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http://www.khurak.net/wp-content/uploads/2009/11/Electra-Glide-in-Blue.jpgC'est souvent intéressant quand des non-cinéastes se mettent à faire des films...des acteurs, des écrivains et dans le cas qui nous occupe un producteur de musique dont ce sera la seule expérience...non qu'il ait démérité...mais il a dit ce qu'il avait à dire et il est retourné à ses occupations...

 

En même temps je me méfie toujours un peu de ces "petits" films dont (presque) personne n'a entendu parler et qu'une poignée de fans et de spécialistes (ici c'est Jean-baptiste Thoret, tiens je découvre sur Wikipédia qu'il a participé aux bonus d'Osterman Week-end, un authentique chef d'oeuvre, pour le coup, de Peckinpah) considèrent comme des chefs d'oeuvre absolus...

 

Après l'avoir vu je me suis d'abord dis oui bon d'accord ça se laisse regarder, les personnages sont hauts en couleurs mais ça reste un "petit" film.

 

Par le budget, moins d'un million de dollars, c'en est un de toute façon même si la somme en 1973 reste confortable...

 

Et puis on y repense, on y repense (un film auquel vous ne repensez pas dans les jours qui suivent n'est pas un bon film) et on se dit quand même la photo était pas mal, surtout pour un film de 73.

 

Et justement le directeur de la photo n'est pas n'importe qui. Les scènes d'intérieur ont d'ailleurs été éclairées à sa façon (un clair obscur parfois un peu pénible comme dans la scène d'ouverture où l'on voit (à peine) un type se suicider puis s'attaquer aux deux côtes de porc qu'il avait mis à cuire (!), quels carnassiers ces américains...)  tandis que les scènes en extérieur l'ont été selon les desideratas du réalisateur...    

 

Je préfère d'ailleurs la photo assez sèche, sèche comme le désert alentour, des scènes d'extérieur.

 

Mais de quoi s'agit-il au juste ? Que raconte le film ?

 

Un motard de la police de la route d'un bled proche de Monument valley qui a servi de décors à de nombreux westerns dont ceux de John ford, attend avec impatience d'être muté dans le corps des inspecteurs...en attendant  il mène la vie dure  aux  vans  volswagen des hippies, quoiqu'en étant plus réglo que son partenaire qui n'hésite pas à glisser un sachet de drogue dans leurs affaires pour les coincer . D'une probité sans faille il n'hésite pas à verbaliser un inspecteur de la police de Los angeles qui lui promet des représailles.


La leçon que donne aux motards leur chef en début de journée sonne juste et réaliste et montre bien en même temps qu'alors le hippie est l'ennemi...

 

L'apparent suicide d'un vieillard  permet à John de tirer son épingle du jeu lorsqu'il remarque que quelque chose cloche dans la scène de crime.

 

Cela nous vaut une engueulade homérique, comme on en voit pas dans les films hollywoodiens,  entre notre motard et le médecin légiste.

 

Du coup le chef des inspecteurs le prend sous sa coupe et il peut troquer son uniforme de motard contre celui de flic en civil qui le faisait  saliver, stetson, costume beige et bottes.

 

Une autre scène d'anthologie plutôt gonflée se situe dans un bar désert où le détective traine son protégé pour lui faire rencontrer la femme de sa vie. Las celle-ci ancienne danseuse qui se morfond dans ce trou, pète un cable et révèle à son amant qu'elle couche aussi avec l'ancien motard  (j'avais oublié de dire que malgré son mètre cinquante c'est un tombeur) et que celui-ci contrairement à lui peut encore le faire trois fois au petit matin !

 

L'aura de l'inspecteur en prend un coup malgré son discours "inaugural" limite mystique où il explique à sa recrue que sur une scène de crime il lui faut écouter ce que la nature a à dire pour bien se pénétrer du lieu, découvrir les indices cachés et parvenir ainsi à résoudre l'énigme...

 

Mais John découvre bien vite que son mentor use de violence gratuite à l'égard de la communauté hippie du coin, suspectée d'abriter en son sein un dealer qui fréquentait la victime et fait un coupable tout désigné.

 

Déçu, après avoir découvert lui-même le coupable (parmi trois suspects) et avoir été obligé de ....faire usage de son arme..., il s'en retourne  à sa moto.

 

La fin du film, explosive, renvoie à la scène finale d'Easy Rider et montre que les hippies n'entendent plus se laisser flinguer comme des lapins...mais aussi que l'époque du peace and love est sans doute déjà révolue.

 

Absolument pas handicapé par sa petite taille John drague en affirmant qu'il mesure exactement la même taille qu'Alan Ladd, héros de westerns classiques pour lequel on hésitait pas à creuser une tranchée afin que ses partenaires féminines paraissent de la même grandeur !

 

Rien de tel ici où au contraire tout est fait pour rappeler la "petitesse" de notre héros néanmoins bodybuildé.

Ce n'est pas la mondre originalité du film...

 

Robert blake (Tony baretta dans la série du même nom où il interprète aussi un motard de la police, non je me goure c'est pas lui mais un acteur qui lui ressemble qui joue un motard  dans une série qui s'appelle je ne sais plus comment...et il joue aussi dans le De sang froid de Richard brooks d'après Truman capote que je suis très impatient de voir ! ) a un coté buster keaton qui le rend vraiment singulier...

 

Guercio lui a un sens du cadrage vraiment particulier qui donne au film une identité visuelle unique...

 

Un grand film finalement ?

 

 
Tag(s) : #Cinéma & DVD

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