Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

l'accordeur-copie-1Les amateurs de poésie apprécieront ce poème cinématographique signé en 2006 par les frères Quay (que je ne connaissais pas) d'où tout réalisme est exclu.


Aucun « effet de réel » dans ce conte néanmoins cruel auquel un quarto d'acteurs habités donnent chair.


Les personnages du film évoluent dans un monde sans perspective, un théâtre d'ombres et de décors aux couleurs passées.


Une cantatrice (Amina Casar) s'écroule sur scène, victime d'un malaise, morte.
Le docteur Droz (Gotffried John), depuis longtemps
fasciné, et plus encore, obsédé par sa voix, s'empare de son corps et l'emporte sur une île qu'on pourrait croire celle du docteur Moreau.


Il y vit en compagnie d'une gouvernante espagnole (Assumpta Serna) et entouré de drôles de jardiniers qui sont en fait d'anciens patients.


Le docteur Droz est aliéniste mais pratique surtout l'art de la résurrection.


Grâce aux "bons" soins du docteur, la cantatrice ne tarde pas à revenir à la vie et se met à errer à la recherche de son passé et de son fiancé Adolfo (César Saracho) qu'elle croit reconnaître dans la personne d'un accordeur de piano du nom de Felisberto que le docteur a fait mandé pour achever les réglages d'une série d'automates,
en vue d'un spectacle dont la cantatice sera la pièce maitresse.

 

Les paysages de l'île semblent avoir être dessinés par Max Ernst en personne.

Les 2 frères n'hésitent pas à utiliser des trucages que n'aurait pas désavoués Méliès.
Aucun trucage numérique, à première vue, ne "pollue" l'image.

Tous les charmes de la photographie à l'ancienne sont de surcroit convoqués par les réalisateurs.


Un film rare, aux frontières de l'expérimentation visuelle, propre à envouter ceux qui voudront bien, avec un minimum d'effort, s'y laisser prendre. 

Tag(s) : #Cinéma & DVD

Partager cet article

Repost 0