Lu dans la Presse

Mardi 14 avril 2009
Marc Riboud a 85 ans et il est photographe.
En 1955 il part en Asie.
D'abord l'inde puis la Chine.
Il ne voit rien des atrocités du régime de Mao. "Je venais de passer un an en Inde où j'avais vu la pire des pauvretés, alors qu'en Chine je voyais des gens travailler".
Il ajoute " Les grandes révolutions passent par là".
Si on prend le temps de s'y arrêter, cette phrase est lourde de signification.
Tout d'abord il légitime les révolutions.
Mais on pourrait dire que les révolutions n'ont pas à être ou pas légitimées : elles ont lieu un point c'est tout.
Pour autant rien n'interdit de les juger après coup. La révolution chinoise pour Riboud a plutôt été une bonne chose. Les atrocités sont finalement le lot de toute révolution, semble-t-il dire. Ce n'est pas pour ça qu'il faut jeter le bébé avec l'eau du bain. 
A 85 ans, il n'a toujours pas compris. Il dit même "déteste(r) la Chine d'aujourd'hui, les excès du capitalisme". Mao, revient !

Dans les colonnes du même journal l'historien Stéphane Courtois nous disait qu'il ira voir Katyn le film d'Andrzej Wjada sur le massacre pendant la seconde guerre mondiale d'une grande partie des officiers polonais par les Russes, dont le propre père du cinéaste a été victime. L'historien rappelle aussi sur une radio que ce massacre n'a été que la partie émergée de l'iceberg.

Il est urgent de lire Le Livre Noir du Communisme dirigé par Stéphane Courtois qui publie une suite Du Passé faisons Table Rase (c'est aussi le titre d'un excellent polar de Thierry Jonquet signé à l'époque Ramon Mercader, du nom de l'assassin de Trotski).

Pour faire  "contrepoids ", et ne pas être sectaire, on pourra lire avec intérêt, sur la toile, ce que Gilles Perrault écrivait dans Le Monde  Diplomatique en 1997 à propos du Livre Noir...Gilles Perrault, pour qui le Livre Noir du Capitalisme s'écrit tous les jours sous nos yeux et dans nos vies...

Stéphane Courtois qui a pourtant participé aussi au Livre Noir de la Révolution Française a pourtant des indulgences pour la Terreur en affirmant que dès 1792 elle était terminée...

Terminons avec Léon Blum, en 1939 : " Ah ! Ils (les bolcheviques) auront décidément tout dégradés ! Avant tout que la faillite effroyable du bolchévisme (le communisme russe) ramène les esprits pervertis ou égarés aux vieilles idoles, (...) la liberté, (....) la justice, (...) le progrès humain...".   


 
Par coltrane
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Dimanche 7 décembre 2008
On croyait être mal barrés, nous autres qui appartenons aux générations nées après 1955, mais il y a finalement une raison au moins d'espérer. Certes nous allons devoir travailler jusqu'à 70 ans mais on apprend grace au Monde sorti samedi dernier qu'après 40 ans on devient de plus en plus heureux et que cela culmine entre 65 et 70 ans. Pourvu qu'on arrive jusque là ! Je savais déjà qu'après 40 ans l'organisme secrète moins de je ne sais quelle substance anxiogène. Et moi qui ait 45 ans je peux témoigner qu'effectivement je suis moins sujet à  la déprime par exemple qu'auparavant. Mais de là à penser que le bonheur (contrairement à la valeur) attend le nombre des années...
Donc jusqu’à 40 ans on est de plus en plus malheureux, ensuite ça s’inverse : on est de plus en plus heureux.
C'est une très bonne nouvelle parce que ce qui tout aussi certain c'est que financièrement, donc matériellement, ce sera très dur. Nous serons même, dixit le sociologue Louis Chauvel, des "serial victims"." Après le chomâge et les bas salaires", nos retraites seront rachitiques. On sera super heureux mais sans le sou ! Quand on dit que l’argent ne fait pas le bonheur !
Par coltrane
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Vendredi 5 décembre 2008

Dans le Monde daté 30/11– 01/12, que je n'ai d'ailleurs pas encore terminé, la rubrique décryptages (Grand entretien) propose une interview de Donald Morrison, auteur d’un article et d’un livre sur le déclin de la culture française.

La première chose qui frappe c’est que contrairement à l’habitude le journaliste du Monde s’exprime autant sinon plus que l’interviewé. Il faut dire qu’il s’agit de Josiane Savigneau, l’ancienne patronne du monde des livres, retournée depuis à la "vie civile". Elle était à son tour interviewée il n’y a pas si longtemps sur France culture à l’occasion de la sortie de son dernier livre. Elle avait évoqué le mal fait par le livre paru en 2003 qui critiquait le fonctionnement du journal (La Face cachée du Monde, Pierre Péan/Philippe Cohen). D’après mon souvenir les auteurs ne sont pas tendres avec elle. Ce qui est intéressant en revanche c’est qu’elle contredit sans arrêt son interlocuteur et lui fait dire plusieurs fois des choses du genre « c’est vrai je n’aurais pas du dire ça…je n’aurais pas du citer ce livre là, etc… ».

