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"Gorge profonde" vient de mourir à l'âge de 95 ans. C'était la source à l'origine du scandale du Watergate (qui a conduit le président américain Nixon a démissionné en 74). Il était alors le numéro 2 du FBI. C'est seulement il y a 2 ans que son identité avait été révèlée. Toujours en phase (et même un peu en avance) avec l'actualité, je viens justement de revoir les Hommes du Président, le film qu' Alan J Pakula (voir article sur l'Affaire Pélican) a consacré à la fameuse affaire en 1976. Soit presque à chaud (le temps d'écrire le scénario...).  Le film a pour point commun avec les Trois Jours du Condor (adapté en 75 par Sidney Pollack d'un livre de James Grady, un auteur que James Ellroy tient en haute estime) la présence, en haut de l'affiche, de Robert Redford. Mais dans HDP il n'est pas seul : Dustin Hoffman lui tient compagnie. Dans les seconds rôles on retrouve une floppée de très bons acteurs, tels que Jack Warden, Hal Holbrook ou Jason Robards, des acteurs dont les noms ne disent pas forcément grand chose mais que l'on reconnait dès qu'ils apparaissent à l'écran. Fleuron du cinéma politique de l'époque, HDP bénéficie d'une mise en scène tirée au cordeau et d'une photographie léchée bien rendue par l'édition DVD. Du cinéma comme on en fait plus. Des cambrioleurs sont pris la main dans le sac dans l'immeuble du Watergate à Washington qui abrite les locaux de campagne du parti démocrate. Devant le juge l'un d'eux se dit retraité de la CIA. Un journaliste du Washington Post (RR) s'étonne de la présence d'un célèbre avocat. Il commence à enquêter. Une source anomyme prend contact avec lui. Il n'était pas forcément évident d'arriver à rendre palpitante cette enquête journalistique.
De même que l'enquête menée  par le procureur de la Nouvelle Orléans, Jim Garrison, sur l'assassinat de John Fitzgérald Kennedy en 1963. Oliver Stone a pourtant signé là en 1991, un de ces films les plus aboutis. C'est Kevin Costner, un acteur que j'apprécie beaucoup (je l'ai encore vu hier soir avec Mathias dans Open Range, superbe western qu'il a également réalisé, avec aussi Robert Duvall),  qui prète ses traits à JG. Tommy Lee Jones incarne à la perfection un homme d'affaires proche de la CIA, principal accusé du futur procès, tandis que Gary Oldman joue un Lee Oswald très convainquant. Stone multiplie les artifices de mise en scène (flashs backs, noir et blanc...) afin de fluidifier et de dynamiser son récit. Il m'a quand même fallu 3 jours pour venir à bour de ce film de 3 heures ! Mais ce n'est pas parce que j'avais tendance à m'endormir que le film est ennuyeux. C'est juste que j'étais fatigué. Je conseille quand même de ne pas commencer à le regarder après 21 h. La démonstration du  procureur Garrison (et partant celle d'Oliver Stone) est exemplaire et met clairement en évidence  le rôle de la CIA, de l'Armée et du complexe militaro-industriel dans l'assassinat de JFK.
Dans le film son successeur à la présidence, Lyndon B Johnsonn, est montré en train de dire en substance : "débarrasser vous de JFK, je vous promet en tant que futur président que la guerre (du vietnam) ne s'arrêtera pas".
C'est pourtant le même homme qui, arrivé à la fin de son mandat, dans son discours annonçant qu'il ne se représentera pas, appellera justement à réduire l'influence, qu'il juge de plus en plus néfaste pour la démocratie américaine, du complexe militaro-industriel...   
Tag(s) : #Cinéma & DVD

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