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http://ecx.images-amazon.com/images/I/515zGfHYLpL._SL500_AA300_.jpgJ’aime beaucoup Dennis Hopper. Lorsque j’ai appris sa mort au journal télévisé j’ai poussé un « oh ! » de surprise.

 

J’apprécie énormément chez lui l’acteur et le photographe mais j’avoue avoir un peu de mal avec le cinéaste.

 

L’hommage que lui a rendu le musée de la Cinémathèque l’année dernière permettait surtout de voir les œuvres de son impressionnante collection d’Art contemporain.

 

Easy Rider (1969), considéré comme une îcone de la contre-culture, est peut-être un film important mais je ne le trouve pas très bien réalisé.

 

Out of the Blue (1980) ne devait pas être réalisé par Dennis Hopper mais le metteur en scène ayant fait défaut on lui a proposé de reprendre le harnais.

 

A condition de terminer le tournage et le montage dans des délais très brefs.

 

Il a quand même pu profondément remanier le scénario. A l’origine le film devait avoir pour personnage central un travailleur social incarné par Raymond Burr (l’Homme de Fer, Perry Mason !) chargé de s’occuper et de « sauver » une adolescente à problèmes.

 

Un scénario plutôt édifiant. Hopper a préféré centrer le film sur CB, l’adolescente, qui est de presque tous les plans. L'histoire est vraiment racontée de son point de vue. L’actrice Linda Manz lui prête ses traits. Elle ressemble tellement à Joe Dallesandro (acteur de Warhol , de Paul Morrissey et de Serge Gainsbourg dans Je t'aime moi non plus) qu'elle pourrait être sa soeur !

 

Raymond Burr fait quand même deux apparitions : lorsqu’il reçoit l’ado dans son bureau une fois seule, une fois avec sa mère.

 

Dennis Hopper joue son père, envoyé en prison lorsqu'elle est encore enfant après avoir au volant de son camion percuté un bus scolaire tuant plusieurs enfants.

 

Il en sort au bout de 5 ans et retrouve sa femme et sa fille. Entre-temps sa femme s’est rapprochée de son patron (elle est serveuse) et elle n’est pas non plus indifférente à un vieux copain de son mari (Don Gordon) qui semble t-il lui procure son héroine.

 

Le film est émaillée de scènes chocs : celle où l’on voit le camion de Don, avec sa fille assise à coté de lui le visage recouvert d’un masque (c’est sûrement mardi gras), percuter le bus scolaire…

 

Les scènes dans lesquelles on voit la mère se shooter, presque banales aujourd’hui, ont fait sensation à l’époque, jusqu’à être censurées dans certains pays.

 

La fin est au sens propre et figuré explosive !

 

La gamine fait une fugue après avoir vu sa mère se shooter un soir en compagnie du pote de son père. En ville elle se lie avec un chauffeur de taxi plutôt louche bien décidé à lui faire sa fête. Elle lui échappe de justesse après lui avoir fracasser une bouteille sur la tête.

 

Dennis Hopper, malgré un tournage un peu chaotique, a plutôt bien tiré son épingle du jeu en tant que réalisateur. Le film est mieux réalisé qu’Easy Rider (il me semble en tout cas, il faudrait que je le revois) mais j’ai quand même du mal à accrocher et je ne peux pas m’empêcher de ressentir un certain ennui en le regardant.

 

On a pu dire qu'Out of the Blue constituait une suite à Easy Rider. Lorsque j’y repense le lendemain j’ai le sentiment que le film vaut tout de même mieux que ça. C’est tout de même un film qui marque. Plusieurs scènes me reviennent en mémoire, plus fortes dans mon souvenir que lorsque je les ai vu hier soir.

 

Linda Manz a vraiment quelque chose et il est étonnant qu'on ne l'ait pas davantage vue par la suite.

Dennis Hopper a toujours eu beaucoup de charisme : c’est vraiment un acteur exceptionnel qui a commencé dans l’ombre de James Dean et qui ressemble aussi un peu à John Cassavetes, qui lui a eu une carrière de réalisateur plus aboutie (Gloria, Love streams, etc...).

 

Ressorti dans la collection Serial Polar, ce film, passé presque inaperçu à sa sortie bien que présenté à Cannes, n’est bien sûr pas un polar mais c’est sans conteste un film noir. Dans les bonus Machin insiste sur le coté glauque du film et des personnages.

Il est en effet difficile d’y trouver un personnage sympathique mais si l’ado n’est finalement pas très intéressante on a quand même tendance à s’identifier à elle, plus qu’à son père, dont on découvre à la fin qu’il n’a pas toujours été très clean avec sa fille.

 

Portrait peu reluisant de l’Amérique profonde et de la famille américaine (bien que tourné au Canada), le film s’inscrit dans une tradition où l’on trouve le Alice est partie de Scorcese et le Wanda de Barbara Loden.


Sa filmographie en tant qu’acteur est impressionnante même si on a l’impression de ne l’avoir vu que rarement à l'écran. Il a en effet joué, ou fait des apparitions, dans beaucoup de films oubliables.

 

Il faut bien faire bouillir la marmite. Et puis l’Art contemporain ce n’est pas donné !

 

Reste quand même quelques grand (seconds) rôles : dans Apocalypse Now (Coppola), L’Ami américain (Wenders), Blue Velvet (David Lynch) ou Osterman Week-end (Peckinpah). On avait pu le voir aussi, tout jeune, dans La Fureur de Vivre et Géants au coté de son ami James Dean. Puis il y a Easy Rider. Ensuite on le remarque dans Rusty James (encore Coppola) ou The Indian Runner (Sean Penn). Il est parfait dans des rôles de méchant dans Speed (Jan de Bont) et plus encore dans Waterworld (Kevin Costner).

Tag(s) : #Cinéma & DVD

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