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Malgré ses défauts, le docteur House a plusieurs cordes à son arc.
A peine j'avais découvert qu'il avait formé à une époque un duo comique pratiquant un humour digne des Monthy Python (on peut voir leurs sketches sur youtube ou dailymotion mais
en anglais seulement), j'apprenais qu'en plus de faire l'acteur, il écrit (merci Sophie !).

Tout est sous contrôle s'inscrit dans une lignée littéraire inaugurée par Raymond Chandler, le roman hard-boiled (dur à cuire).

En effet si Dashiell Hammet a "sorti le crime du vase vénitien pour le remettre dans le caniveau" (selon le mot de Chandler) et a inventé le personnage du privé californien, Raymond Chandler lui a donné ses lettres de noblesse.

Son privé, Philip Marlowe (du nom d'un poète élisabethain) " fume comme un pompier, soigne ses migraines au whisky  et encaisse les coups avec une remarquable constance".

Thomas Lang, le héros d'Hugh Laurie, est bien un Philip Marlowe des temps modernes.

Complexe militaro-industriel. Le mot fait peur. Mais ces temps-ci on entend plus parler de l'industrie pharmaceutique dont le chiffre d'affaires dépasserait ceux de l'industrie pétrolière, de l'automobile, de l'agroalimentaire...Quid du chiffre d'affaires des industries d'armement ?
Le complexe militaro-industriel était au coeur du film d'Oliver Stone, JFK ( Gorge profonde, les Hommes du Président et JFK  ). Et on se souvient que son successeur (Lyndon Johnson) lorsqu'il a quitté ses fonctions appelait à se méfier du complexe militaro-industriel...

On l'a compris c'est donc au "complexe militaro-industriel" que Lang va être confronté.
Là on est plus seulement dans le hard-boiled.
Tom Clancy,  Robert Ludlum (Jason Bourne) et d'autres sont passés par là.

Lord of Wars avec Nicolas Cage brocardait les marchands d'armes, pas les fabricants d'armes (tiens au fait c'est le titre d'un très bon roman de SF de van Voght).

Il est plus facile de s'en prendre à un individu qu'à un système.
C'est tout le mérite d'Hugh Laurie de s'attaquer à ce qui peut finalement apparaître comme un sujet tabou.

Bien sûr HL n'a pas écrit un roman à thèse mais un polar ou comme on dit plus volontiers aujourd'hui un thriller politique. Son but n'est pas de dénoncer mais de divertir. Si en plus on se pose des questions, tant mieux.

Comme son illustre ancêtre HL a le sens de l'image et de la formule : "Dieu est dans les détails, rappelle Solomon, l'ange gardien de TL ; "Il avait une chemise si blanche qu'elle devait être branchée sur le secteur".  

Il nous offre de surcroît d'intéressantes perspectives sur le terrorisme actuel. Son portrait des terroristes est croquignolet.

Seul petit reproche, il y a quelques longueurs et le roman aurait gagné en concision à être raccourci d'une cinquantaine de pages.  Mais ça n'a pas tellement d'importance. En 1996 Hugh Laurie avait signé, avec ce bouquin, un très grand polar et on aimerait bien qu'il resserve la soupe.


Tag(s) : #Polars

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