Expos

Jeudi 17 septembre 2009

Tous les amateurs et tous les amoureux de la photographie doivent aller voir l’exposition

Planète Parr au musée du Jeu de Paume.

Et vite parce qu'elle se termine avant la fin du mois !


Ils auront droit aux diverses collections de l'artiste, objets, cartes postales, photographies et même…

plateaux !


Pour ce qui est des photographies, Martin Parr est aussi collectionneur et nous fait profiter de ces collections.


Il a par exemple tenu à montrer des œuvres de photographes l’ayant influencé. On pourrait s’étonner que ne figure qu’une seule photographie, si ma mémoire est bonne, vraiment ancienne :
une photo des bords de Marne, de 1936, signée Henri Cartier Bresson.
 

Les influences de Martin Parr se situent plutôt de l’autre coté du Channel et concernent des photographes qui sont pour la plupart en fait ses contemporains, nés dans les années 40, 50 ou 60.


Le noir et blanc domine mais la couleur s’invite tout de même à partir de la fin des années 60.


Toutes ont en commun un aspect documentaire mais diffèrent selon les personnalités propres, en général très affirmées, de chaque photographe.


MP voyage beaucoup à travers le monde et il a rapporté notamment du Japon de superbes clichés, actuels ou un peu plus anciens.


Une de ces photographies urbaines, très graphique et d’un noir et blanc fortement contrasté, est particulièrement impressionnante, avec son entrelas d'enseignes, panneaux et poteaux télégraphiques et électriques, de même qu’une plus récente qui montre un avion en approche

par dessus une vague. Le photographe s’est forcément « mouillé » pour obtenir pareille image.


Outre le Japon on peut aussi voir, en dehors des photographes de sa majesté, les œuvres de quelques
photographes allemands mais je ne me souviens pas avoir en avoir vu de photographes français.

Quid de la photographie documentaire hexagonale ?


Une autre photographie, de très grand format, signée Jem Southam, qui illustre cet article, montre un bord de mer.

Ce n’est pas une « marine », ni voilier ni bateau de pêche mais les « traces » de l'activité et de la présence humaines ne manquent pourtant pas dans ce paysage à la limite de l’abstraction, dans une composition d'une beauté à couper le souffle...
 

Une autre série grand format, oeuvre de John Hinde, montre un centre de vacances à la fin des années 60, le hall d’accueil et le salon par exemple, avec des couleurs et des motifs très « sixties », les rouges en particulier ressortent d’une manière étonnante (voir ci-dessous, maisla reproduction ne rend pas justice à l'original).


Une autre série s’intéresse un peu dans le même esprit au jeu du loto qui réunit dans des salles immenses, modernes églises, de nombreux joueurs.


Un grand format encore montre des ouvriers du bâtiment rassemblés sous une « arche » et regardant 
le photographe, surmontés par un immeuble en « coupe » destiné à la démolition.


C’est bien la singularité du regard, plus que la diversité des techniques et des formats, qui distinguent ces travaux à caractère documentaire les uns des autres…


A l’étage on pourra découvrir une série photographique de grands format signée par le maître  consacrée au luxe et aux riches, tels qu’ils se montrent et s’exhibent tout autour du globe, dans des rencontres hippiques et autres raouts, par exemple à Chantilly, non loin d’ici …


On pourrait naïvement faire le reproche à l’artiste de mal cadrer ses sujets et par exemple d’appuyer sur le déclencheur alors que le « sujet photographié » vient juste de lever son verre et que du coup
on ne voit plus son visage…


Mais les « erreurs » de cadrage de MP donnent à ces images un côté décalé qui ne nuit aucunement à son propos bien au contraire…


MP collectionne aussi les livres de photographies et on peut aussi en voir, de différentes époques,  sous vitrines.


Un petit film permet à MP de revenir sur son parcours et d’expliquer la genèse de l’exposition d’abord présentée en Allemagne.


J’ai zappé assez rapidement un autre film où MP a fait office de cameraman et dont le générique déjà a terriblement vieilli.


Dehors une autre série se déploie à proximité du musée, dans le jardin des Tuileries, consacrée au tourisme de masse. Moins aboutie à mon sens que Luxury elle offre quand même quelques images savoureuses de « troupeaux » de vacanciers ou de touristes isolés, arborant d'horribles tee-shirts devant la splendeur des pyramides...