Sur le fonds néanmoins il n’a sans doute pas tort : l’aura de la culture française à l’étranger s’est réduite comme peau de chagrin et les œuvres intelligentes sont chez nous toujours élitistes. Tandis que les auteurs américains, eux, sont moins nombrilistes, plus ouverts sur le monde.

Si j’essaye de réfléchir un peu à mes propres lectures, il faudrait que je fasse des statistiques, mais je suis obligé d’admettre que je lis d’avantage d’auteurs américains que français. Mais en cette matière il ne faut pas négliger non plus ce qu’on appelait jadis l’impérialisme culturel américain. La culture américaine exerce une attraction certaine et pas seulement au cinéma.

                                                                                                                                                                                                                                           En ce qui me concerne j’ai été passionné à l’époque par un auteur comme Jean Philippe Toussaint publié par les éditions de minuit (on m’avait offert 3 ou 4 de ces livres, du kafka en plus léger si l’on veut) ou Jean Echenoz chez le même éditeur (mais je n’ai lu qu’un seul de ces livres).

Emmanuel Carrere (la Moustache), Cauwelaert, Andre Balland, Bruno Bontempelli, Frédéric Chouraqui, Marie Darrieussecq, Marc Dugain, Jean Rouaud, Beigbeder...je n'ai lu qu'un seul livre de ces auteurs et j'en suis resté là.

Parfois parce que le 2ème m'est tombé des mains. Cela a été le cas avec Beigbeder dont je n'ai pas pu lire l'un des premiers livres alors même que j'avais beaucoup aimé son bouquin sur le 11 septembre.

En revanche j'en avais lu plusieurs (au moins 2) de Celine, Cendrars, Regis Debray, Philippe Djian, Giono, Raymond Guérin, Hervé Guibert, Tony Duvert, Louis Guilloux, Houellebecq, Henri de Monfred, Dominique Noguez, Daniel Pennac, Georges Perec, Raymond Queneau, Michel Rio, Jules Romain, Bernard Werber...

Mais je suis encore plus fidèle aux auteurs américains : Conrad (2 seulement), Paul Auster (2 aussi), Nicholson Baker (2), Russel Banks (2 ou 3), Fitzgerald (2), Richard Brautigan (4), Burroughs (3), Bret Easton Ellis (4 ou 5), Patricia Highsmith (8), Christopher Isherwood (2 ou 3), Kerouac (5),  Amistead Maupin (3 ou 4), Thomas Pynchon (4),  Hubert Selby Jr (3),  Tom Wolfe (4)...Et je n'aborde ni le polar ni la science-fiction ni l'espionnage, là c'est encore pire, même si j'ai beaucoup lu certains auteurs français comme Manchette ou plus récemment Thierry Jonquet.


C'est vrai que ma politique, même si j’ai des auteurs de chevet, consiste à essayer de découvrir le plus d’auteurs possibles. Je lis donc rarement 2 livres du même auteur à la suite.

Un américain comme Nicholson Baker a pour sujet de prédilection son nombril mais il en parle tellement brillamment et avec tellement d’humour que c’est un vrai plaisir de le lire. Il a d’ailleurs évolué vers plus de simplicité (et un nombre de pages moins important) de La Mezzanine, une journée dans la vie d’un employé de bureau confronté aux problèmes existentiels du quotidien, livre bourré de notes en bas de page, à La boite d’allumettes, petit bijou sur la crise de la quarantaine.

En ce qui concerne le déclin on pourrait dire que s’il n’était que culturel on pourrait s’estimer heureux mais il est aussi économique, politique (intérieure et extérieure ?), etc.…En ce qui concerne le cinéma, la musique, les arts plastiques, l’Amérique est sans doute également hégémonique. Bien que j’ai vu récemment les français (et belge) Bazbaz et Arno en concert, l’expo Villeglé et celle consacrée aux nouveaux réalistes (Arman, etc.).

En fait j'ai un peu dévié de mon sujet et à travers mon propre exemple pointé le déclin de la culture française non pas vis à vis de l'étranger mais vis à vis des français eux mêmes...On pourrait aussi aborder le thème du déclin des intellectuels hexagonaux. Sartre par exemple était à la fois un philosophe, un grand intellectuel, mais également un écrivain, romancier et auteur de théâtre. Mais il est vrai aussi que la "main-mise" des intellectuels de l'époque coïncidait avec une très forte emprise idéologique...

Je me rend compte en me relisant que j'ai été moi aussi très nombriliste...   

