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Plutôt que de me procurer les trois romans un par un, j'ai préféré m'offrir, en Livre de poche La trilogie Berlinoise, 1016 pages en tout. Pour le moment je n'ai encore lu que le premier, L'Eté de cristal. Je me suis tâté : est-ce que je devais attendre d'avoir tout lu ou fallait-il que je chronique dès maintenant (6 mois après l'avoir terminé tout de même) le premier volume ? Vous avez la réponse sous les yeux.

On peut trouver de nombreux romans, policiers ou autres, dans lesquels le nazisme, d'une manière ou d'une autre, joue un rôle (par exemple Millénium I) mais, comme Robert Harris après lui (je pensais que Philip Kerr s'en était inspiré mais ce serait plutôt l'inverse), à travers son roman Fatherland (1992) ( Fatherland - Robert Harris ), Philip Kerr a pris le parti de situer ses récits policiers au coeur du troisième Reich. Sauf que chez Harris, il s'agit d'une uchronie dans laquelle le Reich en question a gagné la guerre, ce qui permet à l'auteur de situer son histoire en...1964.

Là où RH a choisi pour héros un policier en exercice, Kerr a opté pour un ancien flic devenu enquêteur privé, Bernie Gunther. 

A Berlin des SA démontent les vitrines où s'affichent chaque nouveau numéro du Stürmer dans lequel s'étalent les dessins à moitié pornographiques de jeunes aryennes soumises à l'étreinte de satyres au nez crochu...En fait ils font le ménage en vue des futures Olympiades, celles de 1936 : il ne faut pas choquer les visiteurs étrangers.

Bernie se rend au mariage de sa secrétaire, Dagmar. Johannes, son futur époux, est un aviateur du corps d'aviation national-socialiste et c'est aussi un parfait spécimen d'aryen viril et conquérant.

Dans son travail, Gunther fuit les divorces comme la peste depuis qu'un de ses clients en froid avec son épouse a failli le descendre...
Maintenant il s'occupe plutôt des personnes disparues et cette activité a pris un singulier essor depuis l'arrivée des nazis au pouvoir.

Son bureau est sur Alexanderplatz, un nom qui rappelera des souvenirs aux lecteurs, dont je suis, du roman éponyme d'Alfred Doblin...

A peine sorti, passablement éméché, de la fête et avoir racompagné, après un détour coquin, une jeune vendeuse invitée à la réception, Herr Gunther se voit proposer une affaire...

Je n'en dirais pas beaucoup plus (cette fois pas de spoilers) sinon que Gunther se verra bientôt "prier", plutôt fermement, d'aller enquêter dans un camp de travail (KZ), à Dachau plus précisément, et donc s'y faire interner, par un certain Heydrich... 

Bernie Gunther est un digne héritier de Sam Spade et Philip Marlowe (humour et insolence) et l'on apprend quantité de choses sur les nazis et leurs petites manies.

Ceux qui s'intéressent au lieu et à la période devront lire, si ce n'est déjà fait, le Alexanderplatz de Doblin ou encore Seul dans Berlin d'Hans Fallada (je ne l'ai pas encore lu).

Deux auteurs contemporains, eux, des faits qu'ils relatent ou plutôt des histoires qu'ils nous racontent, très imprégnées, néanmoins, par les soubresauts de l'époque...


Tag(s) : #Polars

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