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Samedi 4 février, je suis allé voir l'exposition des photographies urbaines grand format du photographe Gabriele Basilico, le lendemain j'étais au salon Rétromobile de la Porte de Versailles où j'ai eu la surprise de découvrir que le plus grand stand (il fallait montrer patte blanche pour y pénétrer) était tenu par...Artcurial, première maison française de vente aux enchères, plus connue pour ses ventes et ses expositions d'art contemporain...

 

http://www.galerieannebarrault.com/gabriele_basilico/photo2011/Shanghai-2010-10A3-105.jpgA la galerie Anne Barrault, 22 rue Saint Claude dans le 3è ardt de Paris, le photographe italien né en 1944, expose des images de Shangaï et de Rio de Janeiro.

Certaines de ses photos sont des prises de vue aériennes, à l'instar de l'image ci-contre, tirée de la série  Shangaï, 2010.

 

Ce n'est pas celle qui m'a le plus touché.

J'ai failli dire "intéressé" mais je me suis souvenu du coup de gueule de l'écrivaine Nancy Huston qui reprochait son absence d'émotion à une critique littéraire face à un livre bouleversant d'Heather Lewis... 

 

En lisant le texte de présentation, non signé, du travail de l'artiste, dans lequel il est pourtant fait mention à 2 reprises de "l'humain", qui fait son apparition dans l'oeuvre du photographe à l'occasion de cette série, il n'est question que de "radioscopie de l'architecture et du développement des grandes agglomérations", d' "Architectures délabrées, anciennes (qui) cotoient le renouveau pour Rio et le futurisme pour Shangai."

Jamais de l'émotion esthétique, dont kant disait, je crois, qu'elle se situait juste après l'émotion de nature religieuse.

http://www.galerieannebarrault.com/gabriele_basilico/photo2011/Shanghai-2010-10A3-117.jpgGabriele Basilico ne joue plus autant qu'avant avec le cadre (si on se fie à ces oeuvres en n&b visibles sur le net) mais ne propose pas pour autant des images uniquement frontales, ou, si elles le sont, elles montrent toujours une réalité complexe, fourmillent de détails.

Sur la photo ci-contre, parmi d'autres, un homme en noir avec une charette à bras sur une trois voies où tous les véhicules semblent à l'arrêt, tandis que dans l'autre sens la chaussée est vide.

    

http://f.i.uol.com.br/fotografia/2011/12/09/106645-970x600-1.jpeg

Et tout de même une de Rio, que je ne me rappelle pas avoir vu dans l'expo, et que j'aime moins. On trouve peu de ces photos de Rio sur la Toile.

 

 

C'est moins vrai pour l'image ci-contre mais la largeur du champ; la netteté hyperréaliste de ces images, laisse à penser que Basilico, à l'instar d'un Mitch Epstein ou d'un Massimo Vitali, utilise une chambre.

Il est d'ailleurs étonnant, en revoyant les images de ces 2 autres photographes (on peut y ajouter Leo Fabrizio), de constater à quel point leurs travaux sont proches, fondés sur une même thématique binaire...On pourra s'en rendre compte en alllant voir bien entendu cette expo (jusqu'au 10 mars), mais aussi

les papiers que j'ai consacré à chacun de ces photographes sur ce blog...

 

Samedi 11 février, je suis retourné dans le 3ème ardt, dans cette même rue Saint Claude, pour y voir, cette fois à la galerie Jousse, au n°6, des vidéos d'artiste. Dans le journal, les mots Niemeyer, Duras, Antonioni et "La forêt de Cristal, de l'écrivain Ballard", avaient éveillé ma curiosité.

Sur place on est d'abord accueilli par une curieuse installation, une boite de verre contenant une ammonite fixée à un pied (forme naturelle en spirale), à côté d'une structure en plexiglas (pardon en altuglas) qui évoque une maquette d'immeuble. Une fois lu le texte de présentation on comprend que cela à voir avec Le Corbusier, le nombre d'or et Iannis Xenakis...

Sur le mur du fond on peut observer un petit film tourné dans une jungle assez peu tropicale où l'on peut voir Louidgi Beltrame et Elfi Turpin en train de casser des pierres à la recherche de fossiles d'ammonites. On a l'impression de regarder un film 8 mm ou suoer 8. Et c'est bien le cas : du super-8 transféré en vidéo HD.

Les videos d'artistes ont souvent en commun une très mauvaise qualité d'image mais cela fait partie de la démarche artistique bien sûr. C'est un peu toujours de l'anti-cinéma commercial : non narratif (et donc poétique) ou si l'on préfère, qualité technique médiocre, signification obscure, mauvaises conditions de visionnage.

Arrivé dans la salle suivante on a déjà pu s'habituer au vilain grain de la photo et on peut se laisser bercer par le commentaire et par ces images d'une petite île japonaise qui abritait autrefois un parc paysager , avec ses belvédères, escaliers et autres terrasses en ruines que la végétation a recouvert et dont on croit comprendre qu'elle a eu à subir les effets du bombardement de Nagasaki. En face un îlot entièrement construit n'est plus qu'un champ de ruines inaccessible.


http://www.evous.fr/local/cache-vignettes/L300xH225/CINELANDIA_still_300-ff5a8.gifDans la 3ème salle, aux dimensions d'une petite salle de cinéma mais avec seulement une banquette en cuir 3 places, s'offre le plat de résistance. Le principal motif visuel est cette fois une maison construite par Oscar Niemeyer puis abandonnée à la végétation. Une voix masculine, en italien sous-titré, lit ce qui doit un projet de scénario signé Antonioni. Parfois une voix de femme intervient en français, je ne sais plus ce qu'elle racontait et aussi une 3ème voix masculine dont je ne souviens pas non plus. Voilà ce que c'est de ne plus prendre de notes quand on a pas de mémoire.

L'ensemble porte à la rêverie et on a aucune peine à rester assis par terre (il y a de la moquette), la demi-heure que dure le film.     

 

Dans la première salle on pouvait aussi profiter d'une belle photographie de femme assise sur un siège devant une fenêtre en train de lire un dépliant curieusement découpé et se déployant presque jusqu'au sol...et j'en oublie...

 

Ce quartier du 3è ardt abrite les meilleures galeries de Paris. Aussi on est amené à s'arrêter devant nombre d'entre elles dont on pousse volontiers la porte.

Galerie Jeanroch Dard c'est le projet gutenberg qui a retenu mon attention. Un mot d'abord sur la galerie. Les murs, conformément à la règle, sont blancs. Quant au parquet il offre d'être brut et taché de peinture. Ce n'est pas un parquet ancien, c'est simplement un vieux parquet grisâtre.

Au total, l'aspect spartiate de l'endroit se marie très bien aux quelques oeuvres en noir et blanc, ou plutôt en gris, plutôt des petits formats qui ensemble constituent le projet gutenberg.  

 

http://www.jeanrochdard.com/images/groupexpo/guttenberg.jpg

Sur le site de la galerie, spartiate lui aussi, on ne trouve que le travail ci-contre, réalisé par Anne Mette Hol.

 

Même sous cette forme "reproduite", cette oeuvre continue d'exercer sur moi son effet apaisant.

 

On pourrait crier à la fumisterie si on ne savait pas que tous ces travaux s'inscrivent dans une réflexion formelle autour de l'impression, non  pas "Impression soleil levant" mais "imprimerie".

 

En fait l'impression est feinte et se traduit surtout par l'usage du dessin. Ce que vous voyez ci-contre est un dessin.

 

 

 

En voilà un autre, signé Jenny Akerlud :

 

 

 

  http://altblog.be/wp-content/uploads/2012/01/altblog-%E2%80%93-Jenny-Akerlund-%E2%80%93-Selenography.jpg

On comprend mieux pourquoi Gutenberg non ? J'aime bien le côté astronomie...

 

Il parait que cet article est trop long, j'en ferais donc un second...où il sera peut-être enfin question de Retromobile...

 

Tag(s) : #Expos

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