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Dans le Monde daté 30/11– 01/12, que je n'ai d'ailleurs pas encore terminé, la rubrique décryptages (Grand entretien) propose une interview de Donald Morrison, auteur d’un article et d’un livre sur le déclin de la culture française.

La première chose qui frappe c’est que contrairement à l’habitude le journaliste du Monde s’exprime autant sinon plus que l’interviewé. Il faut dire qu’il s’agit de Josiane Savigneau, l’ancienne patronne du monde des livres, retournée depuis à la "vie civile". Elle était à son tour interviewée il n’y a pas si longtemps sur France culture à l’occasion de la sortie de son dernier livre. Elle avait évoqué le mal fait par le livre paru en 2003 qui critiquait le fonctionnement du journal (La Face cachée du Monde, Pierre Péan/Philippe Cohen). D’après mon souvenir les auteurs ne sont pas tendres avec elle. Ce qui est intéressant en revanche c’est qu’elle contredit sans arrêt son interlocuteur et lui fait dire plusieurs fois des choses du genre « c’est vrai je n’aurais pas du dire ça…je n’aurais pas du citer ce livre là, etc… ».

Sur le fonds néanmoins il n’a sans doute pas tort : l’aura de la culture française à l’étranger s’est réduite comme peau de chagrin et les œuvres intelligentes sont chez nous toujours élitistes. Tandis que les auteurs américains, eux, sont moins nombrilistes, plus ouverts sur le monde.

Si j’essaye de réfléchir un peu à mes propres lectures, il faudrait que je fasse des statistiques, mais je suis obligé d’admettre que je lis d’avantage d’auteurs américains que français. Mais en cette matière il ne faut pas négliger non plus ce qu’on appelait jadis l’impérialisme culturel américain. La culture américaine exerce une attraction certaine et pas seulement au cinéma.

                                                                                                                                                                                                                                           En ce qui me concerne j’ai été passionné à l’époque par un auteur comme Jean Philippe Toussaint publié par les éditions de minuit (on m’avait offert 3 ou 4 de ces livres, du kafka en plus léger si l’on veut) ou Jean Echenoz chez le même éditeur (mais je n’ai lu qu’un seul de ces livres).

Emmanuel Carrere (la Moustache), Cauwelaert, Andre Balland, Bruno Bontempelli, Frédéric Chouraqui, Marie Darrieussecq, Marc Dugain, Jean Rouaud, Beigbeder...je n'ai lu qu'un seul livre de ces auteurs et j'en suis resté là.

Parfois parce que le 2ème m'est tombé des mains. Cela a été le cas avec Beigbeder dont je n'ai pas pu lire l'un des premiers livres alors même que j'avais beaucoup aimé son bouquin sur le 11 septembre.

En revanche j'en avais lu plusieurs (au moins 2) de Celine, Cendrars, Regis Debray, Philippe Djian, Giono, Raymond Guérin, Hervé Guibert, Tony Duvert, Louis Guilloux, Houellebecq, Henri de Monfred, Dominique Noguez, Daniel Pennac, Georges Perec, Raymond Queneau, Michel Rio, Jules Romain, Bernard Werber...

Mais je suis encore plus fidèle aux auteurs américains : Conrad (2 seulement), Paul Auster (2 aussi), Nicholson Baker (2), Russel Banks (2 ou 3), Fitzgerald (2), Richard Brautigan (4), Burroughs (3), Bret Easton Ellis (4 ou 5), Patricia Highsmith (8), Christopher Isherwood (2 ou 3), Kerouac (5),  Amistead Maupin (3 ou 4), Thomas Pynchon (4),  Hubert Selby Jr (3),  Tom Wolfe (4)...Et je n'aborde ni le polar ni la science-fiction ni l'espionnage, là c'est encore pire, même si j'ai beaucoup lu certains auteurs français comme Manchette ou plus récemment Thierry Jonquet.


C'est vrai que ma politique, même si j’ai des auteurs de chevet, consiste à essayer de découvrir le plus d’auteurs possibles. Je lis donc rarement 2 livres du même auteur à la suite.

Un américain comme Nicholson Baker a pour sujet de prédilection son nombril mais il en parle tellement brillamment et avec tellement d’humour que c’est un vrai plaisir de le lire. Il a d’ailleurs évolué vers plus de simplicité (et un nombre de pages moins important) de La Mezzanine, une journée dans la vie d’un employé de bureau confronté aux problèmes existentiels du quotidien, livre bourré de notes en bas de page, à La boite d’allumettes, petit bijou sur la crise de la quarantaine.

En ce qui concerne le déclin on pourrait dire que s’il n’était que culturel on pourrait s’estimer heureux mais il est aussi économique, politique (intérieure et extérieure ?), etc.…En ce qui concerne le cinéma, la musique, les arts plastiques, l’Amérique est sans doute également hégémonique. Bien que j’ai vu récemment les français (et belge) Bazbaz et Arno en concert, l’expo Villeglé et celle consacrée aux nouveaux réalistes (Arman, etc.).

En fait j'ai un peu dévié de mon sujet et à travers mon propre exemple pointé le déclin de la culture française non pas vis à vis de l'étranger mais vis à vis des français eux mêmes...On pourrait aussi aborder le thème du déclin des intellectuels hexagonaux. Sartre par exemple était à la fois un philosophe, un grand intellectuel, mais également un écrivain, romancier et auteur de théâtre. Mais il est vrai aussi que la "main-mise" des intellectuels de l'époque coïncidait avec une très forte emprise idéologique...

Je me rend compte en me relisant que j'ai été moi aussi très nombriliste...   

Tag(s) : #Lu dans la Presse

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