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http://businessenligne.files.wordpress.com/2009/04/google1.jpgAprès Microsoft c'est au tour de Google de devenir le « grand méchant loup » de l’Internet.

Détenant comme la firme de Bill Gates, avec son système d'exploitation windows, un monopole de fait grâce à son célèbre moteur de recherche, le géant informatique s'est donné pour objectif de numériser tous les livres.
Projet titanesque, fruit d'une ambition démesurée ?


Bien sûr c'est surtout dans le but d'enrichir les contenus accessibles via son moteur de recherche. En effet « Les agrégateurs du type Google vendent aux annonceurs des espaces d'information qu'ils n'ont pas produits ».


Lorsque vous lancez une recherche standard dans Google, vous pouvez désormais parfois trouver dans la liste des réponses une occurrence qui vous donnera accès via Google Books au contenu d’un livre traitant ce sujet.
Le livre en question sera accessible en totalité ou en partie. Vous aurez les pages 30 à 40, par exemple, puis un trou et ensuite les pages 73 à 84…


Vous pouvez aussi avoir accès au contenu d’un livre qui n’aura pas été numérisé par Google mais par une revue universitaire en ligne, par exemple, qui aura choisi de laisser libre accès aux « bonnes feuilles » de tel livre récent sur Léon Blum.
En revanche pour pouvoir lire l’intégralité de son discours de 1920 au congrès de Tours, où aura lieu la scission de la SFIO, il vous faudra payer.

 

Les promoteurs de cette idée n'étaient pas seulement mus par l'appât du gain. Il y a sans doute quelque chose de mégalomaniaque là-dedans, mais quelle idée sensationnelle !

Quelque chose comme la revanche de l'écrit sur l'écran !


Et ce au mépris des droits des auteurs et des éditeurs, comme certains le proclament sur tous les tons ?

Les éditeurs, comme Google, pensent d'abord, comme toute société commerciale, à augmenter leurs bénéfices. 


Ils mettent leurs droits en avant sans toujours eux-mêmes respecter les droits de leurs auteurs. Il y aurait beaucoup à dire aussi sur les rapports qu'ils entretiennent avec les libraires. L'un d'eux m'a expliqué que les premiers se font une trésorerie sur le dos des seconds.

J'imagine que les libraires sont plus ou moins obligés d'accepter les nouveautés éditoriales qu'ils achètent en « gros », quittes à récupérer ensuite, je l'espère pour eux, l'argent des invendus...


Tout comme les marchands de presse n'ont pas la liberté de choisir les journaux qu'ils vendent, je pense que les libraires ont peu de marge de manœuvre.


Je ne sais pas si un libraire peut se permettre de dire à un éditeur : « non je ne veux pas du dernier Christine Angot ».


On publie aujourd'hui beaucoup plus de livres qu'auparavant alors même qu'on nous répète que la télévision et les autres écrans ont « tués » la lecture.
Il est vrai que nos jeunes lisent moins. Lire ça prend du temps ! Il est rare de pouvoir venir à bout d'un livre en 2 heures, le temps d'un film.
Dans les transports en commun même si de ci de là on rencontre encore un lecteur ou une lectrice, la plupart des passagers sont plongés dans la contemplation de l'écran de leurs portables, soit pour jouer soit pour échanger ou consulter des SMS, soit encore pour naviguer sur le Net.

 

En matière de lecture, les journaux gratuits ont pris le pas sur les quotidiens.

Il n’en subsiste pas moins un assez grand nombre de lecteurs (ou une poignée de lecteurs compulsifs ?) et pour un éditeur un « Katalogue » étoffé, riche de plusieurs (dizaines de) milliers de titres, vous situe tout de suite en haut du panier. Tant pis si nombre de ces titres ne sont plus disponibles. Certains auteurs se voient même priés de racheter les exemplaires de leurs livres menacés du pilon.

Voilà que tout à coup les « professionnels de la profession » se réveillent. 500 libraires et distributeurs ont lancés une pétition. Sans avoir jamais rien fait ou presque pour faire avancer le dossier de la numérisation du livre et du livre numérique, ils se mobilisent brusquement en réaction à l’avis de tel organisme qui estime urgent d’attendre avant de lancer une plate-forme commune pour l'accès aux livres numérisés (par qui ?) sur Internet.


Google ne joue pas dans la même catégorie : 1 million de livres numérisés à ce jour, dans le cadre d'un projet qui vise la numérisation à terme de 15 millions de livres.

Google est prêt à faire ce travail gratuitement alors que les autres « acteurs » n’ont pas un kopec pour se lancer dans l’aventure…

 

Il faudra donc que les éditeurs français et européens s'entendent avec le géant de l'Internet ...

Tag(s) : #Propaganda

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