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Le film de Clint Eastwood Gran Torino aura eu aussi le mérite de remettre sur le devant de la scène, la guerre de Corée, trop souvent occultée par la guerre du Vietnam.


Certes la première a été gagnée tandis que la seconde a été perdue. Mais la guerre de Corée a pourtant été beaucoup plus meurtrière que celle du Vietnam.


J'aurais l'occasion de revenir également sur celle-ci lorsque je ferais le compte rendu de Dans les maquis Vietcong de Madeleine Riffaud.


En 1950 le « souvenir des deux guerres mondiales pèse sur la manière dont (les hommes) appréhendent le monde ».

En URSS Staline « est devenu, de son vivant, un dieu ». « La Grande Purge de 1937-1938 (a fait) dix millions de victimes (dont) les trois quarts du Comité central mis à mort... ».

Mao arrive à Moscou le 16 décembre 1949, deux mois et demi après son entrée victorieuse à Pékin,

Il y disparaît 60 jours. Nul n'a jamais pu savoir ce qui c'est passé mais un « Traité d'amitié et d'alliance » est signé entre les deux pays.


Le 25 juin les troupes de la Corée du Nord franchissent le 38è parallèle et envahissent la Corée du Sud.

Pour la première fois dans l'histoire, une organisation internationale va mettre sur pied un corps expéditionnaire pour se dresser contre un agresseur et les Nations Unies vont donner une expression concrète et militaire à la sécurité collective sur le principe de laquelle elles ont été baties... 


Les Américains perdront dans ce conflit plus d'hommes que durant la Seconde Guerre mondiale et à fortiori bien davantage qu'au Vietnam.


Quelques années auparavant Jdanov (3ème secrétaire du parti communiste russe) avait convoqué les chefs des P.C. d'Europe orientale, de France et d'Italie.

Il s'agissait pour lui d'organiser la lutte contre le plan Marshall (destiné à fournir une aide à la reconstruction de l'Europe).

Le Kominform est créé à la place du Komintern dissous en 1943.


"Le sang coula", dit l'auteur après avoir évoqué les « deux pays d'Europe occidentale où le P.C. était puissant, l'Italie et la France. Fait-il référence à des manifestations durement réprimées ?


Entre l'Occident et le bloc de l'Est la situation est tendue.

Aux Etats-Unis l'espionnage communiste était une réalité que nul ne pouvait nier et McCarthy en fit son fonds de commerce, déclenchant une véritable chasse aux sorcières à travers tout le pays.

Face à l'agression nord-coréenne, quarante huit nations des cinq continents se rallièrent au drapeau bleu et blanc des Nations Unies et envoyèrent des contingents en Corée.


Les Etats-Unis préparent une véritable mobilisation industrielle et ils mettent en vigueur la loi de conscription. En face l'implication de l'URSS et de la Chine ne font aucun doute.


Le Président Truman rappelle dans un discours que la « Russie n'a jamais aidé volontairement aucun territoire qu'elle avait conquis en Extrême-Orient, elle n'a jamais conféré l'indépendance à un peuple tombé sous son contrôle ».

C'est durant des périodes de recul que le gouvernement de Moscou a l'habitude de se poser en champion de l'entente internationale et à ressortir la vieille formule, à laquelle il ne croit pas, de la coexistence pacifique des deux systèmes.


En Chine une campagne anti-américaine se déchaîne : « Ce chien enragé tient Formose (Taïwan) entre ses pattes, pendant qu'il mord avec fureur le peuple coréen...maintenant il menace de ses griffes notre frontière du nord...(les USA) c'est la fabrique mondiale et la source de tous les crimes tels que la réaction, l'obscurantisme, la cruauté, la décadence, la corruption, la débauche, l'oppression de l'homme par l'homme et le cannibalisme... » (sic).


Il y a eu en fait deux guerres de Corée : la première oppose les forces nord-coréennes, soutenues par des conseillers militaires russes (on a trouvé des poteaux indicateurs, des affiches, des journeaux et des livres écrits en russe), largement équipées en matériel soviétique, aux forces des Nations Unis qui parviennent à les repousser au Nord du 38ème parallèle; la seconde commence avec l'intervention chinoise lorsque le 16 octobre, la 4ème armée de Campagne de la République Populaire de Chine, sous les ordres du général Lin Piao, entreprend la traversée en force du Yalu.


MacArthur pourrait « facilement » vaincre son adversaire en bataille rangée...mais les Nords-Coréens peuvent pratiquer la guérilla, forme que prend la « guerre révolutionnaire » sur le terrain.

On serait alors en présence d'une situation analogue à celle de l'Indochine où le Vietminh, s'appuyant sur la Chine communiste, est deveu capable de porter des coups très durs à l'armée française.

Un bataillon français recruté pour la Corée quitte d'ailleurs Marseille le 26 octobre 1950.

Parallèlement des troupes communistes (chinoises) sont déjà en marche vers la frontière tibétaine.


Le Foreign Office réagit : « Pour la sécurité des Indes, l'Angleterre ne devra jamais tolérer qu'une nation puissante étende au Tibet son influence ». C'est un coup très dur pour l'Inde qui s'était instituée aux Nations Unies l'introductrice de la Chine communiste.


L'attaque chinoise en Corée est massive. La Chine peut compter « sur des masses humaines contre une armée placée dans l'impossibilité (politique) d'utiliser toute sa puissance de feu ».


Dans la plaine d'Unsan, en une nuit le général Hobark R. Gay perd 500 hommes, morts et disparus qui s'ajoutent aux 35000 victimes que la guerre de Corée a déjà faites dans les rangs américains. 


Cinquante-six divisions chinoises sont entrées en Corée, de la mer jaune à la mer du Japon, sans que les services de renseignements de l'état-major de MacArthur s'en soient aperçus !


Les Russes, en plus de l'envoi substantiel d'armes, d'avions et de spécialistes, offrent un appui diplomatique et mettent sur pied des campagnes politiques dont l'organisation est assurée par les partis communistes.


Pyong Yan, la capitale communiste de la Corée du Nord, est prise par les troupes du général Walker puis perdue vingt-cinq jours plus tard.

Plus tard ce sera au tour de Séoul de tomber. Mais grâce à l'action de l'aviation sur ses arrières l'offensive choinoise a épuisé ses forces.


Le général Ridgway lance la contre-offensive qui permet aux forces des Nations-Unis d'atteindre à nouveau le 38ème parallèle.


MacArthur, qui voudrait porter ses coups sur le territoire chinois, va être écarté par Truman qui

veut avant tout éviter une troisième guerre mondiale.


MacArthur rappelle que « nous livrons ici la guerre de l'Europe avec des armes...si nous la perdons la chute de l'Europe sera inévitable... ».


80 000 morts, blessés et disparus : c'est le coût humain de la guerre coté américain.

Le premier combat de l'histoire entre deux avions à réaction a lieu au dessus de Sinuiju.


Une guerre pour rien ? En effet à l'issue du conflit le 38ème parallèle est redevenu la frontière entre Corée du sud et Corée du nord.

Ce conflit fut en fait la première guerre limitée de l'âge nucléaire.


La victoire « morale » des Nations Unies donna un contenu réel à la notion de sécurité collective  et permit à l'alliance atlantique de se renforcer sur le théâtre européen ...   

 

Tag(s) : #Journal de lecture

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