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Pascale Froment n'est ni Truman Capote (De Sang Froid, récit véridique d'un meurtre multiple et de ses conséquences, 1965) ni Norman Mailer (Le Chant du Bourreau, une histoire d'amour (!) américaine, 1979, prix Pulitzer) qui s'étaient, avec quel talent, déjà évertués à comprendre le Crime de "l'intérieur" mais elle n'a pas à rougir de la comparaison. Son histoire vraie, même si j'avoue ne pas regretter d'être enfin venu à bout de ses 468 pages (c'est tout de même un gros livre), l'histoire de Roberto Succo, donc, captive de bout en bout.
Divisé en 2 parties inégales le livre s'attache d'abord à suivre, en commençant presque par la fin et pour ainsi dire heure après heure, les pérégrinations de RS à Toulon puis, en remontant dans le temps, à Annecy. Le récit s'arrête ensuite longuement sur "Sabrina" qui fut la petite amie du tueur pendant presque 2 ans sans jamais avoir été inquiétée. Dans la seconde partie PF remonte beaucoup plus loin dans le passé jusqu'au mariage des parents de Roberto et dresse ensuite un portrait de l'assassin en enfant puis en jeune homme.  L'histoire familale et surtout sa relation avec sa mère apportent des éclaricissements précieux. Le récit, on pourrait presque dire le roman, suit également de très près le travail de police qu'il s'agisse des enquêtes menées par la police ou de celles des gendarmes.  Les juges ne sont pas en reste de ce coté des Alpes comme de l'autre. On a aussi droit à une équipée particulièrement  rocambolesque en Suisse.  RS, qu'un journaliste a surnommé l'anguille, échappe en effet à toutes les recherches et passe entre les mailles de tous les filets tendus sur son chemin.  L'auteure n'oublie pas non plus la guerre des polices (et des juges) qui a pu, un temps, être préjudiciable à l'enquête. Histoire de me changer les idées, un soir je me suis replongé dans le film que Cedric Kahn a consacré à l'affaire en 2001. Je l'avais pourtant revu peu de temps auparavant, ce qui m'avait d'ailleurs donné envie de llire le livre. Le film, fidèle à l'esprit du livre, alternant entre l'enquête et les nombreux déplacements de RS, peut être rattaché au genre policier mais il est aussi plus que ça : le portrait terrible et en même temps fascinant d'un tueur qui a su exercer sur ceux (et surtout celles) qu'il a approché une terrible pouvoir de séduction. L'acteur choisi par le cinéaste a le même regard bleu perçant que celui de son modèle. Il joue la folie avec un naturel et une intensité incroyable. A la première vision on peut trouver le film un peu froid mais à le revoir on se rend compte que c'est un authentique chef d'oeuvre. La scène de l'assassinat du policier à Toulon m'a hanté plusieurs jours.  
Tag(s) : #Journal de lecture

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