Films de guerre

Mardi 19 mai 2009
Si l'on s'intéresse à la bataille des Ardennes, deux films au moins permettent de se faire une idée de ce que fut cette bataille importante, sinon décisive, de la 2ème guerre mondiale : Bastogne dont j'ai parlé ici  Potter, Klute, Bastogne, Indochine, la Victoire en Chantant... et La Bataille des Ardennes, réalisé en 1965 par Ken Annakin.
 
Les titres de ces deux films sont en eux mêmes riches en enseignement : Bastogne s'intéresse 
aux combats qui ont eu lieu autour de cette localité des Ardennes, tandis que
La Bataille des Ardennes, plus ambitieux, au moins dans son propos, semble s'intéresser à la bataille dans son ensemble.

En réalité c'est surtout la bataille de chars qui a les honneurs du film.
S'il nous transporte sur le champ de bataille, auprès des fantassins, il ambitionne aussi de montrer ce qui se passe au sein des états majors alliés et allemand.

Malgré un casting conséquent (Henri Fonda, Robert Ryan, Charles Bronson, Telly Savalas, Robert Shaw...) le film ne convainc pas totalement mais il offre malgré tout, en plus de la dimension guerrière, un éclairage sur l'idéologie nazie assez intéressant.

Un général allemand reçoit dans son QG dissimulé dans un bunker, sous une ville à peu près entièrement détruite, le colonel Hessler, appelé à commander un des bataillon de chars, fers de lance de l'offensive.
Il lui explique que la guerre arrive à un tournant. Nous sommes en hiver 1944.
D'après lui le V2, remplaçant du V1, achèvera de détruire Londres (déjà détruite à 20%) tandis que le nouveau char sera 2 fois plus puissant que son équivalent américain.
De surcroit d'ici à 9 mois un chasseur à réaction sera au point qui redonnera à l'Allemagne la suprématie aérienne !
 
Les bombardements massifs des villes allemandes n'ont selon lui aucunement entamé le moral du peuple et les jeunes recrues sont tout aussi déterminées à se battre que leurs ainés.
Bel exemple d'aveuglement et de fanatisme "nazis".

Plus tard l'aide de camp du colonel, un simple soldat plus lucide que bien des offciers, demande à son supérieur quand la guerre va t-elle enfin se terminer et quand il pourra retrouver ses fils, soldats comme lui.
Hessler lui répond que jamais la guerre ne se terminera, qu'ils pourront continuer à porter l'uniforme et que le monde n'est pas près d'être débarassé des nazis.  
Plus tard, l'aide de camp, outré, demandera une nouvelle affectation.

Bien photographié le film a néanmoins vieilli et il est assez aisé de faire la différence entre les scènes d'extérieur tournées en studio (vues rapprochées) et les autres, plutôt des vues d'ensemble.
De même lorsque les personnages sont dans des véhicules, la technique qui consiste à faire bouger le véhicule devant un écran où défile le paysage se voit un peu trop.

Pour le reste, la jeunesse des tankistes allemand répond à la jeunesse des recrues américaines pour lesquels la victoire est si proche qu'ils se sentiraient presque en vacances...autant dire que l'attaque des blindés allemands les surprend...

Quelques personnages hauts en couleur agrémentent le film tel que le sergent tankiste joué par Savalas plus préoccupé par ses trafics que par la guerre jusqu'à ce que sa bonne amie française se fasse tuer... 
On a aussi droit à la fameuse scène, assez terrible, durant laquelle les allemands mitraillent leurs prisonniers américains dans une clairière enneigée.

En fait l'offensive est formée de 5 colonnes de blindés réparties sur 80 kms mais le film ne s'intéresse qu'à l'une d'elle commandée donc par le colonel Hessler.

Les allemands parachutent aussi derrière les lignes alliées des agents bilingues déguisés en membres de la police militaire américaine et chargés d'empêcher la destruction d'un pont essentiel pour le dispositif.
Leur mission d'ailleurs réussira.

Le film montre bien en outre la supériorité du char tigre sur le shermann dont les tirs entament à peine le blindage du tigre.

Dans le générique de fin il est indiqué que le film ne relate pas forcément tous les faits historiques mais offre une synthèse fidèle à l'esprit de cette bataille.
Il est question aussi d'un million d'hommes engagés dans cette bataille, sur un front, je le rappelle, de 80 kms. Si c'est bien le cas, on n'en a jamais la notion à l'écran.

J'ai déjà émis ici l'hypothèse que les années 60 n'ont pas donnés de grands films de guerres.
Mais évidemment on peut me contredire, les commentaires sont d'ailleurs fait pour ça !
Ainsi j'avais été déçu par Les Canons de Navarone (1961) et en effet mes films de guerre préférés, par exemple Un Pont trop Loin (1977) ou L'aigle s'est envolé (1977 aussi !) n'ont pas été tournés durant cette décennie.
C'est d'ailleurs vrai aussi de Bastogne (1949) que je recommanderais donc plutôt à ceux qui veulent "revivre" l'une des grandes batailles de la guerre 39-45.
 
