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Je n'en ai lu que le tiers mais je suis déjà très emballé par le récit, presque heure par heure, phases préparatoires y compris, du débarquement du 6 juin 1944. "Les événements de ce récit se déroulent sur terre, sur mer et dans les airs...". Belle entrée en matière, en réalité destinée à préciser que les différentes mesures ont presque toujours été traduites en unités métriques.  En effet "les bélligérants faisaient usage d'unités différentes pour mesurer les distances et les dimensions". Le nom de l'auteur, Georges Blond, ne m'était pas totalement inconnu aussi ai-je voulu en savoir plus sur lui. En fait même si son nom ne m'avait rien dit j'aurais fait des recherches ne serait-ce que pour trouver les références de ces autres livres.
Son nom est en fait plusieurs fois cité dans l'excellent  "Les collaborateurs..." de Pascal Ory. Eh oui ! Georges Blond a été un compagnon de route de robert Brasillach et de Drieu la Rochelle, autrement dit un collaborationniste. Il est mort en 1989 après une longue et prolifique carrière d'écrivain. Comment a-t-il pu échapper à l'Epuration ? A t-il fait de la prison après la guerre ?  C'est ce que je ne suis pas encore parvenu à découvrir...Quoiqu'il en soit, à l'instar d'un Céline (lui aussi comme on le sait très compromis pendant la guerre), mais dans un genre très différent, Georges Blond est un admirable conteur, doublé d'un historien.
L'inconvénient d'un livre vieux de 57 ans (car il s'agit d'une édition d'époque) c'est qu'il est impossible d'en corner les pages, oui j'ai cette détestable habitude, sans que les coins de pages vous restent entre les mains. Et je vois bien que de jour en jour le livre souffre d'avantage. A la fin il tombera surement en morceau. Heureusement je connais une étudiante en reliure qui pourra certainement faire quelque chose... Evoquant le nécessaire secret qui a entouré les préparatifs du jour J, l'auteur raconte page 129 qu'un valet de chambre de l'ambassadeur britannique à Ankara avait réussi à photographier des documents "hautement confidentiels" dans lesquels il était fait allusion à l'opération baptisée Overlord. Je me suis alors rappelé que cette péripétie avait fait l'objet d'un excellent  film d'espionnage de 1952 (!) avec James Mason intitulé "L'affaire Cicéron" que j'ai justement vu récemment. L'incroyable est précisément que malgré les énormes moyens mis en oeuvre les allemands, qui s'attendaient néanmoins à un débarquement, n'aient jamais pu savoir quand il allait avoir lieu ni où et surtout quel serait son ampleur.  Il faut dire que le secret était vraiment bien gardé. Par exemple tout le sud de l'Angleterre était devenu zone interdite. A vrai dire cela aurait du mettre la puce à l'oreille des espions allemands présents sur le sol anglais ?  Mais non ils ont juste jugés probable un débarquement...en Norvège ! L'auteur évoque avec concision mais de manière précise les impressionnants bombardements, dont certains d'entre nous (pas les plus jeunes bien sûr) se souviennent encore, entrepris plusieurs mois à l'avance et destinés à couper autant que faire se peut les comunications allemandes. En fait on apprend que ces largages de milliers de tonnes de bombes ont été relativement peu efficaces mais par contre assez destructeurs pour la population. Je viens juste de m'aviser qu'll peut paraitre paradoxal pour un acien collaborateur d'écrire un tel livre ! Mais je découvre à l'instant, sur amazon, qu'il a aussi écrit un livre sur...l'agonie de l'Allemagne (1944-1945) !
Rien que dans les Etats-majors des milliers de personnes ont apportés leur contribution à cette entreprise titanesque. En lisant, juste avant, Airport de Artur Hailey je m'étais déjà fait la réflexion que des infrastructures géantes telles que les aéroports (et donc également des événements tels que l'invasion alliée en 44) sont une manisfestation du "génie" de l'homme par trop mésestimé de nos jours. On pense à se plaindre (et moi le premier) des retards de train, de métro ou de bus, sans songer d'abord à s'émerveiller des prouesses qui permettent à je ne sais combien de centaines (de milliers ?)  de train et de métro de circuler chaque jour....Sur ces belles paroles je rend l'antenne...je reviendrais sur l'épopée du débarquement quand j'aurais terminé le livre...ou peut-être avant ?

Tag(s) : #Journal de lecture

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