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http://www.images-chapitre.com/ima3/original/959/79959_2655442.jpgLa mémoire dans la peau (Bourne identity, 1980), est le second thriller de Robert Ludlum que j'ai l'occasion de lire après Osterman Week-end (1972), superbement mis en scène par Sam Peckinpah .

 

Plus subtil dans son propos OW est comparativement un petit livre (350 pages).

Habile réflexion sur le mensonge et la vérité, à partir de la question suivante : des citoyens américains sont-ils ou non des agents soviétiques ?

Le tout orchestré par un espion manipulateur (John Hurt) désireux de venger la mort de son épouse.

 

C'est bien sûr la trilogie cinématographique avec Matt Damon qui m'a donné envie de lire le roman.

 

Les films se distinguent par la sécheresse de leur mise en scène, au service de l'action, le roman au contraire s'avère plutôt bavard et considérablement alourdi par le pathos.

 

Ludlum, en phase avec l'actualité de l'époque, avait cru bon de glisser dans son livre un personnage réel, le fameux terroriste Carlos.

 

Je suis justement aller voir cet été le Carlos d'Olivier Assayas (cela pourrait d'ailleurs être le cinéaste français à ajouter à ma liste de réalisateurs à redécouvrir Bubble - Steven Soderbergh ) dans sa version cinéma de 2h45.

 

Le Carlos de Ludlum apparaît complètement fantaisiste, avec sa taille fine et ses larges épaules, il évoque un méchant de bandes dessinées.

 

Il retrouve ses indicateurs, déguisé en prêtre, dans des confessionals. Les indicateurs en questions sont tous des vieillards, parfois eux-mêmes anciens agents, que Carlos rétribue grassement leur permettant d'améliorer leurs vieux jours....

 

Il est vrai qu'on a parfois vu au cinéma des RDV secrets dans des églises mais là cela dépasse les bo(u)rnes !

 

Dans le livre Carlos apparaît comme l'ennemi n° 1 pour les américains. Dans le film on apprend que Carlos ne s'est jamais pris à un citoyen américain et que s'ils souhaitent bien le voir mis hors d'état de nuire, ils ne peuvent rien contre lui officiellement. 

 

Après tout cela s' accorde au fait que c'est une organisation secrète, distincte de la CIA, Treadstone, qui dans le livre monte l'opération destinée non pas à infiltrer Jason Bourne dans l'organisation aux ramifications mondiales de Carlos mais à "inventer" un rival, un tueur plus redoutable encore que Carlos : Caïn.

 

C'est un peu tiré par les cheveux. Carlos, jaloux, est censé se dévoiler pour éliminer son rival.

 

Dans le film Jason est "juste" un agent appartenant à une organisation chargée, pour le compte de la CIA, d'éliminer des "ennemis" des États-Unis.

 

Lors d'une opération sur un yacht il reçoit plusieurs balles et tombe à l'eau. Recueilli par un pêcheur qui le soigne et trouve sous sa peau un objet métallique renfermant un numéro de compte en Suisse, il s'y rend et prend conscience qu'il est un expert en combat rapproché dès lors que deux policiers zurichois veulent le chasser d'un parc où il a passé la nuit...c'est le début d'une longue série d'aventures et de mésaventures...

 

Dans le livre il passe six mois sur une île imaginaire au large de Marseille soigné par un médecin britannique alcoolique.

 

Bourne est un ancien membre de l'opération ultra-secrète Méduse qui a consisté pendant la guerre du Vietnam à infiltrer des agents derrière les lignes ennemies pour éliminer les chefs.

 

On sait que déjà pendant la guerre d'Indochine des parachutistes, des légionnaires et des membres des forces spéciales ont fait à peu près la même chose, organisant en outre des milices constituées, entre autres, d'indiens Méos, ennemis ancestraux des "viets" (voir, entre autres, les mémoires du colonel Sassi).

 

Dans le bouquin Bourne prend en otage une fonctionnaire des Finances canadiennes, devenue une jeune femme un peu paumée dans le film.

 

Il y a beaucoup de choses intéressantes (par exemple la réunion entre des représentants des services de renseignement et un élu) mais les interrogations existentielles de Bourne et plus encore sa relation compliquée avec la canadienne finalement tombée amoureuse de lui après qu'il l'ait sauvé des griffes d'un tueur qui s'apprêtait à la violer avant d'en finir, sont un peu pesantes.

 

Dans le  film et ses deux suites tout cela est réduit à l'essentiel et primauté est donnée à l'action.

 

Le talent de Doug Liman et de Paul Greengrass, venu du documentaire, pour les deux suites (La mort dans la peau et La vengeance dans la peau) ont permis à la trilogie de donner un nouveau souffle au film d'espionnage et au film d'action.

 

Quant au livre il aurait gagner à être plus ramassé, débarrassé de son fatras psychologique, et du personnage de Carlos, peu crédible.

La lecture d'Osterman week-end est donc plus conseillé et en ce qui concerne Jason Bourne, il vaut mieux voir ou revoir les films même si le premier reste le meilleur des trois.

 

Tag(s) : #Journal de lecture

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