à la portion congrue. Quant à José Bové...qu'est-ce qu'il devient ? Lui je ne sais pas trop mais les altermondialistes en tout cas sont toujours là...il y a d'ailleurs eu un contre-sommet récemment...

Bref la Gauche de la Gauche s'étoffe, enrichit son "offre", au risque de l'éparpillement des voix comme en 2002 ? Ces temps de crise financière sont en tout cas propices aux éclosions en tout genre...même si ce n'est pas encore le Printemps...

Par coltrane
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Jeudi 5 février 2009
"Dans le Monde selon K Pierre Péan met en cause Bernard Kouchner...consultant dans le secteur de la santé en Afrique entre 2002 et 2007" (Le Monde du 04/02/2009). J'avais lu avec intérêt La face du Monde co-écrit avec Philippe Cohen critiquant le fonctionnement du célèbre journal du soir. Sans pour autant cesser de le lire. Je crois me souvenir que la courte présentation consacrée à Péan indiquait qu'il avait lui-même été consultant auprès d'un chef d'Etat africain. Cela m'avait d'ailleurs interpellé. En résumé il reproche à Kouchner d'avoir "fait de l'argent" en Afrique. Lui-même était-il consultant bénévole ? Ne pourrait-il pas se voir reprocher les mêmes griefs qu'il développe à l'égard du Ministre des Affaires Etrangères ?
Par coltrane
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