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sauvez-le-tigre-2-copie-2.jpgOn savait déjà que Jack Lemmon était un excellent acteur et même, osons le mot, un acteur de génie.


A 74 ans il avait encore livré une extraordinaire prestation dans le film choral de Robert Altman Short Cuts (1994), où il renouait avec son fils, célèbre présentateur télé, au moment où son petit fils était hospitalisé à la suite d'un accident.


En 1972, dans Sauvez le Tigre, un film aujourd'hui presque complètement oublié, il interprétait un chef d'entreprise au bout du rouleau, nommé Harry Stoner, rôle qui lui valut un oscar en 1973.


Dans ce film, il est de tous les plans, la caméra ne le lâchant pas d'une semelle.

Réalisé avec un sens du cadre et une précision chirurgicale par John G. Avildsen, futur réalisateur de...Rocky, le film captive et impressionne du début à la fin.


Très noir, il dépeint une galerie de personnages au bord du désespoir. Le personnage joué par Lemmon rêve tout éveillé de l'époque où il excellait au base-ball et regrette chaque jour de ne pas être passé professionnel.

Tous les quadras, quinquas et sexas du film éprouvent une lancinante nostalgie pour  l'époque de leur jeunesse tandis que la jeunesse actuelle, en ce début des années 70, loin de représenter un espoir de renouveau, se singularise surtout par son ignorance « crasse », son apathie et son addiction à la drogue.

 

L'année précédente, l'entreprise de textile, qui présente sa propre collection de prêt-à-porter, n'a du sa survie qu'à la capacité du comptable à « réinventer les mathématiques ».
Ce qui en cas de contrôle lui vaudrait une condamnation pour fraude.
Cette année malgré le succès annoncé de la nouvelle collection, la situation est pire encore.

Plus moyen d'emprunter encore, une seule solution : l'arnaque à l'assurance.

L'idée : incendier un local annexe. Pour ça il faut faire appel à un spécialiste.

Celui-ci donne rendez-vous à Harry et à son comptable dans un cinéma porno.

Il promet de faire le soir même un "diagnostic".
Le lendemain devant un autre film X, il leur annonce que l'assurance ne remboursera pas car rien n'est aux normes.
Par contre il peut incendier les locaux situés en dessous et se débrouiller pour ne bruler que leur annexe !

Le comptable désapprouve mais Harry ne voit pas d'autre solution. Pourtant après le défilé un envoyé de la mafia leur a proposé un prêt.
Mais là c'est Harry qui s'y est refusé.

 

Le 4ème de couv' de la jaquette le présente comme un être immoral, je ne vois pas du tout les choses comme ça.

Pour Gilford et son scénariste c'est la société toute entière qui est malade. Devenue par exemple incapable de reconnaître la valeur du travail, réduit à une simple ligne comptable dans un bilan.

 

Harry est simplement, comme il le dit lui-même, à la recherche de quelque chose à aimer. Sa fille chérie poursuit ses études en Suisse...et sa femme n'est plus celle qu'elle a été. Lui non plus d'ailleurs !

 

Dans une séquence hallucinante et hallucinée, Harry, complètement saoul, s'épanche en compagnie d'une jeune paumée...

 

Finalement, seul le vieil employé juif est en accord avec lui-même : il se satisfait de choses simples comme de regarder et écouter sa femme ou de profiter du coucher du soleil.

 

Juste avant le défilé, Harry, qui doit prononcer un speech, voit soudain se substituer au public de professionnels, attentifs dans la pénombre, les "figures" de ses amis morts à la guerre, lors du Débarquement en Italie, non loin de Capri... 

 

Le seul reproche que l'on peut éventuellement formuler à l'encontre du film, c'est peut-être d'avoir été fait presque uniquement pour gagner l'oscar.


Avec un rôle pareil, écrit sur mesure, Jack Lemmon ne pouvait pas ne pas avoir l'oscar du meilleur acteur.

 

Plus tard Rain Man ou A l'Ombre de la Haine, par exemple, seront également des films à oscars.

 

Tag(s) : #Cinéma & DVD

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