Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

J'ai vu le dernier film de Jean-François Richet  (Assaut, Otages, Ma 6-T va craqué), L'instinct de mort, le premier volet du dyptique consacré au médiathique gangster Jacques Mesrine, il y a une dizaine de jours, le temps de laisser les choses se décanter. Comme avec Gomorra j'ai d'abord pensé que ce serait mieux sur petit écran mais c'est un avis très personnel. Néanmoins il est vrai que l'on voit peu de plans larges dans ce film où l'on est souvent en intérieur. Un certain manque de moyens transparait (comparé par ex à American gangster), au niveau des décors notamment. D'ailleurs le tournage dans un Paris qui change tous les jours n'a parait-il pas été facile puisqu'il fallait montrer la ville telle qu'elle était dans les années 60. Le tournage en studio aurait pu être une solution, sans doute encore plus chère. Le film fait tout de même voyager, en Espagne d'abord mais le pays est réduit à une portion de côte, un bout de mer et à un hôtel et au Canada ensuite, où Mesrine était en cavale. Là le dépaysement est garanti. L'Algérie n'existe qu'à travers une unique scène coup de poing : une séance de torture où le soldat Mesrine exécute un prisonnier. C'est très bien filmé comme plus tard les séquences dans la prison de haute sécurité lorsque Mesrine à l'isolement, maltraité, devient presque fou. Là encore de savants mouvements de caméra rendent ces scènes assez pénibles à regarder.  Vincent Cassel tire parfaitement son épingle dujeu, de même que Depardieu, sobre et  impérial et les autres acteurs, tous à la hauteur. On sait que Cassel a refusé au moins un scénario (à l'époque Barbet Schroeder était prévu à la réalisation) qui selon lui idéalisait trop Mesrine. Dans le film de Richet il est tout à tour séducteur, violent , odieux, courageux, etc.   Bien que le film raconte la première partie de la vie de Mesrine il commence quand même par la fin, archi connue, mais suffisamment choc pour capter immédiatement  l'attention du spectateur. Après tout Gomorra (l'anti-Parrain) commence aussi par  une scène à la fois surréaliste et ultra violente. C'est de bonne guerre et ça marche. On a pu voir il y a peu sur la TNT le Mesrine de Génovès (1983)avec Nicolas Silberg  (surtout connu pour sa voix profonde et grave) qui tenait déjà bien la route. Je ne sais pas si je conserverais un souvenir impérissable de L'instinct de mort, surtout si l'on songe à la perfection formelle de son précédent opus : le remake réussi  (et adoubé par John Carpenter, le réalisateur du premier) d'Assaut sur le central 13, leçon de mise en scène à l'instar d'un Panic room (David Fincher). J'attends néanmoins la suite, L'ennemi public n°1, sur les écrans le 19 novembre, avec une certaine impatience.
Tag(s) : #Cinéma & DVD

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :