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A une époque, être journaliste c’était exercer le plus beau métier du monde.

Surtout si l’on était journaliste d’investigation ou grand-reporter.

On était alors au cœur de l’action et au mépris du danger, partout là où des « événements » se produisaient (des guerres le plus souvent), là où avec les moyens de transports de l’époque, il n’était pas toujours facile de se rendre.

On avait en tête des noms prestigeux, à commencer par celui d'Albert Londres.

Si la profession a toujours eu ses critiques (on a accusé les journalistes de partialité, de diffamation, etc), et c’est bien normal, elle est aujourd’hui décriée.

Bien sûr il y a les aspects un peu « sordides » du métier. Le paparazzi par exemple est vu comme une espèce de prédateur/voyeur.

Et pourtant quel beau métier ! Les journalistes écrivent des articles mais aussi des livres (qui d’ailleurs se vendent bien) qui nous aident à mieux comprendre le monde tel qu’il est.

Bien sûr certains de ces livres surfent sur des sujets à la mode (l'écologie ?) ou bien « raclent » les fonds de poubelles pour alimenter la soif de révélations du lecteur (sur Ségolène ou Sarko...).

En ce jour de commémoration des attentats du 11 septembre, qui ont fait presque 3000 victimes à N. Y. en 2001, je me souviens par exemple du livre particulièrement éclairant d’Eric Laurent sur les coulisses de l’attentat (La Face cachée du 11 Septembre, Plon, 2004).

Le journaliste, contrairement à l’historien ou au « spécialiste », peut plus facilement proposer un traitement transversal du sujet traité.
En plus de la recherche documentaire, il va enquêter, parfois au quatre coins du globe, et rencontrer les divers protagonistes susceptibles d’éclairer son sujet .

Péan et Cohen dans La Face Cachée du Monde brocardait déjà la disparition des correspondants permanents au profit des envoyés spéciaux qui ne restent qu’un ou deux jours sur place et ne peuvent pas « sentir » une situation aussi bien qu'un collègue "résident".

Un article récent du Monde montrait que les photojournalistes ne disposaient plus aujourd’hui des moyens, financiers entre autres, qui étaient, hier encore, mis à leur disposition.

Le journalisme n’est plus ce qu’il était.

Déjà la quasi disparition des journaux d’opinion, à l’exception de l’Humanité, du Monde Diplomatique, de Libération et de Marianne, avait privé les journalistes d’une partie de leur « mordant ».

On y a gagné en objectivité mais perdu en « personnalité ».

Il y a aussi les limites imposés par le politiquement correct et les risques de procès.

Nous sommes dans une époque de consensus, certains disent de consensus mou.
Un mot de travers et vous vous retrouvez devant les tribunaux. C’est ce qui arrive à Péan actuellement avec son livre sur le génocide rwandais
Noires fureurs, blancs menteurs : Rwanda, 1990-1994 (2005,Editions Mille et Une Nuit).

Journaliste à « sang chaud » il s’est peut-être un peu laisser aller avec sa phrase sur les Tutsis et leur culture du mensonge…

Autre écueil, dénoncé par certains, tous les journalistes seraient de gauche, par conviction ou auto-censure, ce qui nuirait à la pluralité de l’information et à l’émergence de la vérité vraie…

On peut quand même être admiratif à la lecture de ces articles (je pense surtout à ceux du Monde) dont la moindre phrase regorge d’informations, au risque parfois d’alourdir le style, et où l’auteur s’efforce chaque fois de replacer le sujet traité dans son contexte, historique et politique.

L’AFP a été accusée récemment de "ménager les pouvoirs en tardant à reprendre des inofmations sensibles".

Il faut dire que presque comme aux beaux jours de l’ORTF, le Président de France Télévisions est à nouveau nommé par l'éxécutif.

Un journaliste, comme un médecin avec le serment d’Hippocrate, doit respecter une charte. Sa première obligation est de vérifier ses informations. On sait que ces vérifications ne sont pas toujours effectuées avec la rigueur voulue. On se souvient par exemple de la fausse information qu’avaient relayé les journalistes du monde entier concernant de prétendus rescapés d’un tremblement de terre (en ex-Yougoslavie ?)…

Internet avec ses multiples sites et autres blogs personnels, devrait selon certains hâter la disparition des journaux et donc des journalistes.

On trouve tout sur Internet, le meilleur et le pire. Les articles d’opinion (ou militants) ont refait surface sur le Web.

De vrais journalistes travaillent sur le net mais l’immense majorité des blogueurs ne prennent sans doute pas toujours la peine de vérifier leurs informations.

En ce qui me concerne j’essaie dans la mesure du possible de vérifier les infos qui émaillent mes « papiers » sur tel ou tel livre, film ou expo. Pour les films par exemple je consulte allociné.

Certaines « erreurs » ou opinions "tendancieuses" sont parfois laissés dans le seul but de susciter des commentaires. En général en vain.

Mais les contraintes qui pèsent sur le blogueur sont beaucoup moins lourdes que celles qui encadrent le métier de journaliste.

Celui-ci rend des comptes à son rédacteur en chef et en retour peut aussi compter sur son soutien (ou pas).

Le journaliste a aussi des documentalistes et un réseau à sa disposition.

Le blogueur est seul. Certes il est en général bénévole et blogue en plus de son labeur quotidien.

Un journaliste, et dans une moindre mesure un blogueur, est un passeur : le journaliste (géo)politique décrypte pour ses lecteurs les arcanes des enjeux de pouvoir, le critique de cinéma replace les films dans le contexte de la production cinématographique actuelle, etc, etc…

On ne saurait s’en passer…
Tag(s) : #Propaganda

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