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http://laternamagika.files.wordpress.com/2009/07/le-sixieme-sens.jpgSixième Sens n'est pas seulement un film de M Night Shyamalan de 1999 avec Bruce Willis mais aussi la première adaptation cinématographique du thriller de Thomas Harris publié en 1982 : Dragon Rouge.

 

Dans le roman et donc aussi dans le film, sorti en 1987, le désormais célèbre Hannibal Lecter est déjà sous les verrous.

Plus tard il s'échappera (voir Le Silence des Agneaux).


Le tueur en série qui sévit ici a été baptisé le « tueur de la pleine lune » mais les agents de terrain du FBI l'appelle Dent vicelarde, on verra plus loin pourquoi.

 

Une petite précision personnelle : je n'ai lu aucun des livres (il va falloir que je m'y mette) par contre j'ai vu tous les films sauf le dernier Hannibal Lecter : les origines du mal, sorti en 2007, avec un jeune acteur français au générique (cocorico).



La Saga cinématographique a donc déjà duré 20 ans (avec un intervalle de 10 ans entre Le silence des agneaux et Hannibal) et rien ne dit que c'est terminé, même si en revenant sur l'enfance et l'adolescence de « l'incarnation absolue du mal » (Lecter), Peter Webber, le réalisateur du dernier opus, semble avoir boucler la boucle.

 

Réalisé par le grand Michael Mann, Le Sixième Sens a eu un succès critique mais a été un échec commercial.


En visionnant le film, on peut essayer, tout en appréciant ou pas le spectacle, de comprendre pourquoi.

Mais d'abord je ne résiste pas au petit plaisir qui consiste à citer le  « 4ème de couv » du DVD : « Le Sixième Sens présente le personnage d'Hannibal Lecter à un public inattendu ».

Ça doit être ce qu'on appelle de la traduction littérale !


Il est dit aussi que « ce film est considéré comme le plus significatif et important de la carrière de Michael Mann. » Etant donné la mauvaise réception du film, c'est manifestement faux. Le nom de Michael Mann évoque davantage Le Dernier des Mohicans (1992), Ali (2002) et plus encore Heat (1995), que son adaptation du roman de Harris.

 

Qu'est-ce qui n'a pas fonctionné ? Peu de reproches à faire au scénario, oscillant entre l'enquête classique du FBI, qui déploie ici les grands moyens (on ne lésine ni avec la technologie ni avec les déplacements en hélicoptère ou en jet); une investigation de style « profiler » (William Petersen est de presque tous les plans); et la vie privée, un peu bousculée par les événements, du héros, qui a d'ailleurs pris sa retraite (dorée si on en juge d'après le « bungalow » où il vit, avec sa femme et son fils, sur une plage de Floride) après s'être fait assez durement « étrillé », lors de l'arrestation du criminel, par ce cher Docteur Lecktor.


Il ne deviendra "Lecter" que dans la trilogie.


L'aspect "profiler" (je-me-mets-dans-la-tête-du-tueur-pour-mieux-le-coincer) représentait sûrement une nouveauté à l'époque, en 1987, mais évidemment depuis on nous a resservi le plat plus souvent qu'à notre tour.

 

Rien a redire au casting du film qui, bien que dépourvu de stars, est impeccable. Il faudra bien sûr revenir plus précisément sur les prestations, et pour certains les carrières, des uns et des autres.

La réalisation, comme toujours chez Mann, est soignée.

 

Mais peut-être un peu trop timide. Il ne montre sans doute pas assez les meurtres qui sont juste suggérés. Mais à l'époque, et peut-être encore aujourd'hui, ce n'était peut-être pas évident de montrer une gentille famille se faire massacrer et mutiler par un tueur psychopathe.


Un Peckinpah pouvait se permettre de montrer crûment la violence mais elle ne s'exerçait pas sur des mères de famille et de jeunes enfants.

 

La séquence d'ouverture est assez belle : le tueur, en plan subjectif, pénètre dans une maison, monte un escalier et éclaire ce qu'il voit avec une lampe de poche.

Arrivé dans la chambre où dorment les parents, il éclaire le lit, la femme, couchée sur le dos, commence à s'agiter dans son sommeil et le changement de plan n'intervient que lorsqu'elle se réveille et se redresse dans le lit, nullement effrayée d'ailleurs mais bien sûr elle ne sait pas encore ce qui l'attend.

 

Mais la musique de Michel Rubini (entre new wave et new age ?) n'est selon moi pas à la hauteur.

Cette musique « planante », qui abuse des synthés, n'était peut-être la plus appropriée.

 

Les dialogues et même les monologues, puisque notre héros parle assez souvent tout seul, en outre, ne brillent pas par leur originalité.

 

Le choix du titre français n'était peut-être pas judicieux, le titre original Manhunter sonne mieux. Le profiler est bien doté d'une espèce de sixième sens, qui lui permet de se mettre à la place du « tueur de la pleine lune », qui, tout comme Lecter, est du genre cannibale, en tout cas il mord ses victimes.

