Fou de musique (journal discographique)

Vendredi 16 octobre 2009

Je n'ai pas encore vu l'exposition consacrée à Miles Davis, à la Cité de la Musique, mais je voulais réagir à un article paru dans Le Figaro en ligne du 12 octobre.


L'auteur de l'article rend hommage au "génie" musical de Miles Davis mais considère que de 1981 à 1991 (il faudrait même ajouter 1992, année de sortie de son dernier et génial album Doo Bop, où le jazz rencontre le hip-hop), Miles n'a rien fait de bon.

Il va même plus loin en parlant des "chefs-d'œuvre inaltérables de la période 1949-1972", excluant de fait toute la production postérieure du Maître.


En ce qui me concerne, et je ne suis pas le seul, j'aime tout autant le Miles Davis de Kind of Blue (1959)que celui de Tutu (1986).


Et lorsque l’auteur de l’article effectue un rapprochement, en soi plutôt judicieux, entre Gainsbourg et Miles, c'est seulement pour affirmer que l'un et l'autre se sont "égarés" en abordant les années 80, ce qui les a conduit dans "un cul de sac".
Leur musique est alors une "pathétique tentative de se raccrocher au wagon de la mode".

En réalité leur musique, tout au long de leur parcours, administre la preuve sonore d’une capacité unique à sentir l’air du temps et à s’approprier les musiques actuelles.


Même si Miles, malade, et peut-être aussi dans une impasse artistique, s’est éclipsé entre 1976 et 1981, il a su rebondir d’une manière spectaculaire.


En ce qui concerne Gainsbourg j'apprécie tout autant les débuts (L’étonnant Serge Gainsbourg, 1961) que la fin (You’re under arrest,1987 ; c’est aussi, et ce n’est pas un hasard, le titre d’un album de Miles de 1985).


Pour être tout à fait honnête je dois admettre que tant pour Gainsbourg que pour Miles, j'ai même une nette préférence pour leur dernière période...

Par coltrane
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Vendredi 21 août 2009
Bibi tanga, je l'avais découvert en concert à Canal 93 et j'avais été très impressionné mais j'en ai vraiment pris toute la mesure en écoutant et ré-écoutant le disque cet été.

Bibi Tanga et le professeur inlassable sont les maîtres d'oeuvre sur scène mais sur le disque ils ne sont pas seuls, loin de là.

On retrouve par exemple à la guitare un musicien qu'on apprécie particulièrement : Nicolas repac (il faut absolument écouter son album Swing-Swing, hommage electro au jazz et au blues), tandis que les "lyrics" sont parfois signés Harold Pinter, Oscar Wilde ou Robert Wyat.

Après la fin du 14ème morceau il faut se montrer patient car après une minute ou deux on a droit à un morceau caché (ghost track) intitulé episode n° 1, (pour les impatients : à 5m25s du début) signé Arthur Simonini (il joue du sax, de la basse, du piano, du violon, de la batterie (!) et est au "programming" sur 2 titres) et arrangé par le professeur inlassable.

Un bijou electro à l'ambiance envoutante avec violons et un "cut up" de voix en anglais et en français qui donnent au morceau un ton très mélancolique...on pense par moments à Allen Ginsberg mis en musique par Philipp Glass . 

Le disque commence avec Ayo (rien  voir avec la chanteuse du même nom ?). Le PI aux manettes nous mitonne un groove afro-beat aux petits oignons.   On passe ensuite à Groovyland, le bien nommé avant que Marie Griffin mèle sa voix à celle de BT sur This is how it's going to be.
Pain in my chest est plus "orientalisant".
La chanson éponyme commence par des chants d'oiseaux et une douce voix féminine, celle de Jeanne Added .

Wade in the water redonne toute sa place au groove. Crazy funny story est rythmé par un fabuleux sample de trompette. Keep that groove away est un manifeste. Lady bird c'est encore Jeanne Added.

Au fil du temps est un chant triste (en français) accompagné d'une guitare et de percussions africaines qui a pour thème l'esclavage. Talking nigga brothaz fait la part belle aux samples d'instruments et de voix jazz.
It's the earth that moves est, comme son nom l'indique, un des morceaux qui "bouge" le plus.
At war ralentit le rythme et Dom Farkas y accompagne de sa voix grave BBT. Là encore on a droit à ce qui semble être des samples de trompette et de sax mais qui sont en fait l'oeuvre de Gilles Garin (trumpet) et Eric Rahner (sax).
Chant africain matiné d'anglais pour Nzapa a bata mo accompagné par le piano de Raphaël Garraud.
Loin de s'enfermer dans l'afro-beat les deux compères explorent les contrées musicales les plus diverses, du chant africain à la house, en passant par le jazz, le funk, la soul, le blues, le negro spiritual, la ballade, sans jamais oublier de groover...
BBT chante en anglais mais aussi en songo et en français.

