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http://fouducinema.com/australie/images/animal_kingdom_affiche.jpgEntre film d’auteur et film de gangsters Animal kingdom est un film coup de poing que l’on reçoit en pleine poire…à moins d’avoir revu Massacre à la tronçonneuse la veille (private joke).
 

Le film commence sur une note singulière et cette singularité se manifestera ensuite tout au long du film. Dans ce qui ressemble à une chambre de Motel mais doit être un appartement, Josh regarde à la télévision un jeu inepte avec sa mère assoupie à ses côtés.

 
Deux secouristes arrivent et il leur explique qu’elle a fait une overdose tout en continuant à regarder l’émission du coin de l’œil.
 

Josh est un grand garçon qui paraît être à la limite de l’autisme et pousse assez loin l’apathie et la passivité que la télévision est censée provoquée.

 

 Tiens, cela me fait penser qu’un photographe expose actuellement ses images qui montrent des téléspectateurs du monde entier avachis devant leur petit écran.

 
Ne sachant pas ce qu’il est censé faire (doit-il s’occuper des funérailles ?), il téléphone à sa mamie qu’il n’a pratiquement jamais vu parce que sa mère, non sans raison,  avait voulu l’éloigner d’une famille peu portée sur le métro-boulot-dodo et dont les membres préfèrent gagner leur vie avec le traffic de drogue ou les cambriolages.

 
Elle l’accueille à bras ouvert et il est content de revoir son oncle Warren avec qui il jouait quand il était petit et qui n’a que deux ans de plus que lui.

 

Dans la famille la situation est tendue : les flics les surveillent.

 

L’aîné se cache et les autres doivent faire profil bas. Un flic des stups ripoux les renseignent. La brigade anti-gang devrait être dissoute prochainement, il n'y a pas à s'en faire.

 

Le cadet prend les choses avec philosophie, et en profite pour refaire l’éducation de Josh en lui apprenant à se laver les mains après être aller aux toilettes…

 

Depuis quelque temps il s’est mis à boursicoter et cela ne se passe pas trop mal pour lui. Il explique à Pope son frère aîné, passé entre les mailles du filet policier, que les cambriolages c’est dépassé et que la Bourse c’est l’avenir, d’ailleurs il va lui apprendre.

Mais Pope, un peu perdu, n’a pas l’air trop intéressé.
 

Un autre de ses oncles, déjà speed au naturel, a tendance à exagérer avec la coke.


Tout ce petit monde vit en banlieue résidentielle (au fait nous sommes en Australie), dans un décor où l’on ne s’attend à voir ni policiers, ni truands.
 

La « normalité » est incarnée par la famille de la petite amie de lycée de Josh qu’il invite imprudemment dans sa nouvelle famille. 

Là-dessus le cadet parti rencontrer Pope dans les rayons d’un supermarché se fait tuer au volant de sa voiture par un policier désireux de se faire un truand qui nargue depuis trop longtemps sans doute les services de police.

Au moment de l’exécution, car c’en est une, on entend une voix : il a une arme ! Dans un film hollywoodien on verrait une main déposer un revolver aux pieds du mort, des fois que le spectateur américain moyen ne comprenne pas la situation. Pas ici.

 
Au début j’ai crains de rester en dehors du film comme cela a été le cas avec un film pas si éloigné : Essential Killing, du revenant Jerzy Skolimowski (Deep end, Travail au noir), passé lui aussi à Hollywood après Werner herzog…mais avec pour acteur principal Vincent gallo, pour un film quasi muet, un « survival » mettant en scène un combattant taliban exfiltré dirait-on en Ukraine ou en Russie pour y être interrogé, torturé et parvenant à s’échapper dans un décor de pins et de neige après le désert afhgan…
 

On cause un peu plus dans Animal Kingdom mais les deux films montrent une même violence sèche et sans fioritures.
 

En fait j’ai fini par me sentir concerné par ce qui se passait à l’écran jusqu’à ressortir de la salle relativement estomaqué, malgré la laideur (télévisuelle ?) de l’image et une musique électro plutôt sympa au début mais trop omniprésente.

 

 

Cette laideur et cette musique sont voulues et l’inconfort ressenti, encore renforcé par une trop grand proximité avec l’écran (qui laisse voir le grain de l’image et oblige à balayer l’écran du regard pour tout voir).

 

Pas question de ressentir le moindre plaisir face à une violence un tant soit peu graphique.

 

Aucune sensualité non plus dans ces plans de rues résidentielles (ce qui n’était pas le cas du Halloween de Carpenter où la banlieue était filmée comme dans un western) et d’intérieurs petit bourgeois.
 

C’était la même chose avec Essential Killing…même si certains ont été saisis par l’esthétique du désert ou des paysages de neige.
 

On a parlé de Scorcese et de James gray (il y aurait aussi Abel Ferrara) à propos de David Michôd mais chez eux la photographie est soignée et le cadre lêché…

 
Là encore, je suis impatient de revoir ces films sur petit écran (histoire aussi de redonner une chance au film de Skolimowski), un format qui à mon avis leur conviendra mieux.


Devant l’un et l’autre film on ressent la même sensation d’étouffement : on a pourtant un quasi huis clos (Animal…) et un film tourné presque uniquement en extérieurs…
 

Mais les deux réalisateurs se concentrent sur l’essentiel et ont semblablement éliminé tout le superflu.

 

La caméra du réalisateur polonais ne lâche pas Vincent Gallo d’une semelle tandis que
Josh est de presque tous les plans d’Animal.
 

On sait qu’il va au lycée mais aucune scène ne le montre en cours.
 

Après la mort du cadet, les trois oncles restant décident de monter une expédition punitive. Josh, qui ne sait rien de leur plan, est chargé de voler une voiture puis d’aller se coucher.

 

La voiture est abandonnée au milieu de la rue comme appât et deux jeunes policiers en patrouille (à peine plus âgés que Josh) y laissent leur vie.
 

A partir de là Josh devient une cible de choix pour la brigade anti-gang qui espère, en la personne de Guy Pearce, le retourner et l’amener à dénoncer ses oncles.
 

Un deuxième oncle (le speed) est tué par la police mais cette fois on a pas eu à lui glisser une arme dans la main, il était déjà armé.


Plus tard la « Mama », toujours positive, charge le flic des stups de descendre Josh, son petit fils donc, caché dans une des planques de la brigade (une descente est organisée au prétexte que les voisins auraient aperçus des flingues).

 

Il parvient à s’échapper et décide malgré tout de rencontrer l’avocat de ses oncles (dans un musée) arrêtés entre temps.

 

Il va les aider du mieux qu’il pourra à l’audience. Après tout il n’y a pas de preuve. Après ça il rejoint tranquillement la cache.

 

Mais juste avant Pope a pété un plomb et injecté une dose mortelle à la petite amie de Josh craignant qu’elle ait parlée. 

 

Le procès terminé et ses oncles relâchés Josh, qui a trouvé un bijou de sa copine dans la cour. revient dans la maison familiale…mais ce n’est pas terminé pour autant… 


Quand la critique est presque unanime, j’ai tendance à me méfier un peu : le film peut se révéler un tantinet chiant. Pas cette fois.


Tag(s) : #Cinéma & DVD

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