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Terminé le 2ème gros (516 pages) volume de la trilogie de Maxime Chattam : In Tenebris (2002). Ce n'est pas bien de ma part  : je n'ai pas lu le premier et je pense que je ne lirais pas le dernier. A dire vrai je ne connaissais pas l'existence de la trilogie avant qu'on me le prête. Mais apparemment on peut les lire séparément. Ma soeurette me faisait remarquer qu'il y a entre Jean-Christophe Grangé et Chattam comme un rapport de maître à élève, le second imitant le premier, sans réussir à faire tout à fait aussi bien. Cette problématique est justement à l'oeuvre dans le roman où un tueur en série en chapeaute un autre jusqu'à ce qu'on se rende compte que lui-même... L'auteur a étudié la criminologie et ça se voit dans le livre. Il n'a pas fait d'études littéraires, ça se voit aussi. En effet s'il n' y a rien à redire en ce qui concerne le suspens et les retournements de situation (jusqu'au mystérieux accident d'avion du début qui ne trouve son explication qu'à la fin du livre) en revanche il y a beaucoup à dire en ce qui concerne l'écriture du livre.
On y trouve d'incroyables fautes de français, des phrases qui ne veulent rien dire et d'autres terriblement ampoulées. En plus on ne peut pas mettre ça sur le compte de la traduction : bien que ça se passe aux Etats-Unis, l'auteur est français...Un petit exemple dans la bouche d'un des personnages : "...L'exquisité de son raffinement , sa tendreté..."
Pour ne pas dévoiler l'intrigue je ne dirais pas de quoi il est question...mais quoiqu'il en soit ni "tendreté" ni "exquisité" ne figurent dans le dictionnaire. En fait si : je viens de regarder par acquis de conscience et ils y sont ! On trouve vraiment n'importe quoi dans le dico de nos jours...Mais peu importe, même s'ils existent ces deux mots ont l'air de néologismes maladroits et en plus ils sont moches surtout si les 2 figurent dans la même phrase. D'autres fois un mot savant se glisse dans une phrase où on se demande ce qu'il vient faire là. Le mot "aporie" par exemple. Kezaco ? "Difficulté d'ordre rationnel paraissant sans issue" (Petit Robert).  Je me rends compte que j'aurais du rassembler d'avantage de "preuves" de ce que j'avance mais je ne pouvais pas corner le livre on me l'a prété et certains lecteurs ne supportent pas qu'on puisse infliger de telles blessures à un livre...Moi ça ne me  gène pas et pourtant j'adore les livres. Les marque-pages on ne sait jamais quoi en faire pendant qu'on lit et quand on veut reposer ou ranger le livre impossible de remettre la main dessus. Bref je dispose de peu d'éléments concrets pour corroborer ce que j'avance. A savoir que Maxime Chattam n'est pas un styliste. Mais je n'en pense pas moins. Il y a un autre problème qui tient au fait qu'un auteur français situe ses livres aux USA en empruntant une forme (celle du thriller horrifique) typiquement  américaine me semble-t-il. D'autres français y ont mieux réussi comme par exemple Hubert Corbin et son Week-end Sauvage (Albin Michel, 1992; disponible en Livre de Poche). Au moins les livres de Grangié se passent en France. En fait je crois que je n'aime pas beaucoup ce que Pockett publie en matière de polar, à l'exception notable de Michaël Crichton (qui vient de nous quitter) dont je suis bizarrement un inconditionnel même si lui non plus ne brille pas par le style. C'est en Pockett que l'on trouve aussi les Harlan Corben (un m'a suffi même si il a un certain sens de l'humour) ou les Grisham (je suis allé jusqu'à 2 je crois). Je me rend compte que je vais être un peu long sans doute, n'hésitez pas à faire une pause pipi. Ah il y a quand même chez Pockett l'excellentissime Crosskiller (Pressse de la Cité, 1993) de Marcel Montecino, coup d'essai, coup de maître, où la aussi sévit un dangereux tueur psychopathe ! Avis aux amateurs !  Quant au Rêve de l'Antiquaire (Ramsay, 1994) de Simon Beckett c'est un petit bijou de cruauté.  Finalement il y a quand même quelques bons titres chez Pockett mais il faut les chercher un peu. La concentration de bons auteurs est plus importante chez Rivage/Noirs par exemple. Et le maître, et Grangié dans tout ça ? J'ai lu Les Rivières Pourpres (Albin Michel,1988) pour me rendre compte de visu. Le film après tout n'était pas si mal. Et bien le bouquin non plus. D'une écriture plus reserrée en tout cas que celle de son "élève". Et en le feuilletant j'ai presque eu envie de le relire. Presque !
Samedi après-midi je suis repassé devant les étals de la librairie la plus proche du métro Avenue Emile Zola.
Mon attention a été attiré par un livre d'un dénommé Arthur Conte intitulé Bandoung tournant de l'histoire. Cela a été la première conférence internationale sans "hommes blancs". J'ai pensé aux "non alignés", ces pays qui, je crois, ne se reconnaissaient dans aucun des 2 blocs, Occidental ou Soviétique.  Je n'ai pas acheté le livre et je le regrette d'autant qu'il fait partie de l'excellente (et feu) collection Ce Jour là chez Robert Laffont. Pus tard chez Gisbert je feuillette Le Pouvoir et la Vie de Giscard d'Estaing dans lequel il confesse parait-il que lorqu'il était Président il lui fallait parfois quitter le conseil des ministres pour aller vomir (ou quelque chose dans le genre)...Et sur quoi je tombe ?  VGE raconte une rencontre avec...Arthur Conte qui lui demande en substance d'aller parler aux russes dans je ne sais plus quelle occasion. Évidemment j'ai encore plus regretter de ne pas avoir acheter Bandoung d'autant que ça avait l'air palpitant...
Tag(s) : #Journal de lecture

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