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http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTIhQtZeepupz9qgMnPWTa2hu_3FgHU4jBeFc4gQHc28-puyHqjIadDgPMDes porte-avions américains existant au début des hostilités, un seul a survécu jusqu'à la capitulation japonaise : L'Enterprise.

 

Il a participé à toutes les grandes batailles de la guerre du pacifique, sauf une. 

 

Ses marins et ses aviateurs ont vécu la terrifiante agression de Pearl Harbor (en fait il n'y était pas, ce qui lui a vraisemblablement permis d'éviter la destruction), les premiers raids contre le Japon, la bataille cruciale de Midway, le long purgatoire de Guadalcanal, y compris la guerre dans la jungle ; ils ont participé aux débarquements meurtriers sur les atolls ; ainsi qu'à ceux d'Iwo-Jima et d'Okinawa, où les combats d'extermination atteignirent une violence seulement comparable à celle des combats de Stalingrad.


C'est le film de ces actions qui est représenté ici. Chaque détail est exact. Ce récit a été établi d'après des documents provenant des archives du Service de la Marine et d'après les livres, publications et documents américains qui comprennent outre les comptes rendus officiels d'opérations, les témoignages de nombreux combattants, ainsi que les renseignements obtenus par les interrogatoires de prisonniers japonais.   

 

On voit qu'il manque le point de vue japonais. L'historien Anthony Beevor dans la revue Le Débat (mai-août 2011) rend hommage à Clint Eastwood qui avec son film Lettres d'Iwo Jima a su montrer le point de vue de l'adversaire.


L'océan Pacifique est si vaste qu'on y pourrait faire tenir toutes les terres émergées du globe, continents et îles, et il resterait de la place.

Le 7 décembre 1941 à l'aube, le porte-avions américain Enterprise, accompagné d'une escorte de trois croiseurs lourds et de neuf destroyers, se trouve dans l'océan Pacifique et fait route sur Pearl Harbor à vingt cinq noeuds.

 

L'Enterprise navigue désormais sur le pied de guerre. L'extérieur du bâtiment a été repeint en gris sombre. A l'intérieur, le linoléum des ponts a été supprimé, on a raclé la peinture des cloisons. Tous les aménagements en bois ou en matières inflammables ont disparu. Les sabords ont été soudés ; la nuit, le black-out est total.

 

" L'armée et la marine américaine furent surprises profondément endormies dans le même lit " écrivit le sénateur Connally au lendemain de Pearl Harbor.

 

Du point de vue japonais, l'attaque de Pearl Harbor était une entreprise risquée et, côté américain improbable. On imaginait pas qu'une nation à peine plus grande que la Californie puisse s'en prendre à la première puissance mondiale.

 

" Nous avons complètement ignoré la mentalité orientale, le mépris des Japonais pour la vie humaine..." déclarèrent plus tard les rapporteurs d'une des innombrables commissions d'enquête.

 

Même si des avertissements avaient été donnés par le commandement suprême, et si un certain nombre de précautions avaient été prises à Pearl Harbor.

 

En 1957 Georges Blond peut encore écrire qu'"Au reste tellement d'Européens, hommes ou femmes, ont maintenant assisté à des bombardements et à des mitraillages, qu'il est probablement inutile de donner des détails." 

 

Après l'attaque l'Enterprise reçoit l'ordre d' intercepter et de détruire l'ennemi. Mais l'ennemi est introuvable et les avions-torpilleurs, pour la première fois dans l'histoire de la marine des Etats-Unis, allaient apponter avec une torpille réellement chargée et non avec une torpille d'exercice. En dépit de l'obscurité tous les avions appontèrent ce soir-là sans incident.

 

A Pearl Harbor des hommes survivront 18 jours dans la coque retournée de l'Oklaoma. On retrouva plus tard les inscriptions qu'ils avaient tracées à la craie sur les cloisons.

 

Georges Blond note que le bushido, le code de chevalerie des samouraïs est antérieur aux nationalismes et à l'idée de patrie...

 

Le gouvernement japonais désirait pouvoir dire devant l'histoire : " Nous avons attaqué Pearl Harbor à 7h55, mais nous avions déclarés la guerre à 7h30 ". En fait la première attaque a déjà eu lieu lorsque l'ambassadeur remet l'ultimatum japonais à Cordell Hull, secrétaire d'Etat.

 

Malgré tout, une fois qu'un peu d'ordre fut remis à Pearl Harbor, les corps des aviateurs japonais abattus furent recueillis et ensevelis avec les honneurs militaires.

 

Depuis le désastre, trois porte-avions, dont l'Enterprise, chacun accompagné de son "écran", patrouillent dans l'ouest de l'archipel hawaïen.

