Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

D'après Chronic'art, Tigerland, réalisé par Joël Shumacher (Chute Libre) en 2000, est un chef d'oeuvre.
On pourrait peut-être le penser s'il n'y avait pas déjà eu Full  Metal Jacket (Stanley Kubrick, 1987).
Réaliser encore un film sur un camp d'entraînement où l'on forme de jeunes recrues avant leur départ pour le vietnam, c'était forcément se mesurer, non seulement à Kubrick, dont le film se déroule en (grande) partie seulement dans un camp d'entrainement, mais aussi au front, ce qui en fait un film " complet ", à l'instar de Voyage au bout de l'enfer (Cimino, 1979) qui nous montre l'avant, le "pendant" et l'après Vietnam...mais aussi à d'autres films comme La colline des Hommes Perdus, réalisé en 1965 par Sidney Lumet, réalisateur à la longévité exceptionnelle , 50 ans de carrière (et ce n'est pas fini ) de Douze Hommes en Colère (1957) à 7h58 ce samedi-là (2007).

En 2002, il y avait peut-être mieux à faire qu'un énième film sur la guerre du vietnam même si, comme indiqué plus haut, et c'est d'ailleurs peut-être le problème, on ne voit absolument rien de celle-ci.

On peut rétorquer à cela que l'on fait encore des films sur la 2ème guerre mondiale...je répondrais en disant que cela a été un conflit mondial et donc que le sujet est quasi inépuisable : ne serait-ce qu'en multipliant les points de vue, la guerre vue du coté allemand (Croix de fer), du coté japonais (Iwo jima), en Pologne (Katyn), etc, etc.

Pourquoi ne pas s'intéresser alors à la guerre du golfe, avant Sam Mendes qui, lui, avec Jarhead, la fin de l'innocence (2006 ) a bien réalisé un authentique chef d'oeuvre.

Mais il est un des rares à vrai dire à avoir oser aborder ce thème.

Il y avait certes eu sur un mode plus léger Les Rois du Désert (David O. Russel , 2000) qui, mine de rien, posait un certain nombre de questions, sur les relations entre l'armée américaine et les médias par exemple, ou celle plus cruciale d'une guerre commencée mais pas terminée...

Après le départ des américains en effet de nombreux Irakiens (les kurdes en particulier) auront à subir une sévère repression de la part d'un Saddam Hussein que les américains ont cru bon alors de laisser au pouvoir. Même si le but bien sûr était de libérer le Koweit

Il faudra que Bush junior remette ça, 10 ans après son père, pour finir le travail...mais on peut
bien sûr, étant donné le résultat, se demander si c'était vraiment judicieux...

Tigerland a certes permis de découvrir Colin Farrell : un nouveau Brad Pitt mais en blond !
Son personnage n'est pas inintéressant au demeurant même s'il hésite tout du long entre se faire la belle et assumer ses aptitudes au commandement.

Le film, lui, ne fait aucun choix et in fine justifie le comportement dégradant des officiers envers les recrues. On est loin de l'antimilitarisme revendiqué de La colline des hommes perdus qui n'est pas pour autant un film sans nuances.

Au début de Tigerland la caméra bouge tellement qu'on en a presque la nausée. L'image, dont les
couleurs sont saturées dès qu'on est véritablement dans le camp (d'abord ça se passe dans une
base ordinaire), est presque toujours laide, nonobstant les prétentions esthétiques du réalisateur.

Il fait preuve malgré tout d'un certain savoir-faire et les acteurs ne sont pas mauvais, loin de
là, mais on a déjà trop vu ces visages de recrues grimaçant sous l'effort.

Avec La Colline des Hommes Perdus en revanche on a affaire à un film d'une toute autre ampleur.

En Afrique du nord, après le débarquement allié, des soldats britanniques en "absence illégale", bagarreurs, voleurs ou qui ont fait preuve d'indiscipline au front, sont envoyés dans un camp disciplinaire d'où ils sont censés ressortir transformés en véritable soldats.

Le film vaut d'abord par son casting : Sean Connery (qui a déjà trois James Bond derrière lui), remarquable dans le rôle d'un sergent major britannique envoyé dans le camp où s'élève la fameuse "colline" du titre, pour avoir frappé son supérieur ; Harry Andrews, une "gueule" du cinéma britannique, que l'on a pu voir dans....Superman (1979), dans le rôle du sergent-chef,  véritable patron du camp (le commandant s'en remet entièrement à lui et préfère fréquenter les bordels alentour, il n'est bon qu'à signer les papiers : " il signerait son arrêt de mort " ; Jack watson, une autre "gueule" au générique de Tobrouk (1967) et Sir Richard Redgrave dans le rôle du médecin chef...

Au vrai tous les acteurs sont à la hauteur, dirigés de main de maître par un Sydnet Lumet, aguerri par huit années déjà passées derrière la caméra...

Ils seront soumis à une discipline de fer et devront subir, en plein cagnat, le supplice de la colline, butte artificielle érigée par les "pensionnaires" du camp, qu'ils devront gravir avec leur équipement sur le dos jusqu'à l'épuisement. 

En ce qui concerne la mise en scène, SL se situe à la croisée des chemins : il a retenu toutes les leçons du cinéma hollywoodien classique (celui des John Ford, Raoul Walsh et autres Michaël Curtiz) mais c'est aussi un "moderne", en témoigne une caméra mobile (mais sans abus) et l'utilisation, modérée et toujours à bon escient, d'une caméra portée à l'épaule ou de plans subjectifs, ceux par exemple filmés à travers des lunettes de masque à gaz...

Il était sans doute plus facile à l'époque à Hollywood de réaliser un tel film à la condition qu'il ne mette pas en cause l'armée américaine mais plutôt l'armée de sa Majesté...

Plus que contre la guerre La colline des hommes perdus, qui relève autant du film de guerre que du film de prison, est une charge contre l'armée, sa hiérarchie, sa discipline et ses règlements, parfois aussi rigides qu'absurdes.

Tag(s) : #Cinéma & DVD

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :