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Le Dobermann, réalisé par Jan Kounen en 1997, était à sa sortie interdit au moins de 16 ans.


Film de genre (policier) musclé, à mi chemin entre cinéma et BD, il participait d'un renouveau du cinéma policier hexagonal, qui a entre autres consisté à transposer une manière de filmer à l'américaine, elle-même inspirée sans doute de celle des films d'action de Hong-kong.

On retrouve dans ses courts métrages (en bonus) un certain Caro (qui a récemment réalisé mais avec trop peu de moyens semble t-il un film de Science-fiction, Dante 01), longtemps associé à Jeunet (Delicatessen, Alien 4) avant que celui-ci ne fasse cavalier seul (Un Long Dimanche de Fiançailles ?).

 

Melville (Le Cercle Rouge) et Corneau (Police Python 357) avaient déjà en leur temps tirés des leçons du renouveau du cinéma policier américain (French Connection et les Inspecteurs Harry pour Corneau), avec beaucoup plus de réussite.

Peut-être aussi parce que le cinéma américain de l'époque était meilleur que celui d'aujourd'hui...

Le Dobermann est interprêté par Vincent Cassel.

Il avait été révélé par La Haine de Matthieu Kassovitz.

Par la suite il a interprêté dans Sheitan un bouseux à la fois attardé, violent et dérangé, possible incarnation du Mal (Sheitan c'est le Diable (ou le démon ?)).


Mal reçu par la critique Sheitan allait assez loin, et même un peu trop loin, dans l'excès et le délire visuel, parfois jusqu'au ridicule, mais renouvelait quand même à sa manière, façon " french touch ", le cinéma d'horreur.

Dobermann va également assez loin mais sans complètement rompre avec un certain conformisme policier. 
Même si Tcheky karyo, policier " nazi ", pratiquant avec un certain délice la torture, dans le " cadre " d'interrogatoires particulièrement musclés et sanglants, se révèle être largement plus psychopathe que les truands, pourtant spécialement déjantés, qu'il prétend éliminés.


La galerie de portraits est assez réussi coté maison poulaga aussi bien que coté grand banditisme mais desservie par une mise en scène basée sur l'esbroufe.

Kounen use et abuse des mouvements de caméra et des objectifs déformants.

J'ai pu voir récemment Wanted, un film 100% amerloque celui-là, avec Angelina Jolie, qui souffre exacement des mêmes maux, en pire.


J'avoue avoir du mal avec le style de Kounen, qu'on retrouve presque intact, mais avec un peu moins d'affèteries, dans son adaptation de la BD Blueberry, toujours avec Cassel.


Longtemps enfermé dans un rôle, il a tout de même su trouver chaussure à son pied dans une autre tentative de renouveler le cinéma de genre hexagonal, le film en costumes cette fois, avec la très belle adaptation de l'histoire de la Bête du Gevaudan, signée Christophe Gans.


Il a ensuite pu perpétuer son personnage, version looser, dans l'excellent Sur mes Lèvres d'Audiard fils avec Emmanuelle Devos et l'immense Olivier Gourmet.


Au Doberman, on peut préférer les tentatives plus abouties de Florent-Elilio Siri (Nid de Guêpes) qui lui a valu d'être appelé à Hollywood, de Nicolas Boukrief (Le Convoyeur), d'Eric Rochant (Total Western), de Cedric Klapisch (Ni pour ni contre (bien au contraire)) ou encore dans un genre plus " réaliste " Le Petit Lieutenant de Xavier Beauvois, transfuge du cinéma d'Auteur.

 

Tag(s) : #Cinéma & DVD

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