 

Radio-Tokio (Blond l'écrit comme ça) en anglais lance sa phrase fameuse : " Où est la marine américaine ? ".

 

Plus tard, en 1943 à Auckland, Nouvelle-Zélande, l'amiral "Bull" Halsey s'illustre en déclarant : " Les japonais ne sont que des singes. Et si je dis des singes c'est parce que je ne peux pas prononcer le mot auquel je pense ". A quel mot pensait-il donc ?

 

A bord des navires américains, officiers et matelots reçoivent la même nourriture. " Les officiers ne peuvent obtenir aucune nourriture que les hommes ne puissent obtenir aussi. En cas de nécessité, il est interdit de diminuer la ration des hommes sans diminuer également celle des officiers. "

 

Le porte-avions ne se déplace pendant le jour qu'environné d'une double protection aérienne : protection haute contre les avions ennemis, protection basse contre les sous-marins.

 

Lors de l'attaque contre les îles Marshall et les îles Gilbert dix-sept navires furent réquisitionnés. Plus tard, il y aura huit cents navires devant Iwo-Jima ; devant Okinawa quatorze cents. Les américains entreprirent ces premiers raids d'abord pour faire à tout prix quelque chose là où c'était possible et ensuite parce qu'ils craignaient de voir les Japonais couper la route vitale Etats-Unis-australie.

 

L'opération contre Wotje commence à bord de l'Enterprise le 1er février 1942 à 1 h 50 par l'appel des hommes de mess et des stewarts. Un breakfast spécial était prévu. A 3 heures eut lieu l'appel des pilotes et du personnel de manoeuvre des avions. Ces hommes déjeunèrent à 3 h 15. Un certain nombre dirent spontanément par la suite qu'ils n'avaient guère touché au breakfast. 

Peu d'entre eux avaient déjà entendu le canon de l'ennemi.

 

L'idée d'amplifier la réception de la phonie inter-avions et de la brancher sur les hauts-parleurs du bord est, d'un point de vue psychologique, une des plus remarquables de la guerre.

Les combats aériens vont se dérouler, parfois à une grande distance du porte-avions, et, cependant, l'équipage y assistera.

 

Le 4 février la task-force rentre à Pearl Harbor. Un communiqué annonçant le succès de la mission l'avait précédée.

Les soldats qui, moins d'un mois plus tôt, avaient injurié les marins absents au moment de l'attaque, maintenant les acclamaient depuis le toit de leur casemate.

 

Le succès de ce premier raid fut exploité au maximum par la presse. L'opinion américaine avait besoin d'être réconfortée.

 

Une mission beaucoup plus ambitieuse, et de nature à remonter plus encore le moral du peuple, attend le porte-avions Le Hornet qui appareille de San Francisco : il transporte 16 bombardiers B 25 qui devront réussir à décoller à pleine charge à moins de 100 km heure (au lieu de 145) et sur une "piste" trois fois plus courte que la normale.

Des pilotes de l'armée triés sur le volet se sont entraînés pour ça.

 

Leur objectif ? Bombarder Tokio ! Pour cela le Hornet doit approcher à quleques centaines de milles des côtes japonaises.

 

Ensuite demi-tour, les bombardiers iraient eux atterrir en Chine - s'ils le pouvaient.

 

Le raid produisit un effet moral incontestable. Cependant le second raid contre Tokio ne devrait pas avoir lieu avant avril 1944 !

 

Le 17 avril s'engagent par un accord signé entre Roosevelt et Churchill, à assurer la défense de tout le pacifique, l'Australie et la Nouvelle-Zélande comprise.

 

Les Japonais, eux, n'ont aucune ligne à défendre à tout prix. Ce qui leur arrivait était assez extraordinaire : leurs succès dépassaient leurs prévisions les plus optimistes. Ils avaient

conquis les Philippines, la Malaisie et les Indes néerlandaises en moitié de temps que prévu et avec des pertes ridiculement inférieures aux prévisions.

 

Le 6 juin 1942 la bataille de Midway commence à prendre un air d'hallali pour la flotte japonaise en fuite. Le croiseur Mogami parvient à rallier la base japonaise de Truk, dévasté , tordu, méconnaissable, témoin impressionnant de la première défaite indiscutable subie sur mer

par le Japon depuis 1592.

 

L'amiral japonais Yamamoto, disposant d'une énorme supéririté d'artillerie, avait échoué dans son opération sans même pouvoir se servir de ses gros canons, confirmant l'importance primordiale, côté américain, du rôle de l'aviation embarquée.

