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Dans mon Top 10 polar (qui comportait en fait 11 titres) je n'avais pas pu glisser 2 livres :

Chacal de Frederick Forsyth (c'est aussi un film de Fred Zinnemann, le réalisateur de Tant qu'il

y aura des hommes) et Le Cinquième Cavalier de Dominique Lapierre et Larry Collins.

A ma connaissance aucun film n'a été adapté de

ce thriller exceptionnel et c'est bien dommage. 


J'ai d'abord cru que Chacal était le récit d'une véritable tentative d'assassinat à l'encontre du

Général de Gaulle. L'auteur insère si bien son

histoire dans l'Histoire que l'on peut légitimement s'interroger. D'autant plus que le livre s'ouvre sur l'exécution bien réelle de Bastien-Thiry, auteur

d'un attentat manqué contre le chef d'Etat.


Tirant la leçon de ses échecs l'O.A.S. décide, en dernier ressort, de faire appel aux services d'un tueur professionnel. C'est là que la fiction entre en jeu. En réalité les membres de l'O.A.S préféraient éliminer eux-mêmes celui qu'il considérait

comme un traître, alors même que c'était grace à eux que le vieux général avait recouvré le pouvoir. C'est un flic bien de chez nous, à l'air insignifiant mais très efficace, qui sera chargé de barrer la route du Chacal, redoutable assassin, très respecté dans le milieu et qui n'en est pas à son coup d'essai. Une course contre la montre s'engage.


Voilà ce que je disais du livre lorque je l'ai lu en 2007 :


Commencé Chacal de Forsyth. Un peu de mal au début avec le style mais c'est une tranche d'histoire contemporaine que nous offre l'auteur, pleine d'espions, de barbouzes, de tueurs de L'OAS, dominée par la haute stature du général : "Ces gens là tirent comme des cochons" dit-il après avoir échappé de justesse à l'attentat du Petit-Clamart le 22 août 62, 6 mois avant ma naissance.


Terminé Chacal ce jour à 11h14. Je l'avais commencé, voyons voir, le 15 août, impossible de me souvenir à quelle heure, peut-être en soirée.

Pourquoi une telle recherche de précision ?

C'est précisément celle dont fait preuve Chacal en toutes circonstances et donc Forsyth qui

relate ses faits et gestes. Pas seulement ceux du tueur d'ailleurs. Il décrit par le menu l'organisation policière mise en place pour arrêter le tueur.


On assiste aux réunions aux sommets, chaque jour à 22h, pendant lesquels le commissaire Lebel doit faire part des progrès de son enquête, pour laquelle il a obtenu des pouvoirs illimités. Avant que le tueur n'entre en scène, l'attentat du Petit-Clamart est décrit dans toutes ses phases. L'ouvrage s'ouvre d'ailleurs sur une scène choc : l'exécution de Bastien Thiry au fort d'Ivry.


L'auteur nous emmène en Autriche puis en Italie, en Belgique, en Angleterre et bien sûr en

France.

Frédéric Forsyth nous dévoile les tenants et les aboutissants d'une tentative d'assassinat imaginaire mais sur la base d'informations réelles et d'un parfaite connaissance de notre pays et des instances policières et dirigeantes. Très prenant. Peut-être un des premiers thrillers de politique fiction ? A voir, le film de Fred Zinnemann du même nom.


...Il y a une allusion commune dans ce livre (et dans Il faut tuer Birgit Haas)à la "livraison" dans une camionnette de fleuriste d'un dirigeant de l'OAS,pieds et poings liés. Dans Chacal il s'agit

d'un enlèvement organisé en Allemagne par le service action Français, dans le livre de Teisseire

on a plus l'impression d'un cadeau des services Allemands à leurs homologues français.

Dans les 3 livres (le 3ème doit être Rosebud de Bonnecarrère et Joan Hemignway) les

observations et commentaires sur la politique et les politiciens, actuels ou passés, ne manquent pas de piquant.

 

Je ne sais plus où j'ai lu que les écrivains disent depuis longtemps ce que certains politiques

font semblants de découvrir à l'instant.

 

 

 

 

 

 

















Une fois n'est pas coutume je ne change pas d'auteur et je poursuis mes lectures avec un

autre ouvrage signé Collins et Lapierre (après Paris Brûle-t-il?), un thriller cette fois, sous-titré :

l'épopée du premier chantage nucléaire. Publié en 1980 ce hriller politique (et apocalyptique)

annonce des auteurs comme Tom Clancy.