Un disque où rien n'est à jeter (que du très bon !) mais qui demande plusieurs écoutes pour en apprécier toutes les subtilités...Un disque à la production soignée, jamais surproduit...

Un son unique, plein de chaleur, d'une invention de tous les instants...le disque de l'année 2007.

Bibi Tanga et le professeur inlassable sont devenus Bibi Tanga et les selenites (les habitants de la lune ?) pour le disque Dunya à sortir à l'automne 2009 aux USA et dans le reste du monde...


Par coltrane
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Samedi 4 juillet 2009
On ne pourra pas écouter ici d'extrait du dernier album de Grace Jones, non disponible sur Deezer...Tant pis !

A la place ce sera  I've seen that face before (libertango) de la compil Island Life (tout en bas).

Grace Jones fait donc, en 2008, son come-back musical avec un album somptueux : Hurricane.
 
Hip-hop et Electro (avant on disait Techno) sont passés par là et elle nous offre 9 titres au groove toujours impeccable.

Au "générique" du premier morceau on reconnait deux noms, celui de Wendy Melvoin et celui de Lisa Coleman.

Anciennes égéries de Prince, qui a toujours été un fabuleux découvreur ou (re)découvreur de talent (Mavis Staples), elle avaient signé en 2000 un disque somptueux, à la frontière du funk et du jazz-rock, sobrement intitulé Wendy & Lisa.

Le disque commence donc sous les meilleurs auspices.

Autre nom connu celui de Tricky qui cosigne le titre éponyme en sixième position sur l'album. Pour que cela n'échappe à l'attention de personne, Grace scande son nom à plusieurs reprises durant la chanson.

Son ancien pygmalion (ou plutôt son fils ?), Paul Goude, est de la fête sur Sunset Sunrise.

C'est le reggae qui s'invite sur le 5ème morceau, Well Well Well. Et aussi sur Love you to life.

Sans qu'aucun titre ne puisse recevoir le qualificatif de "tube", on a affaire ici à un album d'excellente tenue, supérieur sans doute à ses productions antérieures, peut-être trop identifiées aux "eighties".

Il y a également des "guests" sur cet album et pas des moindres : par exemple Tony Allen (compagnon de route et batteur de Fela et auteur d'albums afro-beat remarqués)

Son "band", qui comprend Brian Eno (keyboards, treatments, backing vocals) ne comporte pas moins de 18 chanteurs et musiciens ! Y compris Chris et Marjorie Jones...

Le disque ne dure que 48:45 minutes (c'est mieux que les anciens vinyls !) mais on est pas dessus du voyage...
                                                                                                                                                                                                                                                   Je ne résiste pas à l'envie de reproduire ici cette image (en fait un photomontage) célèbre de celle qui fut mannequin, chanteuse et actrice (entre autres films : Conan le Destructeur et Dangereusement Votre, un James Bond) .
Bonne écoute !






















Par coltrane
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Vendredi 26 juin 2009
C'est seulement en début d'après-midi que j'ai appris la mort du plus connu des anciens membres des Jacksons Five, Michael Jackson. A tout juste 50 ans il devait faire son grand retour sur scène à Londres au cours de l'Eté...

Ceux qui doutaient que MJ ait conservé sa voix d'éternel adolescent ne sauront jamais s'ils avaient raison d'émettre des réserves et ceux qui attendaient avec impatience ce come-back seront à jamais frustrés.

C'est le moment ou jamais de réécouter les disques enregistrés sous son nom mais aussi ceux des Jacksons Five et tant qu'à faire ceux de Janet Jackson...je suis d'ailleurs en train d'écouter Design of a decade 1986-1996, une compilation  publiée en 1995 par celle qui dévoilât lors de je ne sais plus quels JO ce sein (parfait) que nous ne saurions voir.

Apprendre la mort de Michael Jackson a été pour moi un choc. Ce n'était pas forcément mon chanteur préféré mais il était incontournable pour peu que l'on s'intéresse à la  MPAA (musique populaire afro-américaine) et même si ce n'est pas le cas, MJ ayant justement su, avec Thriller notamment, dépasser tous les clivages et à l'instar d'un Stevie Wonder, réaliser une "fusion" presque parfaite de la Soul, du rock et du funk.
C'était comme on dit une "bête de scène" (pas seulement à cause du "moon walk") et il peut être plus judicieux de le revoir à travers un des DVD de concerts plutôt que de simplement réécouter ses disques...
Heureusement Prince (même âge) est toujours là...




