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http://images.allocine.fr/r_160_214/b_1_cfd7e1/medias/nmedia/00/02/41/89/69220919_af.jpgDans Invincible (2001) Werner Herzog décrit l'ascension d'un jeune forgeron juif Zishe Breitbart (Jouko Ahola), remarqué par un imprésario pour sa force herculéenne et appelé à Berlin, dans les années 20, pour interpréter sur scène les héros de la mythologie nordique.

 

Son mentor, Hanussen (Tim Roth), directeur du cabaret de Berlin, est un mage qui tyrannise sa troupe et ne désire qu'une chose : donner au public ce qu'il attend.

 

La montée en puissance des nationaux-socialistes le convainc de miser sur ceux dont il pressent l'irrésistible ascension.

 

Un jour, n'y tenant plus, Zishe révèle au public la supercherie : il est juif, ne veut plus incarner de héros aryens et il em...les nazis.

 

 

Dans la foulée il dénonce les trucs du soi-disant mage. Le vent commence à tourner pour l'artiste aux ambitions démesurées. Il se fait passer pour un aristocrate suédois mais il s'avère qu'il est lui aussi juif. Les nazis ne lui pardonneront pas.

 

De retour en Pologne Zishe essaie de prévenir sa communauté du danger que représente les nazis.

Il meurt du tétanos après s'être blessé avec un clou rouillé, sans avoir été entendu. Dans son dernier souffle il dit mourir invaincu. 

 

Herzog réalisait là un film ambitieux mais "fauché" et ce manque de moyens rejallit malheureusement sur la mise en scène.

 

Hanussen a vraiment existé et Istvan Szabo s'est lui aussi intéressé au personnage à travers son film éponyme. C'est Klaus Maria Brandauer qui interprète le roi de l'hypnose.

 

 

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/0/1/3/3700246901310.jpgEn 1981 Istvan Szabo réalise Méphisto, adapté du roman éponyme de Klaus  Mann publié en 1936, premier volet d'une trilogie "berlinoise" dont Hanussen sera le dernier.

 

Klaus Maria Brandauer y interprète un acteur ambitieux, Hendrik Höefgen, désireux de se faire un nom à Berlin et prêt à tout pour réussir.

 

Alors qu'il la considèrait comme une grosse dondon, il s'assure les bonnes grâces d'une actrice qui est aussi la maitresse d'un haut dignitaire nazi. Hitler est élu chancelier.

 

A son arrivée à Berlin pourtant il ambitionne d'abord de créer un théâtre total, dans lequel tous pouront se retrouver. "Les travailleurs ont besoin d'un vrai théâtre" affirme t-il alors.

 

Son interprétation de Méphisto est remarquée et fait de lui la nouvelle coqueluche de la capitale du Reich. Il a fait venir sa maitresse, une métis qui, dans la nouvelle Allemagne, doit vivre cachée.

 

A Hambourg, lors d'une de ses visites chez elle, histoire sans doute de mettre dès le début du film les poings sur les "i", sa maitresse fait de lui un portrait peu amène.

 

Elle le voit comme un menteur pathologique, incapable d'aimer qui que se soit d'autre que lui-même. Pourquoi alors reste-t-elle avec lui ?

Il est vrai que l'amour, parait-il, est aveugle.

 

Mais il doit bien vite la quitter sur les injonctions du ministre qui veut bien lui pardonner ses incartades bolchéviques mais pas d'entretenir une liaison "contre-nature".

 

Il obtient néanmoins qu'aucun mal ne lui soit fait, mais elle devra quitter l'Allemagne.

 

L'épouse d'Hendrik, issue d'une vieille famille républicaine, s'est exilée à Amsterdam où elle lutte de toutes ses forces contre le régime nazi.

 

Hendrik, de passage à Paris, la revoie. Elle l'exhorte à ne pas retourner en Allemagne. Il lui répond qu'il faut bien préserver des valeurs pour l'avenir. "La liberté pourquoi faire ?" se demande t-il dans les rues de Paris.

 

A Paris il retrouve également sa maîtresse mais il lui demande de ne plus lui écrire à Berlin et lui annonce qu'il ne la reverra sans doute jamais.

 

Divorcée, il épouse une actrice qui a les faveurs du régime.

 

Sans bénéficier de moyens hollywoodiens Szabo parvient quand même a donné à son film une envergure qui, 20 ans plus tard, fera défaut au film d'Herzog.

 

Certes les vues de Paris ou de Berlin sont limitées mais theâtres et palais sont somptueux.

 

 

Dans les bonus du film Szabo pose la question suivante : Si un artiste est coupable parce qu'il est corrompu par un régime politique, son art est-il lui aussi coupable ?

 

 

On aurait envie de dire que le tribunal doit juger l'artiste tandis que son art, lui, sera jugé par le public et par les critiques. 

 

Höefgen joue les pièces du répertoire, du moins celles qui sont autorisées, mais ne se commet pas, par exemple, dans des pièces antisémites.

 

Il se contente de donner d'Hamlet, qu'il a réussi à monter alors que Shakespaeare n'est plus en odeur de sainteté, une version dans laquelle le prince du Danemark devient l'incarnation des vertus "aryennes". 

 

S'il y a un coupable c'est donc l'homme lui-même, par sa compromission, et non son art.

 

Mais Hoëfgen, comme il le dit lui-même, n'a rien à craindre des nazis. Il est de "race pure".

 

Hanussen lui est juif et doit, pour survivre, mais aussi pour nourrir son ambition, se faire passer pour un autre.

 

Peut-on reprocher à un mécanicien d'avoir poursuivi son activité professionnelle, une fois les nazis au pouvoir ? Bien sûr que non. On pourra seulement lui reprocher son aveuglement  coupable face aux nazis et d'avoir ignorer le camp de concentration où à quelques kilomètres de là se commettent des assassinats de masse.

 

il en est autrement pour un acteur, un réalisateur, un homme de théâtre, un écrivain .

Höefgen aurait pu sans doute rester à Hambourg et se contenter d'être un acteur de province.

 

A partir du moment où il monte dans la capitale et se met à convoiter les honneurs, il se compromet.

 

Beaucoup d'artistes, de réalisateurs, d'intellectuels et d'écrivains ont préférés fuir l'allemagne nazie. Pas seulement pour sauver leur vie mais surtout pour sauver leur âme.

Tag(s) : #Cinéma & DVD

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