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Il est toujours intéressant de voir ou de revoir ces films qui ont donné "naissance" à des sagas cinématographiques et de les comparer à leurs suites.

On a coutume de dire que le premier de la série est toujours le meilleur, c'est souvent vrai mais ne se vérifie en fait pas toujours...

Vendredi 13 et Halloween, deux films qui relève du cinéma dit d'horreur, ont eu de nombreux "sequels".

Surtout V13. Sorti en 1990 il "rend hommage aux meutres (sic) sauvages à l'arme blanche" (resic). C'est, entre autres choses, ce que nous dit la jaquette. Il y aurait beaucoup à dire sur ceux qui chez les éditeurs de DVD sont chargés de rédiger les notices. Outre les fautes d'orthographe on y trouve beaucoup d'erreurs et des formulations parfois bizarres. Mais ce n'est pas le sujet du jour.

Réalisé et produit par Sean S. Cunningham (qu'à t-il fait d'autre ?) le film, rebaptisé Martes Trece (Mardi 13) dans les pays hispaniques (en tout cas au Chili) raconte les déboires mortels de jeunes gens chargés de remettre en état un camp de vacances d'été, où des meurtres ont déjà été commis vingt ans auparavant, ce qui en fait un lieu maudit, avant l'arrivée des enfants.

Pendant le film je me suis d'ailleurs demander ce que cela aurait donné si les enfants avaient déjà été là. Montrer des massacres de bambins n'aurait sans doute pas été possible. Leurs futurs ex-moniteurs sont à peine plus agés et seront eux massacrés sans pitié sauf une jeune fille, la survivante in fine du groupe, plutôt combative dans son genre. Réalisé "honnêtement" mais avec un sens du suspense plutôt limité (surtout comparé au film de Carpenter), le film déçoit, même s'il permet de découvrir un Kevin Bacon encore très jeune et d'ailleurs assez vite éliminé.

La seule bonne idée du film, assez bien photographié, tient à l'identité du tueur psychopathe qui se révèle être, dans la dernière partie du film, de sexe féminin. C'est la mère d'un enfant qui s'est noyé dans le lac des années auparavant et qui parle par la bouche de sa mère pour lui ordonner de tuer tout le monde.

Toujours au dos de la jaquette le tueur est désigné sous le nom de Jason (?). Je ne me souviens déjà plus s'il s'agit du nom de l'enfant mort dans le lac.

L'adulte à l'origine du projet (réouvir le camp de Crystal lake) s'absente assez vite et ne revient que vers la fin du film pour recevoir son juste chatiment. La tueuse manie aussi bien le couteau que la hache et l'actrice qui l'incarne, un peu hommasse mais qui a du être une belle femme, tire plutôt bien son épingle du jeu.

La première victime, la jeune cuisinière du camp, n'a même pas le temps de l'atteindre (le camp). Dommage car c'est de loin la plus sympathique du groupe. On aurait bien voulu que ce soit elle la survivante. Mais après tout c'est peut-être une bonne idée "horrifique" de l'éliminer parmi les premiers. Elle n'avait qu'à rebrousser chemin : dès son arrivée au village, elle est prévenu par le fou du village que la " mort rode sur la colonie" puis par un habitant du cru qui lui fait faire un bout de chemin dans son camion.

C'est la fille la plus "coincée" (Alice, une californienne douée pour le dessin, un petit peu plus âgée, qui dès le départ projette de s'en aller) et pas la plus délurée du groupe qui va s'en sortir.

Hurlements, ralentis, et arrêt sur image sont heureusement utilisés avec une certaine parcimonie. Par contre beaucoup de caméra subjective (lorsque l'abominable tueuse épie ses futurs victimes).

Une gentille musique western accueille 3 des jeunes gens, dont Kevin Bacon, au camp. Le motard de la police, qui vient leur rendre visite, un péquenaud macho, vaut le détour. "Nous par ici on aime pas tellement les marioles".

Le fou du village leur rend égalemejnt visite et sort de sa cachette pour leur annoncer la suite du programme : "Vous allez tous mourir".

