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Avant de lire prière d'aller cliquer en bas à gauche pour pouvoir écouter un morceau du disque. La suite est disponible sur Deezer.

L'album de Brad Mehldau de 2002 intitulé Largo avait, parait-il, de quoi désarçonner son public. En ce qui me concerne je le connaissais très peu et c'est véritablement avec cet album que je le découvre. Et quelle découverte !

Comme souvent c'est un titre entendu sans doute sur TSF qui m'a donné envie de mieux connaitre ce pianiste de jazz à la réputation élogieuse.

Avec les très bons albums la première écoute est souvent décevante. Il faut dire que je l'ai d'abord écouté dans de mauvaises conditions. Cette première écoute m'avait néanmoins intrigué et j'avais déjà l'intuition qu'une nouvelle me révèlerait sans doute une cascade de trésors.  

Dans cette musique inclassable, on trouve des réminiscences classiques et free, des nappes de sons,  une reprise de Carlos Jobim et une de radiohead.

When It rains, qui ouvre le disque, ne semble pas tout d'abord sortir des sentiers battus. Sauf quand la batterie se fait entendre. Là on se dit avec un peu d'appréhension, ce n'est pas une batterie jazz, ça.  Mais quand même le groove est là. Une autre caractéristique du disque, c'est un coté "nappes de sons". Il faut dire qu'il y a du monde et qu'on est loin du trio, la formule qui a fait connaître BM.  Quand je dis du monde il ne sont pas moins de 11 à jouer sur ce morceau ! Certains jouent de drôles d'instruments : Oboes (?) et Bassoons (?). Mon anglais n'est pas fameux, non plus.

Sur le second titre BM ne joue pas seulement du piano mais aussi des "vibes" comme le nom du morceau d'ailleurs l'indique "You're Vibing me". C'est la rythmique qui prédomine sur Dusty McNugget qui a comme un goût de fast food. Un fast food de temps en temps, allez ! Le groove est plus présent encore que sur les morceaux précédents. Et toujours cette batterie non conventionnelle. Plutôt binaire. Comme instrument on trouve un "snare bush" (?). Il ne sont plus que 8 musiciens mais quand tout le monde est là on est pas loin du grand orchestre. J'oubliais de dire que BM fait son boulot bien sûr et le fait bien : il improvise. C'est pour ça qu'il est connu et reconnu.

Dropjes nous emmène plus loin encore. Avec de drôles de sons sortis peut-être des "electronics". Au piano BM ne fait pas partie des percussifs, plutôt des "cascadants". Marrants ces sons. On ne retrouve des "electronics" que sur un seul autre morceau mais l'ambiance générale laisse à penser qu'avec ce disque BM, comme tant d'autres avant lui et souvent avec bonheur, a viré sa cutie. Sans tomber pour autant dans le "tout électro".

Sur Paranoïd Androïd (j'avoue : je ne savais pas que c'était un titre de Radiohead) il a carrément fait subir un "treatment in lower two octaves" à son piano et John Brion joue d'un "prepared piano percussion". John Cage, où est tu ? Bien que les "blessures" infligées aux instruments soient audibles, le résultat est plutôt plaisant. Les choses se calment un peu à la fin du morceau où son public habituel devrait pouvoir reprendre son souffle. Mais, cardiaques attention, ça redémarre fort vers la toute fin.

Dans Franklin Avenue il sont encore 8 à se balader, chacun avec son instrument. Deux d'entre eux jouent des "french horn". Cocorico ! Les filles peuvent se refaire le maquillage sans s'en mettre partout en écoutant ce morceau plutôt sage.

Ils ne sont plus que 2 ensuite pour le "Sabbah" mais avec un "distorto-piano through leslie with whammy pedal". Très chouette, avec un gimmick qu'on croirait joué à la basse électrique.  J'ai l'air de rigoler comme ça mais ce disque a été pour moi une révélation.

Dear Prudence, plus classique, avec toujours cette batterie hyper groovy. Une jolie ballade à quatre musiciens.

Free Willy. Entre "treated bass" et "piano with putty treatment" on est dans le minimalisme percussif, je ne sais pas si je me fais bien comprendre ?

Alvarro démarre un peu de la même façon mais cette fois il y a un Tabla et de nouveau, à coté d'un piano en parfaite santé, un "prepared piano percussion". On pourrait dire qu'il s'agit ici d'une variation sur Free Willy avec des instruments différents.

Wave/Mother nature's est une reprise de Jobim avec "electronics  ", "Guitar synth", "Chamberlain" (?), electronics, electric bass, etc. Ici la rythmique est proche de celle du hip-hop. Et c'est une rythmique en grande partie faite "à la main" : il y a 2 batteurs. BM est aux "vibes".

I do a semble t-il pour but de rassurer. En ce qui me concerne je n'avais nul besoin de l'être mais j'ai néanmoins su apprécier cette ballade aux accents classiques.     


Tag(s) : #Fou de musique (journal discographique)

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