 

 

Par coltrane
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Dimanche 13 septembre 2009
Le titre de l'expo, qui était celui du troisième roman-collage de Max Ernst, paru, sans texte, en 1934, renvoie à la fois à un appel à la charité lancée sous la 3ème République et à la Bible...

C'est au Musée d'Orsay, l'un des plus beaux musées parisiens, pour son cadre, pas forcément pour ses collections, que l'on pouvait voir les collages originaux de Max ernst.


Comme à accoutumée, dès lors que l'on a le projet d'aller voir une expo, il faut d'abord faire un détour par le vestiaire, des pancartes très explicites interdisant le port du sac à dos dans le musée.


Par contre le cabas, la sacoche, le cartable, la valise et la malle sont autorisés, si l'on part du principe que ce qui n'est pas interdit est autorisé.


Le temps se rafraîchit et je portais donc une veste. Ce n'était pas inutile sachant que selon le règlement vous devez laisser votre sac au vestiaire mais pas son contenu.


Il est interdit de laisser clefs et papiers dans le sac.

Ni tenant plus j'ai posé la question : vous n'êtes pas assez nombreux pour surveiller ?


La question était malicieuse : ils étaient 4 ou 5, ce qui aurait pu sembler un peu beaucoup, même en ce samedi après-midi.

Mais c'est alors que l'explication m'a été fourni : le problème ce n'est pas les voleurs.

Mais imaginez un peu qu'il y ait, par exemple, une alerte incendie.


Dans ce cas vous devez sortir rapidement du musée et pas question de faire un détour par les vestiaires. Vous vous retrouvez donc dehors sans papiers et sans clés : pas moyen de rentrer chez vous !

C'est tout de même très ingénieux...L'énarque (car à coup sur c'est un énarque) qui a mis au point tout le "process" n'est pas la moitié d'un imbécile.

L'été vous êtes en pantalon et teeshirt, vous devez donc bourré vos poches avec votre portefeuille, votre porte-monnaie, vos clés (voir expo quai Branly).


Solution : mettez un sac dans votre sac. Un sac plastique transparent si vous voulez manifester votre agacement ou un tout autre type de sac (sauf un sac à dos bien sûr).


Vous pouvez aussi demander aux employés du vestiaire si par hasard ils n'auraient pas un sac...


Bref c'est à vous dégoûtez d'aller voir des expos, dans les musées nationaux tout au moins...surtout quand celles-ci sont décevantes...


En effet si les gravures sont présentées dans de jolis écrins, une succession de salles de dimension réduite, chacune arborant la couleur du "livret" d'origine, elles sont également de petites dimensions et en noir et blanc bien sûr, si bien qu'une ou deux personnes suffisent à faire écran.

On ne peut pas dire que les salles étaient combles mais malgré tout il était difficile de s'approcher des oeuvres. Aussi j'ai pris le parti de parcourir rapidement l'expo, qui entre parenthèses même s'il y a plus cher, n'est pas donné : 8 €.

 

Finalement il est plus confortable de regarder les gravures de Max Ernst chez soi sur le net. Quant à moi j'avais déjà pu en admirer certaines dans le fort volume intitulé Ecritures paru en 1970 et qui rassemble nombre des écrits et des images surréalistes du peintre.


Le collage qui illustre ce papier, intitulé Oedipe (4ème cahier, mercredi, élément : le sang, exemple : Oedipe) est l'un des plus beaux et a l'avantage d'être caractéristique : sexe (ou tout au moins nudité féminine) et violence imprègnent la plupart des gravures avec un humour jamais démenti.

 

On a déjà pu voir dans l'exposition Une image peut en cacher une autre, une grande et belle toile de Max Ernst L'europe après la pluie, que voici :


 

 

On dit souvent que nous sommes dans une civilisation de l'image. C'est vrai mais cela ne date pas d'hier. Depuis 1850 en effet, comme cela est rappelé sur le site du musée, l'image sous toutes ces formes, affiche, illustration, publicité, etc, est de plus en plus présente et prégnante.

Max Ernst est déjà un enfant de l'image.

