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http://medias.fluctuat.net/films-posters/3/5/3533/tandem/affiche-1-medium.jpgJe ne suis pas forcément un fan de Patrice Leconte.

Il a quand même signé Les bronzés font du ski avec l'équipe du splendide (1979) qui sans atteindre au génie comique du Père noël est une ordure réalisé en 1982 par Jean-marie poiré (au fait, normalement il repasse à la télé tous les ans à cette époque) était tout de même assez réjouissant.

 

Je sais, il a aussi réalisé Les bronzés mais je me souviens mal de ce film.

 

Éclectique il réalisera plus tard, en 1996, un film en costumes "raffiné", Ridicule (Berling, Rochefort, Ardant) après avoir versé dans le film d'aventures et d'action avec Les spécialistes (Lanvin, Giraudeau).

 

D'après allociné il réalise en 1989 un film d'auteur Monsieur Hire (Michel blanc), tiré, je crois, de Simenon.

A mon sens Tandem (1987) mérite davantage ce quallificatif. On retrouve dans ce film quelque chose de l'humour des Bronzés mais il a quelque chose en plus.

 

Un présentateur de la radio (Mortez-Jean rochefort) parcourt les routes de la France profonde et présente chaque jour son émission (un quiz) dans une ville différente. Il est accompagné d’un technicien (Rivetot-Gérard jugnot) qui s’occupe de la mise en ondes et tient la comptabilité du « couple ».

 

Comme Mortez est joueur et tape dans la caisse, ils sont obligés de descendre dans des hôtels bon marché et de partager la même chambre.

Chaque jour Mortez téléphone à sa "fiancée" restée à Paris et lui tient des discours enflammés. Un soir il s'écroule pendant qu'il est au téléphone et Rivetot se rend compte qu'en fait il appelle...l'horloge parlante ! 

 

Sa mauvaise santé apparente (il fait sans arrêt des malaises, vomit et saigne tout le temps du nez, tient le choc grâce à des piqures) font craindre et espérer à la fois qu'il meure un jour sur "scène".

 

Un "beau" jour la radio décide d’interrompre l’émission après 25 années de diffusion. Rivetot fait tout pour que les courriers et les appels de la direction ne parviennent pas jusqu’à son patron...


Tandem annonce la couleur dès l’affiche du film : on y voit, en plan moyen, un homme de dos (Gérard jugnot) penché sous un capot ouvert et une paire de jambes (celles de Jean rochefort) dépassant par la vitre ouverte de la portière. On n'aperçoit les visages ni de l'un ni de l'autre. Un parti pris assez radical, tempéré par l’humour.

 

Car c’est bien d'une comédie qu'il s'agit mais d'un genre plutôt noire. Sans doute le plus beau rôle de Jean Rochefort et l’un des meilleurs de Gérard Jugnot. A bien y songer on est pas si loin non plus de l’humour un peu désespéré d’Yves Robert dans Un éléphant ça trompe énormément et sa suite…On peut même penser que l’influence de journaux satiriques comme Hara kiri se fait sentir.

 

L’histoire s’inspire fortement du plus ancien jeu radiophonique, le jeu des mille francs (devenu ici La langue au chat) diffusé sur France-inter de 1958 à 1995 (après il y aura d'autres animateurs) et de son présentateur Lucien Jeunesse (à partir de 1965). En plus de nombreux disques de chanson et de sa participation à des opérettes, il a aussi prété sa célèbre voix, me semble-t-il, à un enregistrement de Pierre et le loup.

 

Mortez est un saltimbanque cabotin et vieillissant qui se teint la moustache et est un peu trop porté sur l'alccol.

 

A Paris il vit dans un grand appartement aux meubles recouverts de draps blancs et de piles de livres.

 

Au volant Rivetot a une angoisse : qu'un de ces cyclistes qui regarde passer les voitures sur les ponts balance brusquement son vélo sur la route !

 

Tandem, c'est aussi la chanson titre, un peu "ringarde", de Richard Cocciante, le grand chien rouge que Rivetot croit apercevoir au volant de leur break et qui le fait piler sec, un road movie à la française, des répliques (Il risque de se réveiller mort demain matin, Je suis un seigneur moi !, c'est des cons j'te dis ! J'te fais une petite pipe Michel ? Merci non), une photographie soignée, quelques très beaux plans "rurbains" et surtout un Jean rochefort génial dans la démesure.  

 

Le scénario brocarde les français moyens, la petite bourgeoisie et les notables de province.

Une superbe séquence vers la fin du film montre Mortez qui a "craqué", au milieu des mouettes, parlant tout seul à des candidats imaginaires.

 

Après la fin de l'émission, loin d'être fini, Mortez rebondit et continue de vadrouiller sur les routes de France, de quinzaines commerciales et de promotions de magasins en animations publicitaires.

 

Il propose à Rivetot, désormais au chomage et rencontré par hasard dans un magasin où il se produit, de reprendre la route avec lui au volant de sa mercedes toute neuve...

Tag(s) : #Cinéma & DVD

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