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http://1.bp.blogspot.com/_1NJplQigPjE/TJDhadOdhrI/AAAAAAAABOI/TXeU_LNCpH8/s1600/batalla+en+el+cielo.jpgA Mexico, pendant que la cérémonie du levé du drapeau se déroule sans anicroches, la fille du général se prostitue tandis que son chauffeur apprend que le bébé qu'il a enlevé avec sa femme vient de mourir...

 

On pourrait résumer ainsi le film coup-de-poing du réalisateur mexicain Carlos Reygadas.

Rien, dans la société mexicaine contemporaine, ne semble trouver grâce à ses yeux, si ce n'est, peut-être, la ville elle-même, et plus encore la nature environnante.

 

Quand on se souvient que le Mexique détient le record mondial d"assassinats et que l'enlèvement contre rançon y est devenu un sport à la mode, on peut comprendre son pessimisme.  

 

L'interdiction au moins de 16 ans prend tout son sens dès la première scène, une fellation semble-t-il non simulée. On comprendra plus tard que les deux protagonistes de la scène sont Marcos, le chauffeur, et Anna, la fille de son patron.

 

Pour autant l'amour n'est pas absent : Marcos et sa femme s'adorent et dans la scène finale, reprise de la première scène, Marcos et Anna se déclarent mutuellement leurs sentiments.

Mais cet amour rappelle étrangement le sentiment qui unissait, par exemple, Hitler et Eva Braun.

 

L'acteur qui interprète Marcos quant à lui a de faux airs d'Oliiver Gourmet et du coup on a envie de rapprocher le cinéma des frères Dardenne (La promesse, Rosetta, Le silence de Lorna...) du film de Reygadas.

Ils ont en commun de montrer le délitement d'une société minée par le libéralisme, la mondialisation et les inégalités. 

 

On a dit à propos de Reygadas qu'il a une " écriture clinique et stylisée ". C'est vrai, mais en même temps l'image elle-même est souvent un peu granuleuse et certaines scènes, tournées avec une caméra très mobile, donnent au film un côté cinéma-vérité.

 

Si le rôle de l'armée parait réduit à un cérémonial, la police ne semble pas non plus capable de remédier aux disfonctionnements sociaux. Le vieil inspecteur qui intervient à la fin du film, habillé comme un ado en short et tee-shirt, n'inspire pas plus confiance que son second, qui lui fait davantage penser à un voyou qu'à un représentant de l'ordre.

 

Dans cette foire au massacre, l'Eglise n'est pas en  reste. Un pélerinage a lieu pendant les évènements relatés par le film et la femme de Marcos tient absolument à y aller avec lui, avant qu'il ne se dénonce à la police. 

 

C'est Marcos qui finalement rejoindra la cathédrale, à genoux, torse nu, les mains attachées dans le dos et la tête recouverte d'une cagoule...   

 

Le cinéma latino-américain est décidément très tonique, à l'instar des cinémas asiatiques ou d'Europe de l'Est.

 

Tag(s) : #Cinéma & DVD

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