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Hard, "Le film que l'Amérique a voulu interdire". Réalisé en 1998 par John Huckert.


J'avais eu l'occasion de voir récemment Cruising avec Al Pacino (1980, William Friedkin) dont le sujet est presque le même (le presque est important, on va voir pourquoi) : un jeune flic infiltré se met à fréquenter les bars gays dans le but de coincer un tueur de « pédés ».


La première différence notable tient au fait que le flic de Hard est lui aussi gay mais il n'a pas encore fait son « coming out » auprès de ses nouveaux collègues, ce qui va lui occasionner quelques soucis (insultes et cassage de gueule en règle).


Plutôt beau gosse (d'origine latino, on pourrait dire qu'il « cumule », mais ces collègues ne l'attaqueront jamais là-dessus, ce qui est à mettre à l'actif, j'imagine, du fameux « melting-pot » américain), il attire ses collègues féminines comme des mouches et a bien du mal à échapper à leurs avances.


Tourné avec très peu de moyens mais sans jamais faire fauché, le film respire au contraire la simplicité et fait preuve d'une humilité dont Hollywood ne donne que trop rarement l'exemple.


D'un côté, outre l'audace scénaristique décrite plus haut (à l'époque et sans doute encore aujourd'hui, les studios de Los Angeles ne pouvaient pas se la permettre), on pourrait reprocher au film d'enfiler les clichés :


Raymond (il a quand même américanisé son prénom, en fait c’est Ramone), tout juste reçu au concours de détective doit faire équipe avec un vieux flic blanc expérimenté de la Criminelle, qui le rudoie d'entrée.


Une figure de style souvent rencontrée, dans bon nombre de polars, avec Clint Eastwood par exemple, où l'impétrant est parfois une femme (dans un des Inspecteur Harry, je ne sais plus lequel).


Le tueur, ensuite, homo lui aussi, le nargue (on retrouve ce cas de figure dans Dans la ligne de Mire, autre film avec CI) et se débrouille pour sortir, et même coucher, avec lui.


Il faut dire que dans un genre différent (blanc, châtain, barbu, grand, bien bâti), il est plutôt beau gosse.


Cela on l’a déjà vu, mais entre hétéros, entre un flic et une tueuse ou entre une fliquette et un tueur.


De l’autre (côté), l’efficacité du traitement cinématographique fait que tout coule de source et qu’il se passe toujours quelque chose, grâce à la fluidité de la mise en scène et au talent d’acteurs chevronnés bien que quasi-inconnus.


On a vraiment l’impression en outre d’apprendre quelque chose de la façon dont se mène une enquête policière.


Dans Cruising, Pacino fréquente des bars gays où tout le monde arbore le style cuir tendance flic. Ces bars existent bien (le réalisateur de Cruising s’est documenté) mais la majorité des gays fréquentent des bars plutôt dans le genre de ceux qu’on peut voir dans Hard, où l’on n’a pas besoin de se déguiser.

 

Le coéquipier de Raymond, comme on s'en doute, est un type bien et ne l'accable pas lorsque son homosexualité est découverte. il prononce d'ailleurs une petite phrase, in fine, qui laisse entendre que lui aussi "en est".

Au total un excellent polar qui mériterait une plus large reconnaissance. A conseiller de surcroit aux amateurs de torses virils et de muscles bien dessinés. Evidemment ça manque un peu de nichons !

Tag(s) : #Cinéma & DVD

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