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http://files.nireblog.com/blogs4/juanangeljuristo/files/frederic-mitterand.jpgArrivé au deux tiers du livre le lecteur ressent une pointe de lassitude.

 

Après tout cela pourrait durer encore longtemps cette alternance de souvenirs d'enfance et d'épisodes d'une vie d'adulte.

 

Pas si longtemps en fait le livre ne comporte que 371 pages.

 

Lassitude ou malaise ? Frédéric Mitterrand réussi pourtant là où d'autres ont échoué :  son livre aurait pu s'intituler Le mal de vivre.

 

Grâce aux qualités d'écriture et à la profondeur du texte, cette difficulté à vivre c'est la sienne mais c'est aussi la notre.

 

Chez lui c'est aussi et surtout celle d'un homme très tôt attiré par d'autres hommes.


L'enfance ? Dans les familles bourgeoises on fait appel à des gouvernantes pour s'occuper des enfants.

Avant l'arrivée d'une gentille gouvernante, des années plus tard, FM doit d'abord subir la violence d'une méchante gouvernante qui le bat presque tous les jours : "des gifles, parfois des coups de poing et des coups de pied aussi."

 

Cette enfance n'est pas faite que de malheurs : à l'âge de 12 ans il décroche un rôle dans un film d'Alex Joffé avec Bourvil et Michèle Morgan, Fortunat. En fait cela ne se passe pas très bien avec le réalisateur mais Bourvil sait trouver les mots qui consolent.


Bien plus tard dans sa vie il a "pris le pli de payer pour les garçons". Ces garçons ne sont pas, comme on a pu le lui reprocher, de jeunes garçons mais bien de jeunes hommes, prostitués mâles, jeunes comme peuvent l'être leurs homologues féminines.

 

Une actrice de ses amies qui le connait bien lui dit un jour : "il y a quelque chose de profondément malade dans le désir de payer". Il l'admet volontiers. Cela l'oblige à la clandestinité mais aussi à beaucoup voyager, en Thailande par exemple.

 

Il ne fréquente pas seulement les "gigs de la rue Sainte-Anne". Quelques mésaventures qui auraient pu mal tourner le rapproche d'un Pasolini, le grand cinéaste et écrivain italien assassiné par un jeune voyou "après l'avoir levé à la stazione Termini".


Dans l'avion du retour, toujours, "le réel (lui) remet le nez dans (sa) merde...le remord (l)'attrape et ne (le) lache plus d'une semelle.  


Le récit du neveu de François, comme il l'appelle, est aussi un récit à clefs. Il évoque de nombreuses personnalités qui lui ont été proches mais sans jamais donner leur nom. J'ai cru reconnaitre Françoise Sagan et aussi Catherine Deneuve, mais pour elle je suis moins sûr.


Finalement on doit lui reconnaitre d'avoir su et pu dévoiler sa part d'ombre et par là de s'être montré, pour paraphraser Nietzsche, humain trop humain.




Tag(s) : #Journal de lecture

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