Par coltrane
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Jeudi 8 janvier 2009

Ted Kotcheff s'est surtout illustré en réalisant de main de maître le premier volet de Rambo (1982) co-écrit et interprété par Sylvester Stallone. L'année suivante il signe un nouveau film de guerre ayant pour sujet la guerre du Vietnam : Retour pour l'Enfer, avec en haut du générique, Gene Hackman. Le colonel Rhode entreprend de réunir des vétérans du Vietnam pour aller récupérer son fils prisonnier alors que des pourparlers sont en cours...Malheureusement la mise en scène, bâclée, n'est pas à la hauteur et le spectacle est largement gâché.      
Par coltrane
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Vendredi 2 janvier 2009
Sans Retour (Southern Comfort) réalisé en 1981 par Walther Hill (48 Heures) se déroule entièrement dans le bayou Louisianais et on bien content d'être au sec pour profiter du spectacle (très belles images) pendant que neuf soldats de la Garde Nationale en mission d'entraînement y pataugent en butte à des cajuns peu amènes bien décidés à décimer la petite troupe. Maintenant vous pouvez respirer. Le casting est plutôt impressionnant, que les acteurs soient connus ou pas  : David Carradine, Fred Ward (L'Etoffe des Héros, Short Cuts), Peter Coyotte (mais c'est la première victime), Powers Boothe (La Forêt d'Emeraude)... Spécialiste du film d'action Hill avait signé en 1980 un film au scénario assez proche mais qui a eu à subir les foudres de la censure : Les Guerriers de la Nuit, étonnant périple  nocturne mettant en scène un Gang de jeunes, les Warriors, à New York, adapté d'un livre beaucoup plus violent encore de Sol Yurick, qui transpose à notre époque L'Anabase de Xenophon .  
Savez-vous que les écrans plasma consomment d'avantage d'énergie et rejettent bien plus de CO2 que les bons vieux écrans cathodiques ? A vrai dire je viens juste d'apprendre que les écrans rejettent du CO2. En ce qui me concerne j'ai encore mon vieil écran catho. Pour une fois c'est l'équipement le plus ancien et le moins avancé technologiquement qui obtient la "prime" écolo.
En cherchant des infos sur les livres Mafias : l'industrie de la peur et Le Monde des Mafias, je suis tombé sur un rapport très intéressant mais qui ne doit pas être tout récent d'une commision d'enquête de l'Assemblée nationale
sur la Corse qui décrivait une situation "pré-maffieuse" (mais je n'arrive pas à le retrouver aujourd'hui) . Et sur un autre
du Sénat sur la sécurité en Corse (senat.fr/acces rapide/rapports/rapports de commission d'enquête) également très édifiant.
Bonne année 2009 !
   
Par coltrane
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Dimanche 23 novembre 2008

Christophe de Ponfilly, documentariste reconnu (Massoud l'afghan) décide au début des années 2000 de raconter l'histoire d'un soldat russe fait prisonnier par les combattants afghans puis relâché après quelques mois par le commandant Massoud.  Il réalise alors son premier film de fiction, L'étoile du soldat, qui sortira en 2006 à titre posthume, CdP s'étant donné la mort quelques temps avant à Rambouillet. On pense tout de suite à un autre film de 1988, américain celui-là, dont l'argument est le même, La bête de guerre avec Jason Patric. Il s'agit d'un bon film de guerre qui montre assez bien le quotidien de l'équipage d'un char russe pendant le conflit afghan. Mais le traitement est assez différent.

CdP filme en journaliste (mais aussi on le verra en cinéaste) et il a d'ailleurs un alter ego dans le film en la personne de Vergos lui aussi journaliste français, aux cotés des résistants afghans. En 2001 il est de retour en Afghanistan lorsque les tours du World trade center s'écroulent. Le commandant Massoud vient tout juste d'être tué dans un attentat. A un moment vers la fin du film la voix off (Philippe Caubère) nous dit que les plus de 2000 victimes de New York s'ajoutent au 1 million et demi d'afghans sacrifiés et aux 13000 soldats russes tués. Devant la caméra de Vergos un commandant afghan se demande "pourquoi les américains aident ces fous d'arabes et de pakistanais ?". En effet la CIA finançaient des islamistes parmi les plus radicaux : "En soufflant sur le feu la CIA a dispersé les braises à travers le monde". Il s'agissait de faire de l'Afghanistan le vietnam des russes. Cela a d'alleurs fonctionné au delà de leurs espérances en provoquant in fine la chute de l'Union soviétique. Eric Laurent dans son livre La face cachée du 11 septembre montre bien que les mouvements intégristes sont pratiquement une création des américains. Ils les ont utilisés pour lutter contre le communisme et bouter les russes hors d'afghanistan. Sur le sujet on peut voir aussi l'excellent et récent  film La guerre selon charlie wilson avec Tom hanks.

