Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Bien que cela n'ait donné lieu à aucune manifestation d'importance, à ce qu'il me semble, on pouvait "fêter" ces jours-ci les 50 ans de la mort de l'éclectique Boris Vian, qui, pendant sa courte vie, en vêcut plusieurs : romancier, théâtreux, musicien, chanteur (cliquer sur le lien en bas pour écouter une de ses chansons), parolier...

Deux générations au moins d'adolescents ont lus l'Ecume des Jours, voire l'Automne à Pékin : celle qui a été contemporaine de la parution de ces livres et la suivante, dont je suis, qui a lu Vian, parfois contre l'institution scolaire parfois avec. 

Vian incarne (incarnait ?) en effet presque à lui seul l'anticonformisme littéraire et ne faisait donc pas obligatoirement partie des classiques de la littérature française dont la lecture était rendue obligatoire par les sacro-saints Programmes de l'Education Nationale.


Mais les profs de Français soucieux de modernité et bien dans leur rôle de "développeur" de l'esprit critique de leurs ouailles, conseillaient volontiers sa lecture.
Pour ma part, et je confesse bien volontiers n'avoir pas lu, loin de là, tout Vian, j'ai  une préférence pour L'arrache Coeur, un roman sans doute plus un peu plus sombre que les deux déjà cités mais tout aussi empreint de l'humour plein de fantaisie de BV, grand amateur de canulars.

Je me souyiens avoir été impressionné aussi par une de ces pièces, relevant du théâtre de l'Absurde, très en vogue à l'époque, dans laquelle les membres d'une famille pouvait, à tour de rôle, se défouler verbalement et physiquement sur une tête-de-turc, une créature à l'identité incertaine, dénommée le Schmurtz, ou quelque chose d'approchant, reléguée en permanence dans un recoin sombre de leur appartement, lequel, acte après acte, se réduisait comme peau de chagrin jusqu'à se limiter à une pièce unique...

Vian, par la liberté de ton de ses chansons surtout, a aussi été le modéle de...Serge Gainsbourg.

Il était une figure du Saint Germain des Prés d'après-guerre, en pleine ère existentialiste (Sartre, Juliette Greco...), où il animait les soirées jazz avec sa trompette, embouchée au coin des lèvres, comme une pipe, à moins qu'il ne préférât jouer de la "trompinette", version abrégée de la trompette de son invention, mais pas seulement.

Polytechnicien, il a aussi été un inventeur, il a joué et chroniqué le jazz sa vie durant (textes rassemblés par Lucien Malson, disponibles en 10/18).

Comme je ne regarde plus guère la grand messe du journal du soir que ce soit sur la Une ou sur la Deux, je ne sais pas si BV a eu droit à un sujet, mais j'en doute.

Sur France 5 en revanche on a pu voir un docu sur l'artiste intitulé Du côté de chez Vian.

Je ne l''ai pas vu non plus, étant donné que depuis quelques temps je n'ai plus de son sur cette chaîne ni sur la 3 d'ailleurs (ça doit être un coup de France Télévision à cause d'un de mes papiers; On m'a dit que la première chose que fait le matin en arrivant au bureau le président de France Télévison c'est d'aller sur mon blog pour vérifier que je n'ai pas dis de mal d'un de ces programmes, si, si ...).
Vian a écrit pour Henri Salvador des parodies de rock savoureuses, avant qu'on ne commence à prendre cette musique au sérieux dans l'hexagone...

Il a eu 20 ans en quarante et après avoir été appelé brièvement sous les drapeaux, s'il ne semble pas avoir rejoint la résistance, il n'a pas non plus été collabo, il était dans cet "entre-deux" dans lequel la majorité des français a traversé l'occupation...il a justement fait partie de ceux (artistes, chanteurs, cinéastes) qui ont permis de faire un peu oublier les rigueurs des temps et puis BV était un pacifiste, de ceux qui étant nés entre les "2 grandes" et ayant vêcu la guerre, certes à l'arrière, ne veulaient pas que cela se reproduise...comme en témoigne sa célèbre adresse au président de la république, la chanson du Déserteur "...je n'irais pas à la guerre, je ne veux pas la faire et tuer des pauvres gens...(quand ils viendront me chercher) vous pouvez dire à vos gendarmes que je serais désarmé et qu'ils pourront tirer...". (de mémoire).

Boris vian, malade du coeur aurait de toute façon été exempté : il savait qu'il mourrait avant quarante ans et a conséquemment brulé la vie par les deux bouts de la chandelle...Ami de Queneau, l'auteur de Zazie, il est "passé devant la justice des hommes (après Rimbaud, Flaubert et quelques autres...) pour avoir écrit J'irais craché sur vos tombes sous le nom de Vernon Sullivan". 

"Le sentier longeait la falaise. Il était bordé de calamines en fleur et de brouillouses un peu passées dont les pétales noircis jonchaient le sol. Des insectes pointus avaient creusés le sol de mille petits trous; sous les pieds, c'était comme de l'éponge morte de froid. "

C'est le début de l'Arrache-coeur, disponible en poche...  



Tag(s) : #Journal de lecture

Partager cet article

Repost 0