Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

http://www.geostrategique.com/img/p/272-339-home.jpgLe n° 4 du bimestriel Histoire & Stratégie est entièrement consacré à la participation de la France à l'opération Tempête du désert, sous l'égide de l'ONU.

 

Cette opération reste l'une des plus importantes opérations de projection de forces menée par les armées françaises depuis 1945.

 

Le 2 août 1990 l'armée de Saddam Hussein envahissait le Koweït qui fut, il est vrai, la " 19è province " de l'Irak.

 

Le 18 Bagdad annonce que des ressortissants étrangers, dont 27 Français, seront retenus, comme otages, sur des sites stratégiques.

 

Le ministre de la défense Jean-Pierre Chevènement, très impliqué dans les relations franco-irakiennes et hostile à une intervention militaire, démissionnera le 29 janvier 1991 et sera remplacé par Pierre Joxe.

 

C'est la FAR (Force d'Action Rapide) qui a vocation à être un outil de projection disponible en permanence. C'est donc elle qui sera en première ligne dans le Golfe.

 

Le général Huberdeau, alors lieutenant-colonel et chef de l'équipe de liaison auprès de la 2ème brigade de la 80ème Airborne division, se souvient des paras US :  "...en permanence les cadres les galvanisaient en leur disant " les salauds d'en face, c'est à cause d'eux que vous viviez depuis des mois comme des rats, c'est à cause d'eux, peut-être, que votre voisin en en train de séduire votre femme ! "...dans l'armée française ce genre de méthode n'a pas cours : le gars en face, c'est l'adversaire, on est là pour le battre et pas pour le haïr...".

 

Il constate que malgré le déluge de feu qui s'est abattu sur As-Salman, il y a très peu de morts :  " encore une fois, sous un tel matraquage, un combattant terré dans son trou, sauf en cas de coup direct , avait fait la preuve qu'il pouvait survivre à l'enfer. Par contre, ce qui était impressionnant après le cessez-le-feu, c'était la quantité considérable de sous-munitions et de roquettes non explosées qui jonchaient le champ de bataille, représentant autant de dangers pour ceux qui évoluaient dans cet espace. La pollution du champ de bataille n'est pas un vain mot. "

Les seuls victimes françaises seront d'ailleurs tuées par cette " pollution ".

 

Plus loin le missile sol-air SATCP Mistral est présenté comme l'un des meilleurs SATCP du monde.

 

Au niveau aérien c'est le Jaguar, largement utilisé dans les années 80 en Afrique (?), redouté par les mouvements insurrectionnels, qui tiendra la vedette pendant la première guerre du golfe malgré son grand âge.

 

Les mirages F1, eux, seront maintenus au sol pendant l'offensive aérienne par crainte de méprises avec les F1 irakiens.

 

En Arabie saoudite, sur l'aérodrome d'Al-Asha, les personnels capables de " faire tourner la boutique " étant, comme il se doit, d'origine étrangère, étaient tous partis dès le début de la crise. Il fallut donc tout apporter de France

 

Normalement il faut 60 " rampants " pour un " volant ", soit pas moins de 2400 personnels pour 40 appareils de combat.

Il faudra se contenter de 1400 personnes.

 

Pour les aviateurs les choses n'ont guère changées depuis Pierre Clostermann : " Je me souviens, lors de l'approche de l'objectif, de l'impression d'évoluer dans un dôme à l'intérieur duquel explosaient des projectiles de toutes nature, blancs et noirs...comme nous étions très bas nous avons eu droit à toute la ferraille, tout ce que les armes de tous les calibres pouvaient tirer vers le haut !  ". Il faut dire qu'un peu imprudemment il avait été décidé de bombarder à très basse altitude...

 

Pour autant les F-15C Eagle de l'US Air Force se réservent l'exclusivité des combats aériens au-dessus de l'Irak.

 

L'AS 30L, missile air-sol, se révèle d'un bien meilleur rapport coût/efficacité que le BGL américain : il suffit en effet d'un seul missile lors d'une seule attaque pour rendre un abri totalement inutilisable...

 

Une note précise que les Saoudiens, en bons bédouins, ne peuvent s'abaisser aux travaux de terrassements...nécessaires pour préparer la base d'Al-Asha.

Les saoudiens fournissent naturellement le carburant...


Le VTLR rend de grands services logistiques en pouvant transporter directement des conteneurs.   

L'expérience des vents de sable donne tout son sens à ce qu'on lit dans les rapports de la légion étrangère "...la disparition de l'enclume est due à un vent de sable ". 

 

Les américains sont surpris de constater que les français étaient beaucoup mieux adaptés à la vie désertique.

 

Les Marines montent préalablement une manoeuvre d'intoxication avec une fausse manoeuvre de débarquement sur les côtes du Koweït.


Il s'avère que l'artillerie française tire deux fois plus vite que l'artillerie américaine. En revanche la faiblesse des hélicoptères Gazelle HOT tient dans l'incapacité d'emploi nocturne.

 

Après un inventaire des unités et des matériels engagés, place à l’opération proprement dite…

 

Sur le papier, l'offensive de cent heures sur As-Salman oppose les 5000 hommes des  forces françaises (et américaines sous commandement français) à la 45ème division irakienne, entre 10 000 et 12 000 hommes solidement retranchés " à la soviétique " et aguerris. 

Mais ailleurs il est question de 12 000 hommes côté coalition.

 

L'offensive aérienne massive n'avait pas fait cédé Saddam Hussein. La phase terrestre de l'opération " Tempête du désert " devait donc commencer.

 

Artillerie, hélicoptères et tanks (AMX-30B2) seront de la partie.

 

Finalement il apparait rapidement que les irakiens sont totalement désorganisés et moins redoutables que les cailloux aux arêtes tranchantes dont les VAB (transports de troupes) souffrent particulièrement.

Les soldats irakiens se rendent même aux hélicoptères !

 

Quelques chars T-55 et T-62 tentent néanmoins de régir : ils seront détruits par la charge du 4ème RD et de ces AMX-30B2.

 

En cent heures tous les objectifs sont atteints.

Le 27 février c'est le cessez-le-feu. L'opération " Tempête du désert " est terminée.

 

Le retex (retour sur expérience) montre qu'aujourd'hui la France ne serait plus en mesure d'engager dans cette zone, à 7000 km de chez elle, les forces engagées en 1990-1991. La faute à un budget en baisse (1,8% du PIB contre 3,8% à l'époque).

 

Plus de stratégie que d'histoire dans ce bimestriel parsemé de " cocoricos " et de quelques remarques condescendantes qui propose malgré tout un éclairage intéressant sur une opération " tombée quelque peu dans l'oubli du grand public ".

 

On peut aussi considérer que la coalition n'a pas terminé le travail (puisque Saddam Hussein est resté en place) ce qui aurait peut-être pu éviter d'avoir à " remettre ça " en 2003 avec la guerre d'Irak, à laquelle cette fois la France s'est refusée à participer.

 

Une guerre jamais vraiment terminée non plus mais dont les Américains, également présents en Afghanistan, ont déjà commencé à se désengager. 

 


Tag(s) : #Journal de lecture

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :