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En 1971 déjà la BnF présentait une exposition consacrée à de jeunes photographes américains peu connus. Peut-être, dans le même esprit, aurait-il fallu présenter aujourd'hui des photographes actuels peu connus ? Ce travail est sans doute fait ailleurs. En tout cas les années 70 intéressent beaucoup ces temps-ci. Il y a eu Dennis Hopper au musée du cinéma, Villeglé (voir billet) à Beaubourg, les nouveaux réalistes au Grand palais (mais c'est plutôt les années 60), la Figuration Narrative..
D'abord je me suis trompé d'endroit. J'ai cru que l'expo se tenait en toute logique sur le site François Mitterrand. Eh bien non. Il a fallu que j'aille rue Richelieu. Là je n'étais pas au bout de mes peines. 45 minutes d'attente annoncée.
Et la perspective d'une expo surpeuplée. Après tout il y avait déjà eu beaucoup de monde le dernier jour de l'expo Dufy (voir billet). Finalement le temps ne m'a paru trop long. Il y avait effectivement beaucoup de monde et les photos étaient parfois bien petites...
Le point commun des photographes réunis ici est d'avoir voulu rompre avec la "straight photography", la photo bien léchée et propre sur elle. S'intéressant à la pratique des amateurs, le "snapshot", ils n'ont pas peur  " des cadrages atypiques, du flou de bougé ou de mise au point, des superpositions accidentelles, des sujets triviaux, de la banalité des situations et des mises en scène chahutées ". Ceci étant dit ce qui frappe surtout dans l'expo c'est l'absence totale de photographie en couleurs. Le n&b règne sans partage. Alors qu'un photographe présenté à juste titre comme un précurseur, Walker Evans, a lui-même abordé la couleur, justement dans les années 70, dans une série de Polaroïds. Pourquoi un tel parti pris ? Peut-être parce qu'en majorité ces photographes ont préféré le N&B à la couleur ? Sans doute...Les précurseurs en tout cas pratiquaient effectivement plus volontiers le n&b : Robert Franck par exemple, Harry Callahan (que je ne connaissais pas et qui a je trouve un nom de détective privé; suis-je bête c'est le nom de l'inspecteur Harry ?), le Walker Evans des années 30 ou Louis Faurer, que je découvre également. On peut voir leurs oeuvres sans se déplacer de chez soi grace au moteur de recherche bien connu...Un peu plus loin on est étonné par les photos de Diane Arbus intitulées "Male transvestite" qui datent, elles, des années 60 et par sa série de 63 consacrée aux nudistes. Ces photographes accordent une grande place au portrait mais il s'agit de portraits sur le vif et sans apprêt. Mary Ellen Mark et Silverthorne excellent dans cet art. “Social documentary has always been the major part of my photography. I take pictures of people and most of the people I photograph are not famous." C'est Mary Ellen Mark qui le dit. On peut voir sur Internet une photo d'elle étonnante où l'on voit une famille dans une voiture.
La photo pourrait être glamour avec les 2 blondinets à l'arrière et le barbu qui entoure sa femme de ses bras puissants. Ce qui est terrible dans cette photo c'est l'expression de la mère : elle semble terrorisée (ou épuisée). 
 
A bien y regarder tous ont une expression qui ne respire pas franchement la gaité. C'est aussi ce qui frappe dans cet expo : comme chez Roger Ballen et ses photographies de blancs pauvres d'Afrique du Sud, c'est toute la laideur de l'homme qui transparaît dans ces photos. Et on ne peut s'empêcher de penser qu'ils ont exprès choisis des débiles , des fous...mais non c'est simplement l'homme tel qu'il apparaît au détour d'une rue, surpris par l'objectif. Ce n'est pas pour autant une galerie des horreurs. Les êtres photographiés ne sont finalement pas plus laids que nous-mêmes, dans l'objectif d'un photomaton. Après les portraits, les rues. Avec, dans les années 60, un photographe du nom de Gilden. On peut voir ces clichés souvent pris au grand angle, ce qui accentue les "difformités", sur Internet. Des rues aux marges, il n'y a qu'un pas, franchi par Larry Clark, bien sûr, et ses célèbres phtotos de Tulsa. On dit souvent que l'on vit une époque violente, sans règles, avec une jeunesse perdue, mais les photos de Clark incitent plutôt à penser que c'était bien pire en 1971 à Tulsa. William Klein aime aussi la rue, les marges et...la mode. Certains photographes, malgré un goût prononcé pour l'humain, ne dédaignent pas le paysage, toujours en n&n, voir en gris. Les paysagnes sont parfois désertiques, souvent désertés. D'autres préfèrent la géométrie et l'abstraction. Buske Uzzle par exemple qui a aussi été à Woodstock. Et aussi Harbutt, Metzker, Drysdade et Winogand qui disait  " je photographie pour voir à quoi ressemble les choses quand elles sont photographiées". Voilà un excellent programme. Les paysages peuvent être minimaux comme chez Deal ou Baltz dont les photos sont un trop "carrées" à mon goût.  Les matières et les formes fournissent d'innombrables sujets. Gibson et ses gens ordinaires, Krims et ses chasseurs qui ont des carcasses d'animaux ficelées à leurs voitures. Il y a même une coccinnelle avec une biche sur le toit. Bill Ovens et sa série "conceptuelle" avec en légende les commentaires des gens ou des groupes phootgraphiés. 'Nous ne sommes pas des morceaux de viande. Les concours de beauté m'ont appris à parler en public, etc." Krims encore et sa famille, tout le monde entièrement nu dans des intérieurs effarants avec des cannes à pèche dont les hameçons mordent les sexes. Bien déjanté !  Uelsnamm dont les intérieurs/extérieurs présentent des salons avec pour plafond des ciels nuageux, les "dreams" de Tess, les photos "surréalistes" de ? (je ne me relis pas) et pour finir les masques de Meatyard.
L'expo s'est terminée aujourd'hui, reste le catalogue et...internet. A vos claviers !        
Tag(s) : #Expos

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