Et c'est avec beaucoup de naturel et de facilité, tout au moins en apparence, qu'il puise les éléments qui vont servir à ces collages dans des gravures du 19ème siècle ou des couvertures de romans policiers.

 

 

Par coltrane
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Vendredi 26 juin 2009
Il ne reste plus que quatre jours pour aller voir cette exposition consacrée au jazz et à ses rapports avec les autres Arts, qui se termine donc le 28 juin.

En ce mercredi après-midi je craignais qu'il y ait foule mais je me suis même économisé le peu de file d'attente en achetant mon billet à un distributeur automatique.

Il sont réservés aux anglophones à ce qu'il semble mais en cliquant sur "Apply" plutôt que sur "Cancel" j'ai finalement pu obtenir un billet. Non pas un billet pour Le siècle du jazz cependant mais pour une manifestation appelée Exposition Temporaire. On m'a quand même laissé entrer, sans mon sac au dos toutefois.

Après être descendu une première fois au 48ème sous-sol (j'exagère mais on ne doit pas être loin du centre de la terre) par des escaliers monumentaux pour accéder aux lieux d'aisance, j'ai donc du remettre ça mais les vestiaires sont un chouia moins profond.
Là il a quand même fallu que je déleste mon sac de tous les objets de valeur et j'aurais bien aimé alors avoir un...sac pour les y ranger.

Qu'à cela ne tienne, j'ai bourré mes poches de pantalons. Je m'étais juré depuis peu de ne plus jamais le faire, m'avisant sur le tard que les clefs et les portables déforment les poches...
Quant on est amateur d'art, il faut savoir payer de sa personne.

Avant de me remplir les poches, j'avais rejoint les lieux en descendant au métro Iéna qui dessert le Palais de Tokyo, le Musée d'Art moderne de la ville de paris et aussi le musée Guimet. C'est donc l'une des stations de métro les plus "artistiques" de Paris.

En sortant du métro il faut prendre l'avenue du Président Wilson et tourner assez vite à droite pour emprunter l'escalier, là encore monumental, qui longe le PdT. Il faut en effet  traverser la seine car le Musée du Quai Branly se situe en fait rive gauche, comme la Tour Eiffel. Pour se faire on doit emprunter une passerelle...monumentale  qui comme il se doit permet de rejoindre l'autre bord.
Avant cela il faut emprunter un passage souterrain fréquenté par ceux qui sachant que les toilettes du musée sont proche de l'enfer préfèrent faire le nécessaire ici...mais juste avant on peut découvrir le jardin sauvage aménagé au pied du palais de tokyo, là où auparavant règnait l'abandon.
L'endroit, confiné entre la masse du palais et le mur de soutien de l'avenue du Pdt Wilson ne manque pas d'intérêt botanique et l'on peut même y voir deux énormes tuyaux façon Beaubourg, sans les couleurs criardes, et malheureusement aussi quelques paquets de cigarettes vides et autres détritus laissés là par des malotrus. Même en plein été ce jardin installé dans un mouchoir-de-poche et que l'on parcourt sur un caillebotis, doit offrir un havre de fraîcheur.

Et si on parlait un peu de l'expo proprement dite ?

Une petite précision pour commencer : l'expo est plus "grande" qu'elle n'en a l'air, avec beaucoup de coins et de recoins et même des mini salles de projection disséminées ici et là. Si on veut tout voir il faut donc avoir un peu de temps devant soi. Conçue de manière chronologique, l'exposition s'organise de part et d'une "timeline", en fait un "mur" d'images qui divise l'espace en deux parties d'à peu près égale grandeur.

L'expo repose avant tout sur la profusion et la qualité des documents présentés : affiches, dessins, tableaux, articles, partitions, pochettes de disques, etc...le tout évidemment en musique. C'est vraiment à un voyage dans le temps que le visiteur est convié.

