Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

http://www.schizodoxe.com/docs/2008/11/la-musique-du-sang.jpgGreg Bear s’est toujours intéressé aux nanotechnologies. Cependant lorsqu’il publie La musique du sang en 1985, le mot n’existe pas encore. Dans le roman il est donc question de cellules bio-logiques ou de bio-puces.

Puis de " noocytes ", des bio-puces issues de " l'incorporation de circuits moléculaires de protéines à l'électronique du silicium ".

 

Un jeune chercheur, viré de Génétron, le labo high-tech dans lequel il travaille, est obligé de s’injecter le « fruit » de ses recherches (menées en secret), avec l’espoir de récupérer plus tard les cellules synthétiques révolutionnaires qu’il a mis au point.

 

Il espère que ses travaux attireront l'attention de Michaël Bernard, un scientifique très médiatisé.

 

Peu de temps après il se rend compte qu’il n’a plus besoin de lunettes et commence à perdre du poids. Mais très vite d’autres changements interviennent en lui…

 

Il a perdu son boulot mais gagné une petite amie, Candice, rencontrée dans un bar.

 

" Il aurait bien aimé (parfois) que s'arrête un peu cet engrenage incessant de pensées, de plans et de soucis, ce traitement de l'information en vue de glaner quelque nouvel aperçu des choses. Etre comme Candice, ce serait des vacances ".

 

Vergil soupçonne rapidement qu'il a été " aidé " dans ses recherches. Ces " salauds de gènes " l'ont poussé à le faire.  Les choses se mettaient en place toutes seules parce que les " gènes égoïstes " veulent se débarrasser de nous et se reproduire librement dans le milieu cellulaire. 

 

Les analyses médicales réalisées par son ami Edward révèlent une numération des lymphocytes beaucoup trop élevée et qu'il a tout l'air d'être en train de mourir d'une grave infection.

 

Vergil se met à entendre " le glissement du sang le long des artères, des veines. L'activité. La musique du sang ".

Puis vient le moment où les noocytes lui parlent.  S'engage alors avec elles une sorte de dialogue télépathique...

 

Son corps, ses os, subissent des transformations. Il est comme " redessiné " par ses hôtes.

 

Finalement le professeur Bernard se montre très intéressé par le cas " Vergil " et par l'intermédiaire d'Edward lui offre de revenir à Génétron. Dans le cube noir dédié à la recherche militaire situé juste derrière l'immeuble qui abrite Génétron on poursuit d'ailleurs des recherches similaires à celles de Vergil Ulam. Mais avec moins de succès.

 

Bernard projette d'étudier Vergil in vitro. Mais Vergil va disparaitre de la circulation (je laisse le soin au lecteur de découvrir de quelle manière). Il laisse en héritage à l'humanité " une maladie qui pense ", une " peste inteligente ".

 

A Génétron on commence à prendre conscience que tous ceux qui ont été en contact avec Vergil sont eux ausi contaminés.

 

Bernard décide de fuir, à bord de son jet privé, et de rejoindre l'Allemagne où il s'enfermera dans un laboratoire d'isolement total, s'offrant ainsi comme cobaye humain.

 

Sur place il apprend que tous les vols entre l'Allemagne et les Etas-Unis ont été annulés.

Là-bas " quelque chose de très grave est en train de se produire ".

 

A Brooklyn Heights Suzy, 18 ans, se réveille plus tard que d'habitude et découvre dans la cuisine " trois formes incongrues " dont elle sait bien qu'il s'agit de sa mère et de ses deux frères.

 

Un réseau de choses semblables à des racines disparaissent dans une crevasse entre le plancher et le mur.

 

Suzy va vite découvrir qu'elle est toute seule. Elle imagine les cuisines de toutes les maisons de Brooklyn, remplies de vêtements vides et de corps en train de se dissoudre...

 

Les images satellites montrent des changements en cours dans les forêts et le réseau hydrographique de l'Amérique du Nord.

 

Dans les villes la plupart des gens sont infectés et transformés en quarante-huit-heures.

 

Comment la contamination a t-elle pu se propager aussi vite ? L'auteur ne répond pas vraiment à cette question.

 

A bord d'un avion des scientifiques et des journalistes peuvent observer, là où se trouvaient les parcs à bestiaux de Chicago, de " grands oeufs marron et blanc...plus grands que des dinosaures, sans pattes, ni têtes, ni queue..(avec) des extensions, des prolongements, gardés ou entourés par des polyèdres...avec des pattes comme des insectes, droites et non articulées, des pattes qui devaient faire deux ou trois mètres de diamètre...Est-ce que ces grands oeufs planaient vraiment ? ".

 

Les noocytes qui conversent avec le professeur Bernard aimeraient bien que l'attention de celui-ci soit totalement tournée vers l'intérieur afin d'avoir des " relations plus " pures ", mais les amas de commandement croient qu'actuellement, il vaut mieux que nous soyons discrets. "

 

Un chercheur londonien, qu'on a autorisé à rencontrer brièvement le cobaye humain, a une théorie intéressante à exposer à Bernard. D'après lui " le traitement de l'information - plus précisément l'observation - a un effet sur les événements survenant dans l'espace-temps ". Il pense que l'apparition des noocytes " observant tout dans leur environnement " et qui, en Amérique du Nord, doivent être au nombre de plusieurs billions, risque de modifier " le timbre même de l'univers ".  

Mais si elles s'en rendent compte, elles limiteront d'elles-même leur croissance afin d'éviter un " trou noir de la pensée " dont les effets sur le temps pourraient détruire la Terre. 

 

On retrouvera plusieurs fois par la suite Suzy, Michaël ainsi que deux jumeaux, des survivants eux aussi, qui ont " ramassé " sur leur route la propre mère de Vergil, elle aussi indemne.

 

Les noocytes n'ont pas encore livrés tous leurs secrets...et l'avenir de notre planète...sans parler de celui de l'espèce humaine...parait bien incertain...

 

Ce roman, à l’origine une nouvelle, fait déjà montre d’une grande ambition. Ambition que l’on retrouvera intacte (et même décuplée) dans le cycle d'Eon. Greg Bear, qui a aussi signé un roman de la saga Star Wars et participé à l'aventure de Fondation, est bien un auteur majeur de la hard science.

Tag(s) : #Journal de lecture

Partager cet article

Repost 0