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http://critiques.romandie.com/get/7438/0free.jpgLe cinéma social et militant durcit le ton. Qu’il s’agisse des frères Dardenne (Le silence de Lorna, 2008) ou de Ken Loach (It’s a free world, 2007), dans leurs films la situation sociale semble avoir empirée.

 

Au début on se dit que ken Loach exagère ou plutôt qu’il caricature. Que ce n’est pas un vrai film mais juste la mise en image d’un tract syndical. Puis le malaise, insidieusement, s’installe.

 

La nouveauté c’est que l’on à affaire à une exploiteuse. Non contente d’exploiter les pauvres, des immigrés avec ou sans papiers, elle néglige son fils, gardé par ses grands-parents.

 

Sa copine, une métisse, plus hésitante au départ, ne se lance pas moins dans l’aventure qui consiste à monter une boite de recrutement non déclarée et qui bien sûr ne paiera aucune taxe.

 

 

Mais promis juré dès que l’entreprise sera installée on se mettra en règle…

 

En plus de fournir de la main d’œuvre taillable et corvéable à merci, les deux charmantes demoiselles les logent moyennant finance, louant une maison 281 livres, y installant des lits superposés et décuplant la mise en loyers…

 

Tout cela transparaît dans les conversations mais n’apparaît pas forcément à l’image : les méfaits des deux acolytes ne sont pas toujours suffisamment « incarnés » à l’image.

 

La nouveauté aussi c'est que les victimes ne se laissent pas toujours faire : après qu'un intermédiaire lui ait fait un chèque en bois, elle est agressée et tabassée par un des travailleurs immigrés, fâché de ne pas avoir été payé…

 

Ensuite un commando cagoulé la séquestre chez elle et la menace de s'en prendre à son fils si elle ne paye pas ce qu'elle doit...

 

Lorqu'elle appelle les services de l'immigration pour qu'ils interviennent dans un campement de caravanes, pour faire de la place afin d'y loger « ses » ouvriers, sa copine la lâche...

 

Finalement elle reprend son ancien boulot qui consiste à partir recruter de la main d'oeuvre bon marché ans les pays d'Europe de l'Est...

 

Son père, ancien ouvrier, qui a travaillé 30 ans dans la même entreprise témoigne de  l'existence  d'un capitalisme à l'ancienne, paternaliste, qui aurait disparu maintenant que l'ultra-libéralisme triomphe...

 

http://image.toutlecine.com/photos/l/e/0/le-silence-de-lorna-the-silence-of-lorna-27-08-2008-10-10-2008-2-g.jpgL'autorité publique est absente aussi bien dans It's...que dans Le silence de Lorna. Dans ce dernier en fait, tout à la fin du film, deux policiers (dont Olivier Gourmet) passent, en coup de vent, interroger Lorna sur la mort par overdose de son ex-mari.

 

Lorna, jeune albanaise vivant en belgique, manipulée par un réseau mafieux, qui vient de divorcer pour pouvoir à nouveau contracter un mariage blanc, maintenant qu'elle a acquis la nationalité belge.

 

Trafiquants, exploiteurs, fraudeurs et autres escrocs semblent donc agir en toute impunité.

 

Maintenant dans ces films, il y a des morts : accidentelles dans La promesse (les frères Dardenne, 1995) ou dans It's (les accidents mortels dus aux mauvaises conditions de travail évoqués par un des "cagoulés"), elle est provoquée dans Le silence de Lorna : son ex-mari (Jérémie Rénier) est en fait assassiné.

 

Ce que Ken Loach comme les frères Dardenne montrent se situe certes dans les "marges" de nos sociétés industrielles "avancées", dans les "périphéries" de nos villes et ce sont d'abord les immigrants, clandestins ou non, qui en font les frais.

 

Mais c'est le désir de réussite et de s'enrichir d'Angie la britannique, alimenté par sa volonté de ne pas vivre à son tour la vie "pauvre mais digne" de ses parents, une vie de toute façon rendue impossible par le chômage, qui la pousse à franchir les limites....

Tag(s) : #Cinéma & DVD

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