Il est impossible de dater précisément l'apparition du jazz (comme du Blues d'ailleurs) mais ce qui est certain c'est qu'il s'agit d'une musique hybride, "métisse", née de la rencontre entre un héritage musical africain et les musiques européennes.
Au rang des ancêtres on peut citer les musiques de danses que sont les cake-walk, march & two-steps et bien sûr le rag-time...
Un dessin d'époque, qui montre trois couples en train de danser, un couple de "nègres", un couple de parisiens et un couple de...singes, est ainsi légendé : "Comme quoi les parisiennes tiennent à nous démontrer que nous descendons du singe". On le voit la fascination exercée par ces musiques et ces danses nouvelles est dès le départ matinée de racisme. Une autre de ces danses s'intitule tout simplement Bamboula et une affiche de la Nouvelle Orléans invite, en français, à participer à une "Bamboula Fantaisie pour piano".

Le premier disque de jazz est enregistré en 1917 par un orchestre...blanc, l'Original Dixieland Jazz Band mais on utlise alors le mot "jass". On trouve aussi à l'époque les variantes "jas" et "jaz". 1917 marque aussi la fermeture du quartier de Storyville, toujours à la Nouvelle Orléans, quartier riche en bordels où se produisaient nombre de musiciens, obligés de s'expatrier à New York ou Chicago...

Bien que le jazz soit une musique plutôt joyeuse, une photographie en noir & blanc vient rappeler qu'il ne faisait pas toujours bon être noir au pays de l'oncle Sam. On y voit en effet représenter un lynchage perpétré en 1919 à Omaha.

En europe cette musique est étudiée avec minutie dans la Revue Normande par exemple par un certain E Ansernet.
Jean Cocteau a son orchestre de jazz , Jean Matulka se livre à des variations jazzo-cubistes dans ses toiles et Murnau dans son film l'Aurore montre, avec de savantes surimpressions, un orchestre de jazz blanc (des marins ?) auquel ne manque que le son.
Paul Morand publie, à New York, un livre intitulé Black Magic tandis que Winold Reiss dans ses encres sur papier livre son Interpretation of Harlem Jazz en 1925.
Le photographe carl Van Vechter réalise des portraits très "vivants" de Bessie smith et billie holiday et n'hésite pas à poser à coté d'ethel werther, les yeux dans les yeux.

Dudley Murphy en 1929 convoque Duke ellington et son orchestre popur son film Black and tan dans lequel le compositeur s'installe avec son piano et ses musiciens au chevet d'une très jolie jeune femme noire, gravement malade pour l'accompagner en musique jusqu'a son dernier soufle..

Francis Scott Fitgerald célêbre les Tales of the jazz age. C'est la musique de la "génération perdue", à cause entre autres de la première guerre mondiale, à laquelle il appartient.  Le charleston et avant lui le fox-trop font leur apparition.

De l'autre coté de l'atlantique Fernand léger peint le "jazz", tandis que Joséphine Baker installe sa revue nègre au coeur des années folles.
Van dongen la transfigure dans sa toile "Au bal Nègre".
Et mario pupo réalise une affcihe gigantesque pour Jack hudson and his band.
Une autre photographie montre que le lynchage reste un spectacle familial.
le jazz est considéré par les nazis comme une musique dégénérée mais les zazous en raffolent.

On peut voir dans l'expo une double page de BD de 1945 étonnante de modernité dont l'auteur Guido Crepax influencera considérablement Munoz et Sampayo, également présents dans l'expo.

kupka peint ses Jazz Hot 1 et 2, Boris Vian ramène sa science et on invente le 33 tours qui donnera naissance à un art à part entière s'exprimant sur un carré de 30 cm par 30 cm : la pochette de disque.
On peut voir dans l'expo des pochettes dessinées avec talent, dans la deuxième moitié des années 50, par un certain...Andy Warhol.
Stuart Davis et David Stone Martin ont eux aussi réalisés, dans le même format 30x30, des chef d'oeuvres.

Après CVV c'est au tour de Roy Decavara de photographier avec sensibilité, toujours en N&B, John Coltrane, Elvin Jones, Ornette Coleman ou Aretha Franklin.
Avec "Les Musiciens, souvenir de Sidney Bechet", Nicolas de Stael fait chanter ses couleurs sur une toile au format imposant.
Le jazz a aussi été à partir des années 40, la musique des poètes de la beat generation (Kerouac).
Un extrait de Dare-Dare dans une vitrine donne envie de relire les polars "harlemiens" de Chester Himes.
Basquiat rend hommage au jazz à sa manière et c'est encore un lynchage (en 1998 !) qui inspire le film "Guitar drag".
Quant à Jeff Wall il s'inspire du roman After Invisible Man de Ralph Ellison pour sa photographie grand format en couleur, Prologue, dans laquelle on peut voir un n...pardon un afro-américain assis devant un tourne-disque sur lequel tourne à n'en pas douter un bon vieux disque de jazz, dans une pièce sans fenêtre, encombrée de birc à brac, et avec plusieurs centaines d'ampoules illuminées suspendues au plafond....
  
