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http://www.actuphoto.com/imagew.php?image=files/news_14318_0.jpg&dst_w=260Le but, c'était la première exposition personnelle en France de Shai Kremer en France à la galerie Les Filles du Calvaire, située dans la rue du même nom.

 

Les galeries les plus intéressantes de Paris sont presque toutes situées entre République et le quartier du Marais.

 

Rue des Filles du Calvaire (et non Boulevard comme indiqué dans le métro), au numéro 19, mon attention est attirée par une plaque qui annonce une exposition de la galerie Dix9 intitulée Lost Horizon. Je sonne et je pénètre dans l'immeuble.

 

Comme la galerie Les Filles du Calvaire, la galerie Dix9 se trouve au fond de la cour.

 

Modeste, la galerie n'est pas bien grande mais on peut quand même y voir, outre une petite dizaine de photographies en couleur moyen format (peut-être moins), une vidéo en noir et blanc projetée en grand format sur le mur du fond. 

 

Toutes les photos montrent, de dos, des bustes d'hommes et de femmes qui agitent les bras, photographiés en pleine chute.  

 

Ils ont tous l'air de tomber, soit du ciel, soit du haut d'un immeuble et on peut voir autour d'eux des immeubles vus d'en haut dont les pixels colorés contrastent avec la netteté des figures humaines projetées dans le vide. Il s'agit en fait de montages assez grossiers qui laissent voir leur "process".

 

Le film est très différent mais là encore l'image, tout au moins le décor naturel dans lequel évolue un homme en jean et pull-over, est granuleuse à souhait. La bande sonore, soft et minimaliste, évoque assez bien la désolation du lieu , apparemment une île volcanique.

 

Il s'agit aussi d'un montage assez grossier, le personnage apparaissant en surimpression, les cheveux à peine agités par un vent léger.

 

Le scénario est on ne peut plus simple : un homme, allongé sur le dos, se réveille sur une côte désertique. Il entrepend de gravir une pente rocailleuse et finit par arriver , en bas d'une falaise, au bord de l'eau. Après avoir contempler un moment le paysage marin, il enfonce sa main dans l'eau puis entrepend de se déshabiller. On le retrouve en train de nager, sans se presser, le crawl, avec en arrière plan, assez loin derrière lui, ce qui semble être un volcan.

 

Malgré le caractère artificiel du montage, on finit par se laisser envahir par une émotion toute contemplative. L'homme paraît se demander ce qu'il fait là et on se pose la même question à propos de nous-mêmes, sans regretter pour autant d'y être. Beaucoup cependant crierait à la fumisterie.

 

Galerie des Filles du Calvaire, au numéro 17, on a l'impression de retrouver la même bande sonore mais il doit plutôt s'agir en fait du système de ventilation.

On peut y voir deux projets photographiques de Shai Kremer : Infected Landscape et Fallen Empires.

 

http://www.actuphoto.com/imagew.php?image=files/news_13104_0.jpg&dst_w=150En bas (Fallen Empires) une série de photographies couleurs, très nettes malgré les très grand format,  montrent des ruines contemporaines. On pense immédiatement qu'une guerre dévastatrice est responsable de ces destructions.

 

En haut (Infected Landscape) c'est presque la même chose sauf que certaines de ces "ruines" ne sont en fait que le décor de zones d'entrainement de l'armée israelienne.

 

Une de ces images (Panorama, Tze'elim, 2007) montre même, en vue plongeante, un quartier entièrement reconstitué "avec ses boutiques, sa grande mosquée, son hôpital, etc...". Il s'agit en fait d'un centre d'entrainement à la guerre urbaine. 

 

Une des photographies (Lisière, "Chicago", zone d'entrainement des forces de l'armée de terre, 2007) parvient, tout juste, à éveiller un peu d'émotion. Peut-être à cause du coucher de soleil en arrière-plan ?

 

L'artiste "préfère garder une certaine distance (...) il considère qu'il n'est pas nécessaire de choquer pour créer un impact. Il préfère inviter le spectateur a penser, à analyser...".

 

http://web.ncf.ca/ek867/shai.kremer.empires.jpgFace à ces images on est supposé ressentir (je suppose !) un sentiment de vide.

 

Mais en fait on ne ressent rien.

 

Et si l'important, justement , c'était ce "rien" ?

 

A la longue pourtant, une émotion semble poindre.

 

Il faut prendre son temps. Se laisser lentement et doucement pénétrer par ces images.

 

Malgré cela l'absence de recherche au niveau du cadrage comme des effets de matière, peut provoquer l'ennui.

 

Avec Rondeau, son art du cadrage et la matière de ces images, l'émotion , quoique feutrée, était instantanée . Notre histoire ; Bosnie-Herzégovine 1992-1995 Photographies ).

 

Ici elle est en quelque sorte "interdite".

 

Une seule image laisse vraiment voir des figures humaines. Un enfant et sa mère (?) marchent le long d'un mur, qui en france serait un mur anti-bruit mais qui, ici, bien que décoré d'un trompe l'oeil, est un mur anti-tirs.

 

On peut rapprocher les images de ce photographe israélien de celles plus conceptuelles de Sophie Ristelhueber (voir ci-dessous) Albert Kahn, Robert Franck, Sophie Ristelhueber : Le Marathon des expositions .

 

http://www.paris-art.com/img/oeuvre/parisart-15-JeuPaume-Ristelhueber-04G-65955.jpg

 

Tag(s) : #Expos

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