 


La couleur blanche est la couleur dominante du film, elle envahit l'image et donne un effet « clinique » : dans la cellule, et l'établissement tout entier, où est emprisonné Lecter, en Floride dans la maison de Graham et jusqu'aux bateaux de la jetée, dans les bureaux et les couloirs du FBI, dans la maison de la famille victime du Dragon Rouge.


Il est vrai que le sang est du plus bel effet sur un drap ou un mur blanc.


Sans doute aussi le meurtrier apparaît-il trop tard, il faut attendre pratiquement le milieu du film pour faire sa connaissance. L'idée a du sembler bonne mais le spectateur finit par s'impatienter et reste sur sa faim.

 

Je disais que le casting est impeccable et en effet l'acteur qui interprète le Dragon Rouge est assez étonnant : immense (1m97), il a un coté « albinos » qui le rend vraiment inquiétant et même sa calvitie et sa couronne de cheveux blancs (dans le film on le décrit comme blond mais en fait il a le « poil » presque blanc), loin de le rendre « inoffensif », lui donne plutôt une allure étrange. Par dessus tout il est passablement « allumé ».


Tom Noonan, c'est son nom, n'a même pas sa photo dans allociné . Sans doute n'a t-il pas fait grand chose d'autre. Il joue quand même dans La Porte du Paradis, le film «maudit » de Michael Cimino et The Pledge de Sean Penn. Mais oui bien sûr c'est lui qui interprète le prédicateur assassin !


Sans avoir tout à fait le charisme d'Anthony Hopkins, Brian Cox est un excellent acteur que j'apprécie particulièrement. Il s'en tire plutôt bien dans le rôle de Lecter. Il est excellent dans La Vengeance dans la peau, X-Mens 2 ou Zodiac


Dennis Farina, le supérieur de Graham, est très bon dans son rôle de « chef » et de coordinateur.


Stephen lang (le "méchant" colonel d'Avatar), assez inquiétant lui aussi, aurait pu également interprété le Dragon Rouge.

 

William L. Petersen (Graham) est plus connu pour ses rôles à la télévision notamment dans Les Experts. Il y a une fragilité intéressante chez lui mais on ne peut pas s'empêcher de remarquer sa curieuse démarche et ses jambes arquées. Il a exprimé récemment son désir de quitter la série après 15 ans (?) de bons et loyaux services.

On pourrait le comparer à David Caruso qui après avoir joué (à la perfection) un flic dans Theof New York King s'est surtout fait remarqué dans ...Les Experts – Miami.

Pas de grande stars donc au générique mais des acteurs solides et confirmés.

 

Dragon Rouge (2002, Brett Ratner) joue par contre la carte du "star system" avec des pointures comme Anthony Hopkins, Harvey Keitel ou Ralph Fiennes. AH est impérial dans le rôle de Lecter (et non plus Lektor).

Edward Norton reprend avec conviction le rôle de Graham et Ralph Fiennes, affligé cette fois d'un bec de lièvre, est aussi impressionnant par son jeu que par le dragon rouge grand format tatoué sur son dos.

Mention spéciale à Emily Watson qui joue, mieux que Joan Allen dans Sixième Sens, la jeune aveugle délurée dont le tueur tombe amoureux et qu'il refuse de sacrifier sur l'autel du Grand Dragon Rouge.

Il faut dire que l'auteur de la gravure originale n'est autre que le poète et dessinateur Willam Blake (1757-1827).

Si je ne me trompe pas il n'y avait aucune allusion à Blake dans Sixième Sens. Ce tatouage donne en tout cas une dimension visuelle intéressante à la "transformation" du tueur.

 

http://www.gigastreaming.com/images/films/h24gwplu.jpgDragon Rouge s'enrichit en outre d'un prologue, situé à Baltimore, qui débute par un concert symphonique, se poursuit par un diner entre amis où l'on se délecte d'une viande délicieuse mais que les convives ont a du mal à identifier et se termine par l'arrestation, plutôt musclée, de Lecter. 


En fait Graham et Lecter s'infligent l'un à l'autre de telles blessures qu'on est un peu étonné de les revoir en vie.

Lecter une fois derrière les barreaux, l'ex-agent du FBI éprouve l'irrésistible besoin, plusieurs années après il est vrai, de demander l'aide de celui qui a failli le tuer.


Dans mon souvenir Le Sixième Sens était meilleur que Dragon Rouge. Les ayant revus tous les deux, je n'en suis plus aussi certain. La mise en scène de Ratner est certes moins "racée" que celle du "maître", plus transparente aussi, mais sa caméra est plus proche des acteurs.


Le style "épuré et glacial" (allociné) de Mann en 1987 maintient un peu le spectateur à distance et n'est pas aussi maitrisé que celui de Heat, 12 ans plus tard.  

 

Tag(s) : #Cinéma & DVD

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