A propos de Massoud très idéalisé en Occident en partie d'ailleurs grace à CdP, Eric laurent dit aussi, si je me souviens bien, qu'il n'était idéologiquement pas si éloigné que ça d'un Ben laden. Ce n'était surement pas le point de vue de CdP.

Pourquoi filmer la guerre, se demande t-il,  ce ne sont que des images et la guerre reste un spectacle. Mais il se demande aussi où étaient les caméras du monde entier pendant que les afghans se faisaient massacrer  alors qu'elles ont montrés le double attentat du WTC ad nauseam ? 


L'étoile du soldat c'est la nouvelle étoile qui brille dans le ciel chaque fois qu'un combattant afghan est tué.

Les images du film sont très  belles en extérieur, nettes et contrastées, malgré le format presque carré. Elles sont par contre un peu trop éclairées en intérieur et en plans rapprochés. La russie sous la neige donne de spendides images, de même que les paysages afghans aux couleurs saisissantes. Soldats russes et moudjahidins sont un peu trop "propres" et le commentaire parfois un peu trop solennel.

L'acteur qui incarne Nicolaï, Sacha Bourdo, d'origine russe, est étonnant : il a le même regard que Buster keaton. On a déjà pu le voir dans Western avec Sergi lopez.

C'est Patrick Chauvel (le Petit lieutenant) qui interprète le journaliste et il est lui-même, avant d'être acteur, reporter photographe, correspondant de guerre, et considéré par certains comme le "photographe le plus fou de la planête". Il a également joué dans des films de Schoendoerfer (qui est son oncle !).  Il me semble qu'il était avec Benazir Buto pendant qu'elle était assignée à résidence quelque temps avant son assassinat. Le vrai Nikolaï qui s'apprêtait à rejoindre la France (il avait appris le français à l'école) après sa libération à lui aussi été assassiné au Pakistan.       

Par coltrane
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Lundi 27 octobre 2008
Premier film sur la guerre du vietnam, alors que le conflit a commencé 4 ans auapravant, Les bérets verts est pour l'essentiel un film de combat et de propagande dans la lignée d'Air force (voir article Films de combat)
Sorti en 1968, il est coréalisé par John Wayne himself et Ray Kellogg. Le président Lyndon Johnson a donné sa bénédiction et l'armée a mis ses moyens à disposition. Le film est en gros divisé en 3 parties. D'abord, sur le sol américain, on assiste à une conférence en plein air pendant laquelle un journaliste de "gauche" tente de mettre en défaut les 2 sergents chargés d'expliquer l'engagement américain dans le conflit. Le journaliste en question (David Janssen) choisira finalement d'aller voir sur place. C'est en montrant des armes et des munitions choinoises, russes ou tchèques, saisies sur place, que les militaires s'efforcent de convaincre l'assistance qu'il s'agit tout simplement de lutter contre l'hégémonie communiste. Et aussi d'aider ceux qui sur place sont tués ou torturés. Il faut dire aussi qu'en face, les scénaristes ont pris soin de faire en sorte que les arguments soient faibles.
Il y a un coté western dans la deuxième partie lorsque les hommes doivent renforcer leur camp, situé en plein territoire indien, pardon, vietcong. Le génie donne la main et un soldat particulièrement débrouillard se procure par le larcin ce qui manqu à la troupe. C'est le même homme qui s'attache à un petit orphelin surnommé "cabochard". Le camp subit à intervalles réguliers des tirs des mortiers. Et les espions vietcongs sont parfois déjà dans la place.  L'attaque a lieu et les hordes viets submergent les défenses malgré une défense héroîque. C'est plutôt bien fait mais Il y a des images assez ridicules de viets au coude à coude, ça fait un peu invasion de fourmis, alors qu'on doit toujours veiller aux "distances". Les américains et leurs protégés battent en retraite mais un bombardier surgit et mitraille tous les viets d'un coup. Là on est sans voix. L'avion est manifestement en altitude et on ne comprend pas très bien ce qui se passe. Des chasseurs à la rigueur ou si l'avion avait largué des bombes...En tout cas dès le lendemain les américians pourront reprendre possession du camp.
Logiquement ça devrait s'arrêter là mais il y a une 3ème partie...dont je parlerais plus tard !  
Si le colonel John Wayne est très présent à l'écran, il n'est pas tout seul et les américains travaillent d'ailleurs main dans la main avec leurs homologues vietnamiens, représenté ici par un capitaine. Les bérets verts soignent les populations locales et protègent les villageois.  (en construction)  
Par coltrane
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