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http://www.leblogauto.com/wp-content/uploads/2009/12/tucker-film.jpgArte a eu la bonne idée de repasser hier soir un film un peu oublié de Francis Ford Coppola Tucker, l'homme et son rêve.


D’abord parce que je voulais justement le revoir, ensuite parce que ce film de 1988 annonçait d’une certaine manière les graves déconvenues qu’ont eu à subir les trois grands constructeurs automobiles américains, General Motors, Ford et Chrysler ("surnommés les "Big Three" en référence à leur poids dans l'économie des Etats-Unis") au plus fort de la crise.


Au pays de la libre entreprise, General Motors a même du être nationalisée ! 

 

A propos de l'importance des industries automobiles dans l'économie américaine, dès le début du 20ème siècle, on peut aussi lire ( Wall Street, dans les coulisses du krach de 1929).


Dans ce luxueux biopic, GM et cie sont certes montrés comme des géants industriels mais surtout comme des entreprises fermées à l’innovation (elles ne font que le strict minimum pour rester à niveau) et absolument pas désireuse de voir un nouveau venu marcher sur leurs plates-bandes.


Ce n’est pas tant la concurrence qu’elles redoutent que de se retrouver "ringardiser" par un constructeur (Tucker) qui lui mise tout sur l’innovation.


Sa voiture consomme moins (moins de 10 litres au cent) et sera dotée d’une ceinture de sécurité.


Les Grands n’en veulent pas parce que cela laisse penser que les voitures ne sont pas sûres !


Dans le même ordre d’idée Tucker montre pendant une réunion avec des responsables politiques (la plupart quittent la salle pour aller vomir !) des images sanglantes d’accidentés de la route, pas si éloignées des campagnes récentes les plus dures.


On sait bien aujourd’hui que les constructeurs, s’ils ont bien œuvré à faire évoluer les carosseries de leurs modèles et à réduire la consommation en carburant (en réduisant surtout le poids des véhicules), se sont en revanche à peine posé la question de l’après-pétrole.


Du coup la voiture électrique (avec des performances comparables) n’est toujours pas au point.


Les brésiliens eux se sont contenté de substituer l’éthanol à l’essence, mettant en péril les cultures vivrières (même si le Brésil étant un pays immense ils peuvent faire cohabiter, en théorie, les 2 types de culture).


Mais au-delà le rendement énergétique de l’éthanol n’est pas si brillant et si les rejets en dioxide de carbone sont moindres en revanche les émissions d'oxyde d'azote posent problème.


Après le film un reportage dont je n’ai vu que le début montrait les rues désertes et délabrées de Détroit, qui est aussi la ville du label Motown, vendu par Berry Gordy en 1988 (l'année du film !) et qui n’est plus aujourd'hui que l’ombre de ce qu’il était.


On se souvient qu'en 1989 dans son premier film Roger et moi (Roger Smith, PDG de General Motors) Michael Moore, dénonçait déjà la fermeture des usines automobiles de sa ville, Flint, située dans le Michigan, non loin de Detroit.


Cela donne aussi envie de lire Détroit l’ouvrage qu'Arthur Hailey ( Black Out, Arthur Hailey , Airport ) a consacré à cette industrie. Pour l’avoir feuilleté, je me souviens que dans les premières pages le patron de GM se réveille en pleine nuit et entreprend de réparer je ne sais plus quoi, montrant par là que ce n’est pas seulement un financier mais quelqu’un qui sait encore travailler de ses mains…


On peut comparer le film de Coppola a celui que Scorsese a consacré à Howard Hugues (Aviator, 2004, avec Leonardo DiCaprio). Celui-ci fait d’ailleurs une apparition dans Tucker lorsque le milliardaire excentrique convoque Tucker afin de l’aider à trouver de l’acier.

On pourrait d’ailleurs dire que Tucker est un Howard Hugues aux petits pieds et que le film de Coppola est au film de Scorsese ce que Tucker est à Hugues !


Hugues, nouveau venu en tant qu’avionneur, s’était lui aussi heurté aux compagnies en place qui lui firent d'ailleurs un procès. Ce fut également le cas pour Tucker. Tous deux en sortirent vainqueur mais Tucker dut renoncer à fabriquer sa voiture.

 

Tucker (Jeff Bridges) a un sourire dentifrice, une jolie femme (Joan Allen), de beaux enfants

(Christian Slater) et des potes (Frédéric Forrest) bricoleurs. L'un d'eux est un ingénieur d'origine japonaise, ce qui effraie au prime abord le financier de l'affaire (Martin Landau).


Dans son film Coppola joue avec l’esthétique publicitaire de l’époque (les années 50) comme Scorsese jouera, plus tard, avec l’imagerie hollywoodienne.



 

Tag(s) : #Vu à la télé

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