Par coltrane
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Mercredi 10 juin 2009

L'autre soir je me suis laissé aller à regarder Bodyguard (1992 ) , avec Kevin Costner

et Whitney Houston, qui passait sur une chaîne de la TNT.

Ce n'est pas un grand  film mais Whitney y chante I'm every woman et I will always love you.


Il faut lire ce que Bret Easton Ellis dit d'elle dans American Psycho (1991). Au beau

milieu du bouquin il nous livre une chronique très pointue des premiers disques de la diva... 


Avec quelques autres voix noires, comme Anita Baker, WH était (est ?) vraiment au

dessus du lot.


Après avoir pris un virage nu-soul réussi en 1998 avec My Love is your love, elle

enfonce le clou 4 ans après avec Just Whitney sur lequel LA Reid, le producteur

et compositeur attitré de Toni Braxton, fait son apparition.


On remarque tout de suite sa patte sur :


whatchulookinat, une superbe ballade qui s'ouvre sur une voix masculine (bobby ?)

au téléphone qui susurre son nom…whitney houston…avec d'autres voix, féminines,

en écho…ensuite la rythmique se met en marche et nous offre un groove roboratif…

tout du long les chœurs féminins, qu'elle encourage d'un "come on", répondent à la

Diva .

La voix masculine clôt le morceau…Background vocals : Whitney houston & Gary

Houston.

Tell me no, en 2ème position, est un tube…le refrain est irrésistible…Whitney a une

voix délicieusement d'éraillé…les chœurs sont toujours là, remplissant leur rôle

à la perfection…avec pour le coté pop, sur la fin, des riffs de guitares

électriques décoiffants…

       vocals : whitney, gordon chambers, latrelle & sherree ford-payne.

 

One of those days, the third one, est de la même eau, en plus hip-hop…La machine

est lancée…c'est parti, ça ne redescendra plus… les chœurs de "one.." sont superbes.

Les cuivres ponctuent le tout avec beaucoup d'élégance… La Diva fait entendre sa

Voix …et son rire. Vocals : whitney & sharlotte k. gibson.


Things you say calme un peu le jeu avec des accords de guitare et une rythmique

certes ralentie mais toujours aussi groovy. Les chœurs sont encore une fois parfaits.

Ca se termine sur des yeh,yeh,yeh de la patronne de bon aloi. Vocals : Whitney et

Tweet (une  autre voix qui compte...)

 

My love est un feat. avec Bobby Brown, mister Houston himself, encore une ballade

avec des choeurs...on ne s'en lasse pas ! Ces choeurs on en mangerai. Bobby

vient du New Jack Swing, mélange de soul et de hip-hop …Vocals : Whitney,

gordon chambers, sonny giddiens & gary houston.


Love that man déménage bien comme il faut. On est toujours pas redescendu

du nuage. Vocals : whitney, sherree & sharlotte.


On my own permet de respirer un peu…avec un titre très bien écrit plus dans

la manière de la belle avec un coté 80's…elle peut pousser sa voix en toute

liberté….à presque 3 minutes du début quand même le ton commence à monter…

Vocals : Babyface & kenya ivey.

 

Dear john letter le R&B reprend ses droits avec, dès le début, un fort accent

hip-hop. C'est là qu'elle fait des trucs de ouf avec sa voix. Ce passage le donne

à chaque fois des frissons. A la fin très bonne utilisation de l'écho-ho-ho…

vocals : whitney & sharlotte.


Unashamed débute par le son d'une flûte…elle chante comme elle l'a toujours fait,

sur une rythmique nu-soul/hip-hop, sans que sa voix paraisse une seule

seconde plaquée…vocals : whitney, sharlotte & antonique smith.


You light up my life Avec ce titre au groove discret on a droit à un beau crescendo,

puis à une fin apaisée, où Withney tient joliment la note. Je crois que

c'est "liiiiiiiiiiiiiiououououououououou…FE" = life. Vocals : gary houston, sharlotte

& babyface.


whatchulookinat on finit en beauté et même en apothéose par un remix pêchu et

hip-hop du premier morceau (feat. P.diddy.) Comment peut-on concilier un

morceau si bien écrit et ce groove, cette pêche, ce rap ?


Whitney Houston s'est essayé à la nu-soul avec My love… et 4 ans plus tard

elle livre un chef-d'œuvre du genre…. les rythmiques sont plus maîtrisées,

moins surproduites que sur My love… à la fin de plusieurs titres on entend

son rire…amoureuse et signant le disque de la renaissance ?

Il n'y a pas de secret, La Reid y est pour beaucoup.

Est-ce que ça signifie que ce n'est plus Clive Davis qui préside à sa destinée ?


Quatre ans ça fait long à attendre…depuis rien, sauf un best of Whitney +….Toni.

 

Whitney reviens !

 

 

Par coltrane
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