Mais là où TC réécrit l'histoire contemporaine à sa manière (c'est quand même lui qui dans

Sur Ordre a imaginé un attentat utilisant un avion lancé contre le capitole), le 5ème Cavalier

s'inscrit dans la réalité de l'époque et met en scène le maire de New York (Abe Stern n'a pas

existé, j'ai vérifié, mais dans le livre il fait un maire de NY très crédible ! ), Kadhafi, Menahem

Beghin, etc…


Ce n'est plus Paris brûle t-il ? mais New York va-t-elle être détruite ? On apprend à la fin

de l'ouvrage que là encore les auteurs ont constitués des équipes et que des centaines de

personnes ont apportés leur concours pour permettre "de rassembler l'immense documentation

dont ce livre est le résultat".


Comme chez Clancy (ou Oppel) on partage l'intimité des grands de ce monde, ici confrontés à

l'une des plus graves crises jamais vécues.


Trois terroristes, une femme et deux hommes qui sont frères et sœur, parviennent à introduire

une bombe H en plein cœur de New York, à Manhattan. Ils sont palestiniens mais agissent pour

le compte du chef de l'Etat Libyen, Muammar Kadhafi.

Il est assez intéressant de lire ce livre aujourd'hui alors que Kadhafi vient tout juste d'être reçu

en France, avec les honneurs, par notre président, Nicolas Sarkozy.

Il est vrai que l'ex ennemi numéro un s'est en quelques années "racheté une conduite" et est redevenu "fréquentable".


Cette bombe atomique va permettre au "frère guide" d'exercer un chantage : Israël doit évacuer les territoires arabes occupés sinon la bombe explosera, tuant plusieurs millions de new-yorkais.

Si c'est New-York qui est évacuée la bombe explosera également. Une course contre la montre commence, un ultimatum de 36 h ayant été décrété par Kadhafi.

 

On apprend beaucoup de choses dans ce thriller :
que déjà, à la fin des années 70, la CIA se montre déficiente, en particulier lors de l'affaire de la prise d'otages à l'ambassade américaine
de Téhéran ;
qu'Israël a torpillé un destroyer, bâtiment de surveillance électronique américain
en 67;

que des scientifiques français, en 78, ont découvert le moyen de maîtriser le principe de la

fusion et partant résolu le problème de la fourniture d'énergie (mais ça je pense que c’est plutôt

de l’invention, on le saurait ?);

que les Russes, lorsqu'ils ont décidés d'obtenir les plans du Concorde, pour pouvoir fabriquer leur propre supersonique, sont allés à Marseille frapper à la porte du Milieu;

que Kadhafi possédait 10% du capital du groupe Fiat dirigé par Gianni Agnelli et

que celui-ci a été sollicité pour aider la Libye à développer son programme nucléaire…

qu'un bombardier B-29 s'est crashé en 1964 en Espagne avec ses bombes atomiques (pour

d'autres "boulettes" du même acabit je recommande la lecture de Réveillez le Président de Jean

Hugues Oppel).


La ville de New-York est merveilleusement décrite par les auteurs, de même que l'influence

culturelle américaine (certains préfèrent dire l'impérialisme culturel américain) :

"Du haut de leurs tours de Mid-Manhattan les 3 grandes chaînes de télévision nationales

concevaient les programmes qui déterminaient les valeurs, influençaient les comportements,

modifiaient les hiérarchies sociales dans les coins les plus reculés de la terre".


Le livre est également riche d’enseignement en ce qui concerne le point de vue des colons

israéliens, que Menahem Beghin décide finalement d’obliger à partir afin de donner des gages

aux américains et à Kadhafi.


Là encore c’est un simple flic (inspecteur en civil quand même) qui se montrera le plus habile et

le plus perspicace dans cette course contre la montre. Un flic italien en fin de carrière que les auteurs ont mis en ménage avec l’une des plus tenaces journaliste du New-york times.

Elle aussi très vite se doute de quelque chose et entreprend de mener sa propre enquête.


Au début de ma lecture je me disais qu’il manquait quelque chose à ce thriller mais force est de constater que je l’ai malgré tout dévoré.


Les auteurs nous font pénétrer dans les milieux les plus variés et par exemple la terroriste

dispose d’une couverture qui lui fait fréquenter la jet-set. Comment mieux passer inaperçu que

sous les sunlights ? Cette couverture n’est peut-être pas très crédible en fait mais cela ajoute

du glamour au récit.


Au total un thriller très prenant, plein de révélations inquiétantes, extrêmement bien mené,

probablement unique en son genre, auquel manque juste, à mon goût, un brin de style.

 

 

Tag(s) : #Polars

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