Le film vaut sûrement mieux que ces suites, dans lesquelles si je ne m'abuse le tueur est toujours un homme. Je suis loin de les avoir tous vu, d'ailleurs je n'y tiens pas.

Orage, panne (?) du groupe électrogène et érotisme discret complètent la panoplie de ce film d'horreur sylvestre. A voir en tant que prototype.

Halloween est un film très différent. Cette fois Maître Carpenter officie.

En 1963 un enfant prénommé Michel (Michaël) poignarde à mort une jeune fille (sa soeur ?).

En 1978 il parvient à s'échapper de l'asile psychiatrique où il était interné.

Pendant toutes ces années son psychiatre (l'excellent Donald Pleasance) n'a jamais réussi à établir le moindre contact avec lui. Son visage est un masque dénué d'expression. Il est persuadé que son patient est l'incarnation du mal. Il connait les "projets" de Michaël et se lance aussitôt à sa poursuite. Il sait parfaitement où il se rend et ce qu'il compte faire.

Enormément de suspens ici, sans rien d'artificiel puisqu'il s'articule, de manière presque mathématique, autour des déplacements de l'héroïne et de ses amies, le tueur profitant des particularités du lotissement, presque désert dans la journée, avec ses "petites" maisons, ses allées et ses jardins, ses haies où se dissimuler...le tueur rode.

On l'aperçoit d'abord, sans jamais voir son visage, au volant d'un break. Jamie Lee Curtis se méfie instinctivement. Lorsqu'une de ses amies apostrophe le rodeur, qui vient de passer à allure réduite près d'elles, sa voiture pile. "J'ai touché un nerf" lance l'amie de JLC. Mais il redémarre.

C'est seulement à la nuit tombée qu'il entrera en action. Entretemps Donald Pleaseance découvre sur la route un pick-up abandonné et on aperçoit un corps sans vie dans un fourré.

Arrivé sur place il a du mal à convaincre le shérif qu'un tueur sanguinaire s'apprête à frapper. Armé d'un revolver, le trouillomètre à zéro mais bien décidé à empêcher Michaël de nuire, il se poste dans le jardin de la maison abandonnée où a eu lieu le meurtre de 63. "Hantée" aux yeux des enfants du quartier.

Le quartier est filmé en cinémascope comme un paysage de western. Carpenter filme comme personne les rues désertes, vides de gens et de véhicules.

Tout comme Stephen king, tellement juste quand il dépeint l'amérique moyenne, Carpenter aurait pu simplement réaliser un film "sociologique" sur la jeunesse américaine. En laissant tout bonnement de coté l'aspect horrifique.

Ses ados sont plus vrais que nature, sans caricature. Il faut dire que Jamie Lee Curtis est d'une justesse incroyable. Et ses amis ne sont pas en reste.

Carpenter déjoue à de nombreuses reprises le suspens et lorsqu'on est sûr que Michaël va frapper, l'attente est généralement déçue.

Il fait vraiment froid dans le dos. Le plus souvent ce n'est qu'une silhouette. Immobile. D'une patience infinie. Il n'est ni très grand ni très costaud mais il semble néanmoins doué d'une force peu commune. Surtout il semble n'avoir plus rien d'humain. Sa manière de se déplacer, de se figer, sa raideur corporelle, font de lui, plus qu'un animal sauvage, une machine, froide, sans passion, écrasant les êtres humains comme des insectes.

On pourrait chipoter en disant qu'il devient bien maladroit, lui, la machine à tuer, lorqu'il finit par s'en prendre à l'héroïne. Elle est peut-être aussi plus combative ! Comme de bien entendu lorqu'on le croit hors d'état de nuire, il se relève. Mais cela paraît moins artificiel que dans bien d'autres films de genre. On est alors déjà persuadé que ce "corps" n'est qu'une enveloppe et que l'esprit "maléfique" qui l'habite, lui, est peut-être bien indestructible...
Tag(s) : #Cinéma & DVD

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