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Les fonctionnaires ne travaillent pas beaucoup, c'est bien connu. Ce qui leur laisse du temps pour écrire des livres. Marc Wilhem appartient à la DCRG (les Renseignements Généraux, devenus depuis la DCRI). Ce n'est bien sûr pas le premier policier-écrivain mais les autres venaient plutôt de la Police Judiciaire à ce qu'il me semble...
Sur Internet j'ai retrouvé la trace d'un feuilleton policier assez enlevé écrit par W pour le journal gratuit 20 minutes et intitulé Go Fast, apparemment ça date d'avant le film...Est-ce qu'il en a écrit le scénario ?  C'est ce que je ne suis pas encore arrivé à découvrir, mais l'enquête continue et je compte aussi sur vous pour me renseigner...
Ce bouquin je suis tombé en arrêt dessus dans une médiathèque. Les premières pages m'ont complètement bluffées. Je ne l'ai pas emprunté pour autant mais ensuite je n'ai pas arrêté d'y penser. C'est donc spécialement pour le trouver que j'ai fais un saut chez Gibert. J'ai eu de la chance : je n'avais pas réussi à le trouver moi-même mais un libraire m'a signalé qu'ils en avaient un en stock et m'a montré où le trouver. D'occase en plus ! Je me suis
tout de suite senti mieux. Le début fait penser à...en fait je ne sais pas trop à qui mais il y a un ton familier, un humour, qui rappelle les belles heures du néo-polar.
Après un prologue aussi fracassant j'ai bien sûr été un peu déçu par les premiers chapitres. ..En France des néo-nazis inconnus du service Violence Politique mais très organisés commencent à faire parler d'eux...Il faut vite les identifier et les "loger". Très vite on se prend au jeu. Et c'est toujours intéressant de se retrouver rue des Saussaies, à l'intérieur de ces murs qui abritent la DCRG. L'auteur connaît la maison ! Ce qui donne à son enquête un parfum d'authenticité unique, accentué par le coté routinier du travail de police, sur lequel les auteurs n'insistent pas suffisamment d'habitude...
Il y un point commun entre le premier chapitre du Commando Charlemagne et le début d'In Tenebris (voir mon billet) : les 2 livres commencent par un "accident" d'avion...c'est à peu près le seul point commun, à part la nationalité, les 2 auteurs étant aux antipodes l'un de l'autre. A la limite le Wilhem aurait presque pu émarger à la Série Noire. Mais c'est une "petite" maison d'édition, comme on dit, L'Ecailler du Nord (il y aussi l'Ecailler du Sud...) qui a donc publié en 2006 son premier roman.
Ce qu'il y a de curieux dans ce polar c'est que dès que le récit nous fait quitter l'hexagone, comme c'est le cas pendant le prologue, le rythme s'accélère et on est tout de suite scotché. C'est au Brésil qu'il nous emmène à nouveau au 2/3 du livre, ce qui permet de comprendre le pourquoi de "l'accident" survenu lors du premier chapitre... 
Un certain folklore règne au sein des bureaux de la "Viol(ence) Pol(itique)" (section extrême droite) : le commandant Avron est perpétuellement en butte au désordre de son bureau; Yann, gardien de la paix (quand on y songe gardien-de-la-paix c'est pas un beau nom ça ?) dernier arrivé dans la brigade, préposé au café et aux tâches ingrates mais qui promet; l'antagonisme entre les 2 capitaines, Mathieu, l'universitaire, et Stéphanie la "financière" de l'équipe...ce folklore, un peu répétitif, peut lasser à la longue...j'oubliais la "détestable" habitude de Mathieu de faire des citations à tout bout de champ (mais quelle culture !)...Dand le même temps on apprend beaucoup sur le travail de police : les Techniques (les écoutes), les balises (sur les véhicules), les fameuses notes blanches et aussi comment faire pression, par le chantage par exemple, en dehors de toute procédure (mais pour la bonne cause) pour obtenir des renseignements...la coopération internationale (apparemment ça marche)...
C'est d'ailleurs assez plaisant de voir le très déplaisant chef de l'OCRB (l'Office Central...à vous de deviner la suite) se faire balader au Brésil pendant qu'Avron mène la véritable enquête en collaboration avec un Brigadero honnête et efficace...On apprend énormément sur la criminalité, les trafiquants et les différents services de police de Rio de Janeiro. Les dialogues sont un poil trop explicatifs et informatifs mais comme ce qu'on apprend est passionnant...   
Le complot contre l'Etat mis à jour dans la dernière partie du livre est absolument stupéfiant et qui plus est assez vraisemblable car nourri par l'actualité récente (enfin celle du milieu des années 2000).
Flics fachos, corruption au plus haut niveau de l'Etat, nostalgiques des divisions SS, faux hooligans, conseiller spécial du ministre de l'intérieur de l'époque (suivez mon regard), guerre des polices, opérations secrètes...tout est réuni pour faire du Commando Charlemagne un thriller politique à la française de haut vol, malgré quelques chutes de rythme, comparable à certains romans d'Oppel ou de DOA mais avec une "véracité" suplémentaire...
Dans le roman les agents des RG sont des Chevaliers Blancs. Dans l'actualité récente on a appris que certains d'entre eux en Corse " étaient restés en étroit contact " avec un individu recherché depuis 14 mois...ils ont été confondus grace à...des écoutes téléphoniques.
 J'ai eu l'occasion de rencontrer des agents des RG à 2 reprises : lors d'une réunion de soutien à Coluche (ça date !) dans un square parisien. On était une vingtaine d'étudiants et il y avait 2 agents des RG ! Et plus récemment  à l'occasion d'une élection...
Une petite chose m'a agacé dans le roman : le job d'Avron et de l'équipe Viol Pol dans son ensemble consisterait  entre autres à "maintenir (politiquement) l'illusion du terrorisme rouge"...Il y a donc 2 poids, 2 mesures : le seul vrai terrorisme est forcément celui des méchants "fachos". Il est vrai que le terrorisme de gauche  bénéficie en France d'un capital de sympathie étonnant (voir les affaires Battisti et Marina Petrella). Ils ont tués certes mais pour une belle et noble cause...Enfin bref ce n'est pas très grave. Pour finir une petite citation (pour faire comme Mathieu) : "Dieu a inventé le conditionnel pour permettre aux services de renseignements et aux journalistes de pouvoir écrire de grosses conneries sans avoir de comptes à rendre".     

Tag(s) : #Polars

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