   
Par coltrane
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Dimanche 19 avril 2009
Situé en bordure du parc monceau, le Musée Cernuschi propose en ce moment une exposition intitulée : Six siècles de peintures chinoises.

Le ticket de l'expo permet aussi l'accès aux collections permanentes du musée et l'on aurait tort de s'en priver.

D'autant que l'exposition ne rassemble pas autant d'oeuvres que son titre pourrait le laisser penser.

De plus c'est dans le musée proprement dit que l'on peut voir un petit film consacré à l'exposition et en particulier à la restauration d'une des oeuvres, que l'on peut voir à l'entrée de l'exposition.

Wen Zhengming (1470-1559) nous convie à une Réunion au pavillon des Orchidées. Tandis que Fang Cong nous offre un Paysage (1770).
Dong Xu (fin 18ème, début 19ème) nous fait découvrir le roi des démons Zhong Kui.

Plus proche de nous Qi Baishi (1863-1957) et  son ensemble Roseau, Poisson, Corbeau à collier, Petits Poussins.

Les "modernes" veulent retrouver la dimension originelle du trait, sa puissance expressive, dans une "transposition des modèles épigraphiques"   (inscriptions sur des matières non putrescibles comme la pierre...).

Pu Quan (1913-1991) renoue avec la tradition du Paysage.
Qi Baishi avec celle de la représentation des animaux, La Pie ou des fleurs, Lotus Rouges.

Quant à Wu Zuoren il propose une ambitieuse Histoire du Thé, encre et couleurs sur papier (rouleau).
Caravanes de yacks, famille tibétaine autour d'un feu, tentes tout juste esquissées forment u
ne fresque dont les couleurs en aplats et les figures sans contours sur un fond blanc évoquent davantage les caractéristiques de l'aquarelle que de l'encre...  

Le Musée offre une impressionnante collection de sculptures et d'objets, notamment en terre cuite, tels que Cinq des 12 animaux calendaires, hommes à têtes d'animaux ou un étonnant Orchestre de 8 cavalières musiciennes...   
Par coltrane
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Mercredi 4 mars 2009
Il était intéressant de voir le même jour, c'est à dire aujourd'hui même, trois expositions de photographies très différentes, correspondant à trois époques, des débuts du XXème siècle au début  du 21ème. La collection Albert Kahn est à l'honneur actuellement à travers la programmation que la chaîne culturelle Arte consacre depuis la semaine dernière, tous les jours à 18h15,  aux  "archives de la planète" du célèbre banquier, mort ruiné, sans avoir perdu son optimisme, en 1940. Pacifiste convaincu, Albert Kahn conçu et réalisa le projet "pharaonique" qui consista à envoyer des photographes et des cameramen aux quatre coins du monde, afin de conserver la trace, en images et en couleurs, des us et coutumes de peuples, dont la révolution industrielle risquait d'accélérer sinon la disparition du moins celles de leurs usages. Dès la commercialisation du premier procédé couleur fiable, l'autochrome, Albert Kahn se l'approprie. Qu'on y songe : il y a seulement une dizaine d'années on ne voyait la deuxième guerre mondiale qu'au travers d'images, films et photos, en noir & blanc. Jusqu'à ce qu'on retrouve et qu'on commence à montrer des documents en couleurs. Pour la première guerre mondiale c'était bien sûr pire encore. Albert Kahn lui a photographié, ou fait photographier la guerre 14-18 en couleurs. On a pu s'en rendre la semaine dernière sur Arte. Les adeptes de la photographie comme Art n'ont longtemps jugé artistique que la  photo en n&b. Seulement le monde qui nous entoure est en couleurs.