 

A Guadalcanal les Marines, en butte chaque nuit aux attaques et aux bombardements ennemis, se plaquent dans des trous, le visage collé à la terre. Les branches des cocotiers voltigent, déchiquetées, la terre tremble et résonne comme un gong ; les obus rayent le ciel noir...

 

Le 24 août une escadre japonaise composée de 3 porte-avions, 8 croiseurs lourds, 6 croiseurs légers, 16 destroyers, plusieurs gros transports, est en route pour reconquérir Guadalcanal.

 

L'enterprise et le Saratoga lancent une deuxième vague de bombardiers en piqué et d'avions-torpilleurs, la première vague, plus faible, ayant manqué ses objectifs.

 

Cependant, les Japonais ont eux aussi lancé leurs avions. Touché, l'Enterprise peut quand même filer 24 noeuds et met le cap sur Pearl harbor pour réparations.

 

L'escadre japonaise, très diminuée par les attaques aériennes de la task-force mais aussi des bases de Guadalcanal et d'Henderson Field, renonce, comme à Midway, à sa  tentative de débarquement et fait demi-tour.

 

A Guadalcanal, presque chaque nuit, des navires et des avions japonais bombardent les positions tenues par l'infanterie de marine. Les hommes avaient fini par les appeler " l'Express de Tokio ".

 

Quand " l'Express de Tokio " ne vient pas, c'est un sous-marin isolé qui fait surface près du rivage et cannone le secteur américain. Les hommes le surnomment " Oscar-la-Punaise ".

 

Dans la nuit du 25 au 26 octobre l'Enterprise est de retour dans les eaux de Guadalcanal pour contrer, avec le Hornet et leurs "écrans" respectifs, une force navale japonaise trois fois supérieure en nombre.

 

L'aube devient rapidement aurore. Les avions décollent. Un banc de poissons volants passe à tribord. Le ciel devient de plus en plus clair ; premier rayon de soleil, et l'astre est aussitôt tout entier au-dessus de l'horizon. Les derniers avions de la patrouille de l'aube ont décollé. Calme.

 

Plus tard, alors que l'Enterprise a déjà subi plusieurs attaques aériennes, le lieutenant de vaisseau Dwight M. Williams assiste, à 12 h 20, à une nouvelle attaque, depuis la hune (plate-forme intermédiaire dans les mâts)

Il raconte : " le bombardier qui avait piqué se redressait quand je le vis exploser devant mes yeux. Mais il avait eu le temps de lancer sa bombe. Ceux qui ont déjà subi un bombardement savent que, si une bombe se présente à vous sous l'apparence d'une boule - c'est-à-dire quand on n'en voit pas la longueur - elle porte votre nom et votre adresse ".

Heureusement pour lui, l'Enterprise évolua et il vit la bombe s'allonger puis s'éloigner obliquement.

 

Pendant la bataille du pacifique plusieurs aviateurs dont les avions ont été abattus parviennent à rejoindre des îlots et sont secourus par des "sauvages". J'ai rajouté les guillemets, Blond lui n'en met pas. Rappelons que le livre a été publié en 1957.

 

Les deux adversaires, épuisés par Guadalcanal, auront besoin de tout l'hiver 1942-1943 et d 'une partie de l'année 1943 pour reconstituer leurs forces aéro-navales.

Par la suite les Américains auront presque toujours l'initiative.

 

L'idée générale alors est d'ouvrir un nouveau front dans le Pacifique central. L'énorme machine industrielle américaine qui, maintenant, tourne rond va permettre de sortir des chantiers huit nouveaux porte-avions mais aussi des transports de troupe, des chars, des avions, des canons et des camions, fabriqués en série.

 

La nouvelle doctrine est de progresser sans cesse et d'avoir en tout temps et en tout lieu une écrasante supériorité de moyens.

 

Un commandant de bataillon de Raiders (Marines) organise son unité selon des méthodes dont l'excellence avait été prouvée, disait-il, par les communistes chinois. Leur devise : Gung Ho ! (c'est aussi un film avec Robert Mitchum) qui peut se traduire par " Tous sur le tas ".

 

Le bombardement de l'île de Betio est si violent et si continu qu'on a l'impression que ce paroxysme prolongé ne peut demeurer sans résultat définitif, que l'on va voir la matière même de Betio éclater et voltiger en l'air, ou que l'île va se disloquer et disparaître en fumant dans la mer.  On n'imagine pas qu'un être humain puisse y demeurer vivant.

 

Et pourtant, à leur grande surprise, les Marines, dans leurs "aligators" (péniches de débarquement) puis sur les plages, essuient le feu japonais.  

 

"Ce rivage était un désert. La mort qui vous y accueillait n'avait pas de visage. Le soleil brillait dans le ciel bleu vif, à l'Est, au dessus de la mer bleue, et il fallait continuer à marcher vers ce petit enfer si bien organisé par les hommes, au milieu des mortelles éclaboussures, vers ce rivage de néant couronné de noires nuées funèbres. Si par une chance inouïe on atteignait sans blessure le bord de l'eau et si l'on pouvait franchir en courant les sept mètres de sable et de corail jusqu'au brise-lames, on trouvait un angle mort, un abri, une protection qui paraissait incomparable. Mais justement, le devoir était au-delà. Les mitrailleuses et les canons japonais se trouvaient au-delà du remblai..."

 

A la fin de janvier 1944, le porte-avions Enterprise se trouve dans les eaux du Pacifique central, en route vers l'archipel des Marshall. L'objectif ? Un îlot fortifié, bas sur l'eau, d'à peine 3 kilomètres carré.

Au matin du débarquement, Betio-Tarawa avait reçu 3 000 tonnes d'explosif, soit un peu plus d'une tonne par mètre carré. C'était insuffisant. Kwajalein recevra 15 000 tonnes.

 

Pour la première fois des avions utilisent des rockets ou bombes-fusées (des missiles ?). 

Les blockhaus japonais sont si bien dissimulés que les Américains débarqués les dépassent parfois sans les voir. La nuit, des Japonais survivants en émergent et bondissent au milieu des positions américaines, causant une stupeur immense.

 

D'autres atolls des Marshall furent simplement laissés de côté.

 

En Europe, à la même époque, les forteresses volantes bombardent à plus de 5 000 mètres avec un "rendement" assez faible. Les avions de la task force 58 descendent eux à quelques centaines de mètres au dessus de l'objectif et sont bien plus précis.

 

Début 1944 (comme le temps passe !) l'Empire "récupère" avec peine et lenteur depuis le match épuisant de Guadalcanal ; son industrie, même tournant à sa vitesse maxima, lui fournissait à peine de quoi soutenir ses positions lointaines, cependant que les Etats-Unis produisaient sans cesse plus de navires, d'avions, d'armes et d'objets de toutes sortes.

 

" Où est la flotte américaine ? " avait demandé Radio-Tokio en anglais à la fin de janvier 1942. Où était maintenant la flotte japonaise ?

 

Sur Saïpan les civils japonais réfugiés à une extrémité de l'île et se voyant sans défenseurs, ne peuvent supporter l'idée de tomber au pouvoir de ceux que leur propagande nationale (quelle propagande agit autrement ?) leur avait représentés comme des démons. Le nombre des suicidés civils de Saïpan, le nombre des enfants précipités dans la mort par leurs parents, est discuté encore aujourd'hui...

 

La seconde bataille des Philippines durera deux jours. Par le nombre des navires engagés de part et d'autre, elle est la plus grande bataille navale des temps modernes.

 

Georges Blond a des Lettres. Il évoque Fabrice del Dongo, qui ne connait de la bataille de Waterloo que ce qu'il en voit (colle : de quel livre s'agit-il ?), tandis que les marins et les aviateurs de l'Enterprise assistent, grâce à la radio, aux engagements des avions du bord et même à ceux des avions d'autres navires.

 

A proximité des Philippines une force navale japonaise, déjà attaquée par les sous-marins Dakter et Dace, est détectée (mais elle n'est pas la seule) : elle comprend 5 cuirassés, 8 croiseurs lourds, 2 croiseurs légers, 13 destroyers. Deux des cuirassés sont le Yamato et le Musashi, déplaçant chacun 63 000 tonnes. Leurs adversaires américains les plus puissants déplaçaient 45 000 tonnes. Aucun navire de ligne comparable n'avait jamais été vu sur la surface de la mer. On croyait savoir que leur artillerie principale comprenait 9 canons de 450 mm.

 

Halsey décide d'arrêter l'ennemi par des raids aériens massifs. Ainsi les formidables navires japonais ne pourront pas engager n'importe quel adversaire maritime tout en restant hors de portée.

 

Le 25 octobre, au nord des Philippines, le cuirassé de 63 000 tonnes Yamato a enfin l'occasion d'utiliser ses canons et ses obus de 450 millimètres. Il ouvre le feu à 30 000 mètres. 

Le White Plains, un porte-avions reçoit trois salves. La deuxième tombe à 200 mètres, la troisème l'encadre. Des hommes sont jetés à terre, les disjoncteurs sautent, un avion est balayé du pont comme par une grande main invisible mais c'est l'explosion sous-marine des obus encadrants qui cause des avaries aux machines. La cheminée se met à vomir une fumée noire.  

