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De ces cinq films musicaux, qui sont tous des biopics (biographies), mon préféré est...Ray, réalisé en 2005 par Taylor Hackford.

C'est bien sûr de Ray Charles qu'il s'agit.
Tout en écrivant j'écoute Hard Times (Nobody knonws better than I) sur deezer parce que j'ai eu la flemme de me lever pour aller chercher l'anthologie 41 greatest hits 1959-1972 que mes parents avaient déjà en vinyle.

On a pu reprocher au film, au motif qu'il a été produit par Disney, de donner une vision édulcorée de sa vie et de ne pas assez montrer la face sombre (!) du bonhomme.

Au contraire je considère que son addiction aux drogues n'est pas évacuée mais abordée avec lucidité. Le film ne fait pas non plus l'impasse sur les caprices du chanteur ni sur ses infidélités.

Taylor Hackford montre assez bien en outre qu'un artiste si grand soit-il ne se fait pas tout seul et doit être soutenu et conseillé.

On peut juste lui reprocher peut-être d'insister un peu trop sur la mort de son petit frère, présentée comme la "scène primitive", responsable de sa cécité, mais aussi de sa future dépendance à l'héroïne.
 

Ce qui est agaçant en revanche avec deezer c'est que même avec une smartradio "Ray Charles" on est pas assuré de n'entendre que du Ray Charles.

Quand je regarde Ray je perd chaque fois au moins un quart de litre d'eau salée...

Le film est réalisé avec soin et bénéficie de la prestation d'un acteur exceptionnel, Jamie Fox, choisi parait-il par Ray Charles lui-même !

En effet le projet du film est antérieur à la mort du chanteur. Ce n'est pas un film-hommage conçu à la hâte après sa disparition.


C'est aussi le cas de Nashville Lady (1981, Michaël Apted), une évocation de la vie de la chanteuse country Loretta Lynn, tiré de son autobiographie, à qui Sissy Spacek (une des meilleures actrices de sa génération, découverte dans Carrie) prête ses traits.
Elle incarne le rôle avec la même intensité que mettra Jamie Fox, 14 ans plus tard, à endosser le costume de Ray Charles.
Tommy Lee Jones (autre acteur d'exception), son mari à l'écran, l'épouse alors qu'elle n'a que treize ans mais se rend vite compte qu'elle a un potentiel artistique...
On pourrait dire qu'il s'agit presque d'un Rocky au féminin et on peut aussi penser à la Fièvre du samedi soir.
Les 3 films (Ray, Nashville, La fièvre) partagent une profondeur sociologique et une épaisseur psychologique qui va au-delà du musical.
Nashville peut aussi faire penser, de ce point de vue, et aussi à cause de l'importance de la mine dans les 3 films, à Wanda (Wanda ou Alice n'est plus ici ?) ou même à Voyage au bout de l'enfer (Michaël Cimino)!                                                               
Là aussi la réalisation est à la hauteur de l'enjeu social et artistique.

au féminin et songer aussi à la


Avec The Temptations (Allan Arkush, 1998), un film qui, étrangement, n'est pas référencée par allociné (ou alors je n'ai pas su le trouver ?), on descend d'un cran dans la qualité mais le film reste un témoignage précieux sur le groupe et sur Motown.
Desservis par la mise en scène les acteurs n'en sont pas moins convaincants et les nombreux tubes des Temptations font oublier le reste...  





Great Balls of Fire (Jim McBride, 1989) vaut surtout par la prestation de Dennis Quaid qui compose un Jerry Lee Lewis plutôt réussi même si là encore le manque d'ambition de la mise en scène, assez molle, gâche un peu le plaisir.
Il y a quand même des détails intéressants. Par exemple JLL, enfant, fréquente le "quartier chocolat", ce qui est strictement interdit aux petits blancs comme lui, et c'est là que va naître sa fascination pour le piano et pour cette musique de "sauvages" qui "balance" tellement.
L'image est laide mais il y a au générique Rufus Thomas, chanteur et danseur, père de Carla Thomas, Reine de la Soul de Memphis avant d'être détrônée par...Aretha Franklin !
Son mariage avec sa cousine de treize ans (Wynona Ryder qui tire bien son épingle du jeu) lui ferme les portes de l'Angleterre puritaine et l'empêche de faire une carrière à la Elvis Presley.
Aujourd'hui encore JLL se produit régulièrement sur les scènes du monde entier et on a même pu le voir à Paris (plutôt à l'Olympia qu'à Bercy)...



   
Dreamgirls (2007, Bill Condon) offre la particularité d'évoquer la carrière de Diana Ross et des Suprêmes sans jamais faire entendre une seule de leur chanson...
L'explication tient peut-être au fait que Diana Ross, lorsqu'elle a acheté sa place pour aller voir le film en a aussi acheter une à...son avocat.

On peut comprendre aussi en voyant le film que Berry Gordy, le patron de Motown, n'est pas non plus donné son accord à sa réalisation.

En effet si ses intuitions en matière musicale ne font aucun doute, le personnage n'est par ailleurs pas montré sous un jour très sympathique...

C'est encore...Jamie Fox qui s'y colle, et il est

remarquable...de roublardise.

Le film est en fait tiré d'une comédie musicale qui a fait les beaux jours de Broadway.
Même si on n'y entend aucun des succès des Suprêmes, la musique et les chansons respectent l'esprit Motown et donnent tout autant envie de taper dans les mains et de danser...

Le casting, outre Jamie Fox, est plutôt haut de gamme : on est très heureux de revoir Eddie Murphy dans un rôle enfin à sa mesure (il interprète avec beaucoup de sensibilité un chanteur inspiré à la fois par James Brown et par Little Richard), Beyoncé Knowles, dans le rôle de Diana Ross et la surprise vocale du film, engagée sur casting, Jennifer Hudson...et j'allais oublié l'excellent Danny Glover...

Contrairement aux précédents films, Dreamgirls est un vrai musical au sens où les personnages s'expriment parfois en chantant...



Si tout cela ne vous donne pas envie d'écouter Ray Charles, Loretta Lynn, les Temptations, Jerry Lee Lewis et les Suprêmes...il y a de quoi rendre son tablier !




 
 
 


Tag(s) : #Cinéma & DVD

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