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http://idreamedmovies.files.wordpress.com/2009/10/good-german.jpgCette fois le voyage auquel nous convie Steven Soderbergh nous emmène à Berlin en 1945.

Hitler s'est suicidé dans son bunker le 30 avril, le 8 mai l'Allemagne a capitulée.

La ville n'est plus que ruines, détruite par les bombardements aériens et les combats meurtriers de la dernière heure.

 

Jake Geismar (George Clooney) revient à Berlin dans les "bagages" d'un élu du Congrès.

 

Avant guerre il y avait dirigé une agence de presse et fait la connaissance de Lena Brandt, employée comme pigiste et devenu rapidement sa maîtresse. 

 

A son arrivée le capitaine Geismar est pris en charge par Tully (Tobey Maguire), un jeune soldat qui fait son beurre grâce au marché noir et a ses entrées dans le secteur russe.

 

Mais il est aussi devenu le "jules" de Lena qui pour survivre a du se prostituer après avoir été violée par un soldat russe.

 

Truman, Churchil et Staline eux ont rendez-vous à Postdam pour dessiner la carte de l'après guerre.

 

" Nous voulons la paix et la prospérité sur le monde" annonce Harry Truman. Cela n’empêche pas de commencer à se préparer à la future guerre froide.

 

Pendant que Bernie Teitel (Leland Orser), le procureur américain, est chargé de retrouver et de condamner les anciens nazis (mais d'après lui il faudrait mettre tous les allemands en prison), le colonel Muller essaye de mettre la main sur Emil Brandt, l’assistant de Franz Bettman, savant à l'origine du programme V2, déjà aux mains des américains, afin de les rapatrier aux Etats-Unis.

 

" Aux russes la Pologne, à nous la matière grise. "

 

En effet si les américains ont les premiers mis au point et utilisé la bombe atomique (vers la fin du film on apprend en même temps que les personnages que les villes japonaises d’Hiroshima et de Nagasaki viennent d’être bombardées) ils ne disposent d'aucun lanceur leur permettant d'atteindre des objectifs aussi lointains.

 

Les russes eux emportent tout ce qui n'est pas fixé au sol et mettent des usines entières dans des cartons qu'on expédie en Russie.  

 

Ils aimeraient bien eux aussi malgré tout parvenir à trouver Emil brandt.

 

En réalité Bettman devrait être jugé pour crime de guerre. Il est en effet responsable de la mort de milliers de travailleurs forcés.

 

Le procureur américain constate que les nazis étaient des archivistes hors pairs. Leurs dossiers indiquent précisément qui ils ont tués et combien ça coûtait. Il veut Brandt pour coincer Bettman.

 

Hitler cependant a tout fait pour que son nom ne figure sur aucun document en rapport avec la « solution finale ».

 

Tully, qui a entendu parler du mari de Lena, prononce son nom devant un général soviétique avec qui il est en affaire.

 

Il est retrouvé mort à Postdam, en secteur russe.

 

Lena, qui prétend que son mari est mort dans un bombardement, doit se cacher. Les dossiers secrets de son mari, en particulier celui intitulé Dora, sont en sa possession.

 

Qui est Dora ? Dora est en fait le camp, installé dans d’anciennes mines d'anydrite (émanations de soufre assurées), où du bétail humain travaillait à construire les V2. Avec 800 calories par jour les "esclaves" tiennent trois mois et sont aussitôt remplacés par d'autres. Il y aura 30 000 morts.

 

En fait Emil, l’artisan de cette organisation macabre du travail, se cache dans les égouts où  Lena le retrouve en cachette. Elle compte l'utiliser pour quitter Berlin. Mais "on ne sort jamais tout à fait de Berlin ".

 

Comme Philipp Marlowe, le détective privé de Raymond Chandler incarné à l’écran par Humphey Bogart, Jake se fait constamment estourbir. Il mène l'enquête pour savoir qui a tué Tully et où est Emil Brandt.

 

Il essaye de protéger Léna (et son mari) sans savoir ce qu’elle a du faire pour survivre. Le procureur lui a un dossier sur elle mais l'utilise pour atteindre son mari.

 

Filmé en noir et blanc, avec un générique un peu tremblotant qui, grâce à de superbe images d'archives, nous projette de plain-pied dans la réalité tragique de l'époque, The Good German n’est ni un simple exercice de style, ni un pastiche.

 

La palette des gris et des noirs utilisée par le cinéaste constitue un nuancier qui leste les ruines de Berlin d’un poids historique palpable et un écrin pour ses personnages. On a rarement utilisé les images d’archives avec un tel art.

 

Savants clairs-obscurs, surexposition, noir et blanc charbonneux, prise de son et musique à "l'ancienne" donnent au film une puissance esthétique inouïe.

 

Vibrant hommage au cinéma d’avant-guerre, à Lubitsch et Sternberg , mais aussi au 3ème Homme (Carol Reed, 1949) et à Casablanca (Michael Curtiz, 1942), le film n’en est pas moins moderne par son propos sur les rapports entre morale et real-politik, sur la " banalité " du mal et sur ce que l’on peut être amené à faire de terrible pour survivre.


 

Kate Blanchett incarne une femme fatale entre Greta Garbo et MarlèneDietrich tandis que  George Clooney, mu par ses sentiments à son égard et la culpabilité qu'il ressent pour l'avoir abandonnée au début de la guerre, s'efforce de lui sauver la vie et se faisant joue les éléphants dans un magasin de porcelaine.

 

Tous les seconds rôles sont d'une vérité criante.

 

Soderbergh nous offre, outre quelques séquences de tir au pistolet, une poursuite à pied dans la foule, d'anthologie.

 

Les cinéphiles se feront un plaisir de retrouver les nombreuses citations.

 

A la fin le puzzle de ce récit qui tutoie l'Histoire est entièrement reconstitué.

 

Soderbergh se plait à mélanger les genres. Il réussit même en quelque sorte la fusion quasi-parfaite de tous les genres, guerre, historique, espionnage, romance, polar, drame...

 

Il se permet une crudité (dans les dialogues aussi bien qu'à l'image) que le code Hays interdisait totalement aux réalisateurs des années 40/50...

 

Pour se faire Soderbergh a disposé d’un scénario en béton, à la fois glamour et instructif et même par moments pédagogique, lui-même tiré d’un roman de Joseph kanon, qu’on présente comme un héritier de John Le Carré (qui se porte très bien, merci).

 

Soderbergh est un réalisateur caméléon, l’équivalent moderne sans doute des valeureux « artisans » du vieil Hollywwod, ces grands " faiseurs " capables de passer d’un genre à l’autre, d’un film de guerre à un mélo, d'un film en costume à une histoire de pirates.

 

Tag(s) : #Cinéma & DVD

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