 

Le spectacle est effrayant et fait exactement penser, nous dit Georges Blond, à la Guerre des Mondes de Wells, aux tripodes géants venus de la planète Mars et anéantissant en quelques secondes de leur rayon mortel l'objectif qu'ils avaient choisi, puis passant à un autre.

 

Des destroyers japonais lancent leurs gerbes de torpille à 9 000 mètres. Les porte-avions manoeuvrent à temps. L'attaque a échoué.

 

Mais un autre danger guette : des avions Kamikaze prennent pour cible le porte-avions Cangamon appartenant au groupe Sud. L'un d'eux perce un trou de huit mètres de long dans le pont d'envol.

Un groupe d'avions flambe, des réservoirs d'essence, des munitions explosent.

 

Bien que les journaux de l'époque s'éfforcèrent de faire apparaître que les attaques d'avions-suicide étaient coûteuses pour l'ennemi et peu efficaces, le résultat des attaques des 25 et 26 octobre fut à peu près le suivant : un porte-avions d'escorte coulé, quatre sérieusement endommagés, un moins gravement.

 

L'idée d'engins-suicide avait germé au Japon dès avant la guerre...

 

Mais une fois de plus la supériorité aérienne américaine fera la différence.

 

Le 18 février 1945, huit cent navires, dont certains appareils venaient d'attaquer des navires japonais jusque dans la baie de Tokio, se trouvent rassemblés devant Iwo-Jima, présenté dans les récits de guerre comme un "roc désolé". Après deux jours de bombardement, faisant suite à des attaques aériennes commencées dès le 1er décembre, cette qualification est effectivement exacte. 

 

Dans un chaland de débarquement (L.V.I.), le sergent Richard E. Mawson, un "Marines", doit assurer le reportage radiophonique "sur le vif" de l'opération. De l'avis de tous les auditeurs américains, sa réussite fut complète : " L'audition de son récit était d'autant plus émouvante qu'elle était ponctuée par les explosions des obus et des bombes, et par le tonnerre des vagues d'avions en train de piquer "...

 

Les bombardements ont détruit tout ce qui se trouvait à la surface, non ce qui était souterrain.

 

Georges Blond assure que la bataille a duré 26 jours tandis que le commentaire au dos du DVD évoque "40 jours d'héroïques combats"...

 

Les pertes américaines, quoiqu'il en soit, ont été les plus élevées de toute la campagne du Pacifique : 4 189 tués, 441 disparus, 15 208 blessés. Côté japonais, on dénombre 21 000 tués.

 

On le constate toujours tristement, rien ne stimule l'esprit d'ingéniosité comme la guerre.

Ainsi l'Enterprise parvient-il à se transformer en "porte-avions de nuit", alors que ce n'était pas sa fonction.

 

Le 10 mars, Tokio a subi son douzième bombardement; 300 superforteresses, venues de la base de Guam, ont jeté sur la ville 1 200 tonnes de bombes. 

Les aviateurs de la task-force, eux, auront le privilège de se voir attribuer des objectifs militaires.

 

A Okinawa, il apparait après quelques jours que les japonais ont complètement abandonné le nord de l'Ile. 97 pour cent des forces de la garnison, y compris l'artillerie, ont été concentrées dans le sud.

Le camp retranché doit retarder la progession américaine pendant plusieurs semaines et dans le même temps des avions-sucide devront détruire les navires indispensables aux troupes débarquées.

 

Le 7 avril, au large d'Okinawa, le Yamato refait parler de lui. Les derniers navires de l'Empereur ont pris la mer. Il n'y a plus d'avions pour les défendre. La formidable D.C.A. du cuirassé géant n'y pourra rien : des vagues successives de chasseurs, d'avions-torpilleurs et de bombardiers en piqué fondent sur le Yamato et les destroyers qui l'entourent.

Frappé à mort, le Yamato explose.

 

Cependant il parait de plus en plus évident aux chefs américains qu'aucune destruction ne parviendra à démoraliser le peuple japonais au point de le contraindre à capituler.

Faudra-t-il exterminer toute la population ?

 

Le 4 juillet, anniversaire de l'Indépendance Day, un communiqué américain annonce que le Japon vient de recevoir sa cent millième tonne de bombes. La plupart des grandes villes japonaises sont en feu ou en cendres, le nombre de morts dépasse largement le million.

 

Un ultimatum est lancé le 26 juillet. Plusieurs jours s'écoulent. La réponse tarde.

 

" Alors, l'Homme Blanc allume le soleil de mort dont le rayonnement est incalculable. "

Tag(s) : #Journal de lecture

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