Par coltrane
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Samedi 22 novembre 2008
Je referme à peine Les Fascismes de Pierre Milza que je m'aperçois, avec retard, qu'il figure au "sommaire" du Monde daté 16/17 novembre. Sous la forme d'une interview il s'y livre à un exercice  un peu douteux de comparaison entre Nicolas Sarkozy et...Napoléon III. C'est à la page 15 rubrique Décryptages/Grand entretien et  titré Sarkozy, Napoléon III, même combat ? Dans le chapeau, prévenant les critiques, le journaliste indique que l'exercice est fréquent mais que "ces allers et retours entre le présent et le passé" peuvent s'effectuer avec finesse et nuance. Apparemment Pierre Milza ne vient pas de publier de nouvel ouvrage puisque celui qui est cité, une biographie de Napoléon III, date de 2004. Le contenu de l'article nous apprend ou nous rappelle pas mal de choses (l'épisode mexicain sous napoléon III) mais à la question portant sur le rôle des épouses la réponse est un peu courte. Céclia a libéré les infirmières bulgares, "Carla devrait jouer un rôle de ce type". Il me semble que Carla Bruni sert d'alibi de gauche (et aussi culturel) à Sarkozy. C'est elle par exemple qui prend la défense de Marina Petrella (ex brigade rouge) menacée d'extradition. Et elle a pris d'autres positions de ce type...  
Par coltrane
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Dimanche 19 octobre 2008

Dans Le Monde daté 19/20 octobre Jacques Mandelbaum livre en page 2 son analyse sur la vogue actuelle des rebelles au cinéma. Outre qu'il nous donne envie de voir les 2 films consacrés à Coluche et Mesrine  bientôt sur les écrans, il rappelle l'existence, sur le même thème, de films récents, A Tout de Suite (Benoit jacquot, 2004), Le Dernier Gang (Ariel Zeitoun, 2007) ou Sans armes ni haine ni violence (Jean-Paul Rouve, 2008). Des 3 c'est le moins connu, le film de Benoit Jacquot (avec Isild Le Besco, que j'ai d'ailleurs vu l'autre jour à la piscine) que j'ai le plus envie de voir. L'auteur nous montre surtout qu'il considère que nous sommes dans une période prérévolutionnaire, ainsi que l'a affirmé Georges Pébereau (ancien président de la Compagnie générale des eaux) le 17 septembre dans les colonnes du journal. D'après lui ce sont "les cadres et d'une façon générale les classes moyennes (qui) seront demain comme les bourgeois naguère les catalyseurs de la révolution. A l'évidence pour Mendelbaum la remise sous les verrous de Jean-Marc Rouillan, fondateur d'Action Directe, va dans ce sens. Le pouvoir craint-il que Rouillan fasse des émules ? Ou tout simplement celui a-t-il tenu des propos inacceptables ? Celui-ci n'a jamais émis le moindre doute sur son passé terroriste (certains diraient "militant") ni manifesté de remords ni de regrets à propos des assassinats de René Audran et Georges Besse.  Quelques pages plus loin on apprend que Sabrina Rossa fille de Guido Rossa assassiné par les brigades rouges est choquée par le refus de la France d'extrader Marina Petrella alors même que 30 ans après elle "tend la main à l'un des assassins de son père", estimant qu'il "a passé 28 ans en prison et (qu'il) a donc droit à la liberté". Peut-être aussi a-t-il admis s'être fourvoyé à l'époque et manifesté des regrets sincères ? Il  y a un autre film à revoir : Les cents jours de Palerme de Giuseppe Ferrara (1984) dans lequel le général Dalla Chiesa (Lino Ventura) mène la lutte contre la mafia après s'être attaqué aux brigades rouges.     

 

Il est question en page 4 du "paquet forêt". Interviewé le ministre brésilien de l'environnement  annonce 5 millions d'hectares supplémentaires pour l'éthanol. En précisant que cet éthanol doit être complètement vert (pas d'engrais chimiques, etc ?) Le brésil peut se le permettre mais certains experts pensent que le développement des biocarburants se fait au détriment des cultures vivrières... 

 

Page 9 un gros titre : Discipliner les rémunérations colossales de Wall Street. En effet certains pensent que ces rémunérations ne sont pas pour rien dans les prises de risque inconsidérées des banques avec les "actions pourries". Cela rappelle néanmoins une vieille lune : l'idée que les gros salaires représentant plusieurs milliers de SMIC sont choquants et que si on les redistribuait aux plus pauvres cela…représenterait des clopinettes. Cette vérité mathématique n'empêche pas de penser effectivement qu'il n'est pas sain de distribuer des parachutes dorés à des dirigeants qui ont échoués. Mais si un pays entreprend de réglementer dans ce domaine est-ce qu'il ne deviendra pas difficile de trouver des grands patrons, qui n'auront qu'à aller voir ailleurs, là où les rémunérations sont les plus élevées ?

 

C'est Nouriel Roubini, un des rares économistes à l'avoir annoncer, qui est chargé de décrypter la crise, en page 13. Au début du 2èmeparagraphe il est question de "ce fils d'un marchand de tapis né à Istanbul" et au début du 4èmeparagraphe de "ce fils d'Iraniens aisés". Les 2 propositions sont certainement vraies mais donnent 2 images fort différentes.

Par coltrane
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