L'exposition présentée jusqu'au 8 mars au Musée Albert-kahnn à Boulogne (accessible en métro) a pour thème l'Inde ou plutôt comme on disait à l'époque les Indes. Deux opérateurs y sont envoyés successivement en 1913 et en 1927. L'un d'eux s'intéresse aux Maharajah éclairés et progressistes et au poète Rabiranah Tagore (premier prix nobel de Littérature asiatique). L'autre photographie le peuple dans toute sa diversité. C'est un remarquable travail documentaire. Quoi de mieux que des photographies en couleurs pour ressuciter un passé révolu ? Il n'est pas ici question de faire de l'Art mais de témoigner. Cela n'empêche pas les opérateurs d'avoir le sens du cadre. Lorsque Stéphane Passet photographie 2 porteurs d'eau, ceux-ci regardent l'objectif mais ne prennent pas pour autant la pose. Il ne s'agit pas de clichés "volés". C'est seulement dans les scènes de groupe que l'appareil photo semble se faire totalement oublier. Très vite on se demande où sont les britanniques. Ils sont là, mais plutôt discrets, lorsque le maharajah Jagatjit Singh fête ses 50 ans de règne. On apprend beaucoup sur l'histoire du pays tout au long de l'expo et les détails ethnographiques ne manquent pas, tels que la crémation à la bouse de vache moins onéreuse que la crémation au bois. A l'heure du triomphe au cinéma de l'excellent Slumdog, l'exposition Infiniment Indes permet de se plonger dans le kaléidoscope d'une Inde qui par bien des côtés n'a pas beaucoup changé. Certains villages de cases pourraient faire croire que l'on est plutôt sur le continent noir. Si les opérateurs préfèrent en général la clarté ils ne dédaignent pas parfois un effet de contre-jour dans une ruelle de Peshawar ni l'abstraction d'un claustra de marbre (mausolée de Salim Chishti) ou "la férie de l'art indo-musulman" dans le palais des miroirs à Lahore. Des petits films en noir et blanc complètent l'exposition et si on ne peut pas y aller, des livres consacrés aux Archives de la Planète permettent aussi de voir ces incroyables images des temps passés. 
On avance dans le temps avec Robert Frank et Les Américains, mythique série, elle aussi destinée à témoigner, qui a pour but de "documenter visuellement la civilisation américaine". Nous sommes à la fin des années 40 et au début des années 50. Mais toutes les images sont en noir & blanc (voir explication plus haut). On a beaucoup insisté sur la tristesse et la "poésie tragique" (comme l'écrit Jack Kerouac) de ces photographies mais on y voit aussi des américains sourire, jouer, s'aimer...D'autres photographes ont présenté un visage plus sombre encore de l'Amérique 70'. Le choc de la photographie américaine   RF n'hésite pas à "couper" les têtes, ces cadrages sont parfois approximatifs mais ses "noirs" toujours très profonds. Entre 1949 et 1952 il est à Paris et photographie, au petit matin, une ville brumeuse; surprend, au sortir du métro (?) une Zazie (Queneau) qui le toise, les mains sur les hanches ou des serpentins sur les épaules d'un homme dont on ne voit que le dos...On s'interroge parfois sur le sens de ce que montre ces images dépourvues de légende. Là aussi des petits films en noir et blanc présentent un autre aspect de l'oeuvre de Frank.
Place à la photographie contemporaine avec Sophie Ristelhueber, également exposée au Musée du Jeu de Paume. Divisée en plusieurs parties, l'exposition montre quelques photos grands format d'une (affligeante ?) banalité (2 lits, une table de chevet et un papier peint d'un autre âge) qui semblent participer d'une veine autobiographique. Ensuite c'est une mosaïque de photographies de très grands format montrant en "creux" et vues d'hélicoptère des traces de la Première guerre du Golfe sur la surface du désert. Un char renversé sur le coté fait curieusement penser à un appareil photographique. D'autres images géantes encore montrent des corps recousus. 
Des photos d'un format beaucoup plus réduit montrent Beyrouth en ruine. Une des photos, avec colonnades, évoque irrésistiblement De Chirico, auquel une grande exposition est actuellement consacré à Paris.      
      

Par coltrane
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